L'homélie du dimanche (prochain)

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5 avril 2026

Toucher les plaies de ce monde

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 12 h 30 min

Toucher les plaies de ce monde

 

Homélie pour le 2° Dimanche de Pâques (Dimanche de la Miséricorde) / Année A 

12/04/26 


Cf. également :
Et si nos épreuves étaient d’or ? 

Croire sans voir : la pédagogie de l’inconditionnel
Thomas, Didyme, abîme…
Quel sera votre le livre des signes ?
Lier Pâques et paix
Deux utopies communautaires chrétiennes
Le Passe-murailles de Pâques
Le maillon faible
Que serions-nous sans nos blessures ?
Croire sans voir
Au confluent de trois logiques ecclésiales : la communauté, l’assemblée, le service public
Trois raisons de fêter Pâques
Riches en miséricorde ?
Aimer Dieu comme on aime une vache ?

 

1. Voir et toucher

À l’heure des deepfakes générés par intelligence artificielle, « croire ce qu’on voit » est évidemment suicidaire ! Si Thomas dans notre évangile (Jn 20,19-31) avait demandé seulement à voir le ressuscité comme les autres apôtres, il aurait pu se faire prendre au piège de l’hallucination ou de l’autosuggestion. Heureusement Thomas a demandé à voir (une fois) et à toucher (deux fois !) : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas !… »

Voilà la double nature de l’expérience pascale, dont la signification du prénom Thomas [1] (= jumeau) était l’annonce : il voit un homme et confesse un Dieu ; en touchant la chair, il atteint la divinité. « Mon Seigneur et mon Dieu »

En effet, la vue maintient encore à distance, alors que le toucher rapproche. En exigeant de toucher les plaies du crucifié, Thomas vérifie que ce qu’il voit n’est pas un mirage ou un fantasme, mais bien une réalité matérielle.

Il cherche une certitude qui ne passe pas par la parole uniquement, car la parole des autres apôtres l’a laissé insatisfait. Il cherche une rencontre « choc » avec la chair. 

En psychanalyse, on dirait que c’est le moment où le sujet tente de combler son propre manque en s’insérant dans la béance de l’Autre.

 
Saint Thomas Le Caravage
Avec Thomas, nous devons refuser les « belles paroles » qui nous promettent une résurrection ailleurs, plus tard. 

Avec lui, nous pouvons expérimenter concrètement, corporellement, que le discours pascal est vrai parce qu’il s’incarne dans une rencontre, une proximité charnelle.

Avec lui, nous devenons le jumeau des apôtres, celui qui ne prend rien pour argent comptant et qui sonde les failles du discours, fut-il le plus religieux.

Thomas n’est pas celui qui ne croit pas, il est celui qui ne veut pas être dupe. Et qui pour cela demande à « voir et toucher ».

Il exige une effraction : franchir la limite du corps de l’autre. Il ne veut pas seulement voir (car la vue est le sens de l’illusion, du reflet) ; il veut toucher. Il veut passer de l’autre côté du miroir. Il refuse que le Ressuscité soit un simple fantôme, une projection de leur deuil ou de leur nostalgie. Il exige la rencontre avec le Réel, ce qui subsiste quand toutes les images se sont effondrées.

 

2. Le témoin de la Déchirure

Nous avons l’habitude de voir en Thomas le disciple « incrédule ». Mais le texte de Jean nous donne un autre nom : Didyme, le Jumeau. Dans la perspective de la structure de l’âme humaine, ce nom est une révélation. Thomas n’est pas simplement un homme qui doute ; il est la figure du sujet divisé.

Il est celui qui se tient sur la faille. Il est le jumeau de chacun d’entre nous dans ce qu’il a de plus radical : cette part de nous qui ne se contente pas des « belles histoires » ou des images pieuses, mais qui cherche à rencontrer ce qui résiste, ce qui est vrai, ce qui est réel.

