Jean-Baptiste, ou l’égalité à l’envers
Jean-Baptiste, ou l’égalité à l’envers
Homélie pour le 3° Dimanche de l’Avent / Année A
14/12/25
Cf. également :
Le lac des signes
Le doute de Jean-Baptiste
Dieu est un chauffeur de taxi brousse
L’Église est comme un hôpital de campagne !
Du goudron et des carottes râpées
Gaudete : je vois la vie en rose
La revanche de Dieu et la nôtre
1. Les raisons d’un succès foudroyant
On devrait s’en étonner : comment se fait-il que la doctrine des disciples d’un obscur condamné à mort – crucifié qui plus est – se soit répandue aussi rapidement tout autour du bassin méditerranéen dans les trois premiers siècles ? D’autant plus qu’ils étaient persécutés par les Juifs et les Romains, que les intellectuels de l’époque les tournaient en dérision, et que les polythéismes officiels semblaient installés pour toujours !
L’islam s’est diffusé à la pointe du sabre et des conquêtes militaires arabes. La foi chrétienne n’avait pas la force pour elle : pourquoi et comment a-t-elle finalement conquis la première place dans la tête et les cœurs de l’empire romain ?
Impossible de détailler ici les réponses des historiens. Ils insistent à raison sur une combinaison originale de plusieurs facteurs : le témoignage des martyrs (« semence de chrétiens » selon Tertullien, vers 197) qui impressionnaient par leur courage et leur paix intérieure ; l’idée monothéiste qui s’écartait des cultes des idoles ; le réseau fraternel solidaire des petites communautés urbaines disséminées dans l’empire ; un message d’amour où le salut personnel était offert à tous ; un comportement moral exemplaire, dans les familles chrétiennes notamment etc. Le tout sur fond de déliquescence morale et politique des élites, et de crise des cultes païens très formels mais vides de sens.
Parmi toutes les raisons du succès du christianisme naissant, la figure de Jean-Baptiste ce dimanche (Mt 11,2-11) nous invite à pointer un facteur décisif : la soif d’égalité des peuples. Selon la parole de Jésus d’aujourd’hui, dans le royaume de son Père le plus grand devient le plus petit : « Amen, je vous le dis : Parmi ceux qui sont nés d’une femme, personne ne s’est levé de plus grand que Jean le Baptiste ; et cependant le plus petit dans le royaume des Cieux est plus grand que lui. » (Mt 11,11)
Ce renversement hiérarchique est décisif : joint aux autres renversements promis et accomplis en Christ, il a emporté l’adhésion enthousiaste des multitudes qui espéraient un tel message d’égalité universelle, rendant leur dignité à tous les méprisés de la société, si nombreux.
Voyons pourquoi retrouver en notre siècle cette force d’attraction si puissante du christianisme : le plus grand devient le plus petit, le plus petit devient le plus grand !
2. La promesse d’un renversement général
Ce renversement est le cœur du message. Jean-Baptiste a les deux pieds dans l’histoire d’avant la Résurrection : il en est le maillon ultime, le point d’orgue. Mais, comme Moïse voyant la Terre promise depuis le désert sans pouvoir y entrer, Jean-Baptiste a vu le royaume se profiler en son cousin Jésus sans pouvoir y entrer, étant décapité par Hérode avant que la résurrection du Christ n’inaugure les temps nouveaux. Alors que Marie – elle – fait corps avec ce royaume depuis la conception de son enfant en elle, et est associée à la résurrection de Jésus d’une manière unique et immédiate. Elle est donc déjà de plain-pied dans le royaume : à ce titre, elle est plus grande que Jean-Baptiste qui n’y est pas encore (de son vivant). C’est encore plus vrai de Jésus qui ‑lui – est « né d’en haut » (Jn 3,3) depuis toujours, et appartient tout entier au royaume de Dieu. À ce titre, il est bien évidemment « plus grand » que Jean-Baptiste.
Les Pères de l’Église ont amplement développé cette dissymétrie Jean-Baptiste / Jésus.
« Jean est le plus grand né d’une femme, car il résume toute la vertu de la Loi et des prophètes. Mais celui qui est né de Dieu dans le Royaume, fût-il le plus petit, lui est supérieur, car il participe à une naissance nouvelle. » (Origène)
« Jean est plus grand que tous ceux qui le précèdent, mais moindre que ceux qui sont déjà nés de l’Esprit. » (Augustin).
« Jean est grand sur la terre, mais il n’a pas encore vu le ciel ouvert ; il annonce le Roi, mais n’est pas encore citoyen du Royaume. » (Chrysostome)
« Jean montre le Christ du doigt, mais il ne Le contemple pas encore en gloire. Ceux qui sont dans le Royaume Le voient face à face. » (Grégoire le Grand)
« Le plus petit dans le Royaume, c’est celui qui, ayant cru en la résurrection, possède la vie éternelle ; Jean n’a pas encore reçu ce don, car le Christ n’est pas encore mort ni ressuscité. » (Hilaire de Poitiers)
Matthieu n’avait pas ces objections en tête en écrivant son récit du Précurseur au désert. Il voulait seulement soulever l’immense espérance qui se fait jour dans le passage de Jean-Baptiste à Jésus, d’un monde à l’autre : le plus petit peut devenir le plus grand !
Cette annonce révolutionnaire sera magnifiée et chantée par Marie dans son Magnificat : « Il renverse les puissants de leur trône, il élève les humbles » (Lc 1,52). Également par Jésus dans ses Béatitudes : « Heureux vous les pauvres, les doux, les persécutés… car le royaume des cieux est à eux ». Son enseignement sur l’inversion des valeurs dans le royaume va dans le même sens : Jésus promeut la pauvreté et non la richesse, le service et non la domination, la douceur et non la violence, l’amour des petits et non la flatterie des puissants, le pardon et non la vengeance, la recherche de la dernière place et non de la première etc.
Ce renversement radical des hiérarchies communément admises a suscité un immense espoir chez les populations de l’empire, qui était profondément inégalitaire. La société romaine reposait sur la dignitas (la dignité) des élites, la potestas (le pouvoir) des dirigeants, la domination patriarcale etc. Ces inégalités étaient légitimées par les religions païennes, qui racontaient qu’elles étaient voulues et instaurées par les dieux. Les cultes païens célébraient l’ordre établi, la puissance, la réussite (de quelques-uns). Les séparations et différences de statut minaient