Toucher les plaies de ce monde dans Communauté spirituelleL’enjeu est de sortir de l’Imaginaire qui envahissait les représentations des Douze sur Jésus. Comment ? Paradoxalement, grâce à la faillite des apparences.

Pendant trois ans, les disciples ont vécu dans ce que nous pourrions appeler l’Imaginaire. Ils ont vu des miracles, ils ont admiré un Maître, ils ont projeté sur lui leurs rêves messianiques, ils se sont mirés dans son regard. Mais la Croix a tout brisé. Le miroir est en éclats.

 

Le matin de Pâques, les autres disciples disent à Thomas : « Nous avons vu le Seigneur ! ». Ils sont dans la joie de l’image retrouvée. Mais Thomas refuse cette consolation. Pourquoi ? Parce que pour lui, une image ne suffit pas à faire une vérité. Il sait que l’on peut halluciner ce que l’on désire trop.

L’instant où Jésus se présente à Thomas est l’un des moments les plus vertigineux de l’évangile de Jean. Jésus ne lui déroule pas un long discours théologique. Il ne lui donne pas d’explications. Il lui donne son corps, et plus précisément, il lui donne ses plaies.

Or toute plaie est une béance. C’est un trou dans le tissu du corps. En demandant de mettre son doigt dans le côté ouvert, Thomas cherche le point de rupture. Il veut toucher l’endroit où l’humain a été déchiré par le divin, et le divin par l’humain.

C’est là le grand paradoxe : ce qui fait la preuve de la Résurrection pour Thomas, ce n’est pas l’éclat de la lumière ou la majesté, c’est la marque du clou. C’est le manque, le vide, la cicatrice. Thomas comprend que Dieu ne se rencontre pas dans une plénitude imaginaire, mais dans la faille. Il comprend que la vérité n’est pas un bloc plein, mais qu’elle se loge dans la blessure de l’Autre.

 

Regardez ce qui arrive après le toucher. Thomas ne fait pas un rapport d’expertise. Il ne dit pas : « C’est bon, j’ai vérifié les tissus organiques ». Il bascule dans la parole de foi : « Mon Seigneur et mon Dieu ».

C’est le passage de la certitude à la foi. À l’instant où il touche la béance du corps du Christ, Thomas est lui-même « recousu » par une parole de foi. Il reconnaît que ce Christ, qui porte en lui le trou de la mort, est le centre de tout.

Thomas est en ce sens notre jumeau, parce qu’il nous montre que la foi n’est pas un sentiment confortable. Croire, c’est accepter de mettre sa main dans le trou du monde, dans la souffrance des autres, dans l’absence apparente de Dieu, et d’y trouver, non pas le néant, mais une présence qui nous appelle par notre nom. Il cesse d’être le jumeau de son propre doute pour devenir le jumeau du Christ dans sa nudité radicale.

 

Jésus dit ensuite à Thomas : « Parce que tu m’as vu, tu as cru. Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru ». Ce n’est pas un reproche, c’est une ouverture pour nous. Nous n’avons pas le corps physique de Jésus à voir, mais nous avons ses « plaies » dans le monde à toucher : les pauvres, les souffrants, les déchirures de nos propres vies.

À la suite de Didyme, n’ayons pas peur de la béance. N’ayons pas peur des questions qui font des trous dans nos certitudes. C’est précisément là, dans la faille, dans la cicatrice, que le Ressuscité nous attend pour nous faire passer du mirage de nos désirs à la vérité de son Amour.

 

3. Toucher le Ressuscité aujourd’hui

Pour les Pères de l’Église, le Corps du Christ s’est étendu à l’humanité entière (le Corps Mystique). Toucher le Ressuscité aujourd’hui, c’est accepter que la divinité ne se cache pas dans une idée éthérée, mais dans la matérialité de la souffrance humaine.

Ini-241_Resurrection-Isenheim-e1585655815478 plaie dans Communauté spirituelleC’est le geste de celui qui soigne, qui embrasse le lépreux (comme saint François) ou qui serre la main d’un exclu.

Comme Thomas, on y découvre que Dieu n’est pas « au-dessus » des plaies, mais dans les plaies. Le sacré n’est pas dans le propre et le lisse, mais dans la chair ouverte.

L’enjeu est également pour nous de faire l’expérience de la « Rencontre Réelle » du Ressuscité.

Toucher le Christ, c’est sortir du fantasme. Nous avons tous une image de « Dieu » (le bon grand-père, le juge sévère, l’énergie cosmique etc.). Ce sont des constructions de notre Imaginaire.

Heureusement, vient le moment où la vie nous confronte à quelque chose qui nous dépasse totalement (un deuil, une joie immense, un sacrifice inexpliqué…).

Toucher le Christ, c’est accepter que la vérité soit une « effraction ». C’est quand le divin cesse d’être une théorie pour devenir une présence qui nous bouscule. C’est toucher ce qui, en nous, est « plus que nous ».

 

Ce toucher a aussi une dimension liturgique et sacramentelle. L’Église a institué des signes sensibles pour que le besoin de Thomas soit honoré de génération en génération.

Ainsi l’Eucharistie est le lieu par excellence du « Didyme ». On voit du pain (l’humain, le fini), mais on confesse Dieu. Le geste de communier est l’héritier direct de la main de Thomas.

De même pour les Écritures : Saint Jérôme disait qu’ « ignorer les Écritures, c’est ignorer le  Christ ». Lire l’Évangile, c’est toucher la « trace » du passage du Ressuscité dans l’histoire.

 

Toucher le Christ aujourd’hui, c’est refuser de vivre une foi « hors-sol ». C’est chercher Dieu là où il y a des marques de clous : dans les échecs transformés en espérance, dans les blessures qui deviennent des sources de lumière, et dans la chair de nos frères.

 

Aujourd’hui encore, en 2026, nous sommes appelés à mettre notre main dans les plaies du Christ. Mais comment ? Où se cache ce corps que l’on peut toucher ?

 

Toucher le Christ aujourd’hui, c’est d’abord refuser une foi désincarnée, car le Christ n’est pas un fantôme. Notre monde moderne nous pousse vers le virtuel, vers l’image, vers le « reflet » plus que vers le réel. Nous consommons de la spiritualité comme nous consommons des écrans : de loin, sans risque, sans contact. Or, la foi chrétienne est une religion du contact. Le Christ ne nous a pas sauvés par un décret céleste envoyé depuis un nuage ; il nous a sauvés en prenant un corps, en transpirant, en saignant, et en gardant la trace de ses blessures jusque dans sa gloire.

Toucher le Christ aujourd’hui, c’est donc sortir de nos pensées abstraites sur Dieu pour aller à la rencontre de la matière. C’est comprendre que Dieu se donne à voir non pas dans des idées pures, mais dans ce que la vie a de plus concret, et parfois de plus rugueux.

 

Si vous demandez : « Où est le côté ouvert du Christ pour que j’y mette ma main ? », la réponse de l’Église est sans équivoque : les plaies du Christ sont aujourd’hui les plaies de l’humanité.

Aujourd’hui, nous touchons l’homme souffrant et, si nous avons la foi de Didyme, nous y découvrons Dieu. Les plaies du Christ sont dans la chair de nos frères et sœurs.

 

 ThomasToucher le Christ, c’est alors poser une main sur l’épaule de celui qui est seul. C’est ne pas détourner le regard devant la plaie de la pauvreté ou la cicatrice de l’exil. C’est accepter que le « Réel » de Dieu passe par le corps de l’autre.

Quand nous servons le plus petit d’entre nous, nous ne faisons pas seulement de l’action sociale. Nous sommes des « Thomas » modernes. Nous touchons la chair de Dieu. C’est là que le doute se dissipe : non pas dans les livres de théologie, mais dans le geste de charité qui nous fait sortir de nous-même.

 

Mais il y a une autre plaie à toucher : la nôtre. Nous passons notre temps à vouloir être lisses, performants, sans défaut. Nous cachons nos blessures sous des filtres de bonheur superficiel. Pourtant, Thomas ne touche pas le visage glorieux du Christ, il touche ses failles.

Toucher le Christ aujourd’hui, c’est accepter d’entrer dans nos propres zones d’ombre, dans nos propres échecs, et d’y découvrir que le Ressuscité y habite déjà. C’est dans la « béance », dans le manque, que la vérité advient. 

Si vous vous sentez brisés, ne fuyez pas votre brisure. C’est le lieu même où le Christ Jumeau vient joindre sa main à la vôtre. Le Christ ne nous attend pas là où nous sommes parfaits, il nous attend là où nous sommes blessés, car c’est là qu’il nous ressemble. C’est là que nous devenons vraiment ses « Didymes », ses jumeaux de douleur et de résurrection.

 

Enfin, le Christ a laissé à son Église des points de contact concrets : les Sacrements. Quand nous recevons l’Eucharistie, nous faisons plus que Thomas. Il a posé son doigt sur la plaie, nous, nous recevons ce Corps en nous. C’est le « toucher » le plus intime qui soit. Le pain et le vin sont le Réel de Dieu qui vient percuter notre quotidien. C’est là que nous pouvons murmurer, chaque dimanche : « Mon Seigneur et mon Dieu ».

 

Thomas n’a pas été « puni » pour avoir voulu toucher. Il a été exaucé. Aujourd’hui, ne restons pas au seuil de la porte par peur ou par fausse pudeur. Le Christ nous montre ses mains et son côté. Il nous invite à sortir de l’imaginaire de nos peurs pour entrer dans le Réel de son amour.

Sortons d’ici avec cette mission : être des disciples du toucher. Allons panser les plaies du monde, laissons le Christ panser les nôtres, et croyons fermement que c’est dans les béances de notre chair que la Vie Éternelle a déjà commencé à palpiter.

À la suite de Thomas, redevenons les jumeaux du Christ : humains par nos blessures, mais divins par notre capacité à aimer et à être relevés.

 

Seigneur Jésus, Toi qui n’as pas écarté la main hésitante de Thomas, 

Mais qui l’as invitée à demeurer dans l’ouverture de ton côté, 

Nous te rendons grâce pour ce « jumeau » que tu nous as donné.

 

1303-05-Giotto-Crucifixion-Chapelle-de-lArena-Padoue-detail-photo-Steven-Zucker toucherMerci, Seigneur, 

Pour la patience que tu as envers nos doutes. 

Tu ne nous demandes pas une foi aveugle qui ignore la douleur, 

Mais une foi qui accepte de toucher les plaies et les cicatrices du monde 

Pour y reconnaître ton passage.

 

Seigneur, nous te confions nos mains. 

Qu’elles ne craignent pas de se salir au contact de la souffrance. 

Qu’elles deviennent, comme celles de Didyme, des instruments de vérité. 

Apprends-nous à toucher tes plaies aujourd’hui : 

Dans le corps de celui qui a faim, 

Dans le regard de celui qui est humilié, 

Et dans le silence de nos propres échecs.

 

Merci pour la gémellité que Tu nous offres. 

En touchant tes blessures, Thomas a découvert qu’il te ressemblait. 

Fais-nous la grâce de comprendre que nos failles ne sont pas des murs, 

Mais des portes ouvertes sur ta propre vie.

Que notre confession de foi ne soit pas seulement faite de mots, 

Mais qu’elle jaillisse de la rencontre réelle avec ta chair ressuscitée. 

Qu’à chaque Eucharistie, en te recevant, 

Nous puissions dire avec le tremblement de la joie : 

« Mon Seigneur et mon Dieu ! »

____________________________________

[1]. En araméen : Te’oma (Thomas), en grec : Didymos (Didyme). Les deux termes signifient exactement la même chose : le jumeau.
Mais de qui Thomas est-il le jumeau ?…

 

LECTURES DE LA MESSE

PREMIÈRE LECTURE

« Tous les croyants vivaient ensemble, et ils avaient tout en commun » (Ac 2, 42-47)

Lecture du livre des Actes des Apôtres

Les frères étaient assidus à l’enseignement des Apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. La crainte de Dieu était dans tous les cœurs à la vue des nombreux prodiges et signes accomplis par les Apôtres.Tous les croyants vivaient ensemble, et ils avaient tout en commun ; ils vendaient leurs biens et leurs possessions, et ils en partageaient le produit entre tous en fonction des besoins de chacun.
Chaque jour, d’un même cœur, ils fréquentaient assidûment le Temple, ils rompaient le pain dans les maisons, ils prenaient leurs repas avec allégresse et simplicité de cœur ; ils louaient Dieu et avaient la faveur du peuple tout entier. Chaque jour, le Seigneur leur adjoignait ceux qui allaient être sauvés.

PSAUME

(Ps 117 (118), 2-4, 13-15b, 22-24)
R/ Rendez grâce au Seigneur : Il est bon ! Éternel est son amour !ou : Alléluia ! (Ps 117, 1)

 

Oui, que le dise Israël :
Éternel est son amour !
Que le dise la maison d’Aaron :
Éternel est son amour !

 

Qu’ils le disent, ceux qui craignent le Seigneur :
Éternel est son amour !
On m’a poussé, bousculé pour m’abattre ;
mais le Seigneur m’a défendu.

 

Ma force et mon chant, c’est le Seigneur ;
il est pour moi le salut.
Clameurs de joie et de victoire
sous les tentes des justes.

 

La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre d’angle ;
c’est là l’œuvre du Seigneur,
la merveille devant nos yeux.

 

Voici le jour que fit le Seigneur,
qu’il soit pour nous jour de fête et de joie !

 

DEUXIÈME LECTURE
« Il nous a fait renaître pour une vivante espérance grâce à la résurrection de Jésus Christ d’entre les morts » (1 P 1, 3-9)

 

Lecture de la première lettre de saint Pierre apôtre

Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ : dans sa grande miséricorde, il nous a fait renaître pour une vivante espérance grâce à la résurrection de Jésus Christ d’entre les morts, pour un héritage qui ne connaîtra ni corruption, ni souillure, ni flétrissure. Cet héritage vous est réservé dans les cieux, à vous que la puissance de Dieu garde par la foi, pour un salut prêt à se révéler dans les derniers temps. Aussi vous exultez de joie, même s’il faut que vous soyez affligés, pour un peu de temps encore, par toutes sortes d’épreuves ; elles vérifieront la valeur de votre foi qui a bien plus de prix que l’or – cet or voué à disparaître et pourtant vérifié par le feu –, afin que votre foi reçoive louange, gloire et honneur quand se révélera Jésus Christ. Lui, vous l’aimez sans l’avoir vu ; en lui, sans le voir encore, vous mettez votre foi, vous exultez d’une joie inexprimable et remplie de gloire, car vous allez obtenir le salut des âmes qui est l’aboutissement de votre foi.

 

ÉVANGILE
« Huit jours plus tard, Jésus vient » (Jn 20, 19-31)
Alléluia. Alléluia. Thomas, parce que tu m’as vu, tu crois, dit le Seigneur. Heureux ceux qui croient sans avoir vu ! Alléluia. (Jn 20, 29)

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

C’était après la mort de Jésus. Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. »
Or, l’un des Douze, Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), n’était pas avec eux quand Jésus était venu. Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! »
Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! » Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. » Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »
Il y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas écrits dans ce livre. Mais ceux-là ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom.
Patrick BRAUD

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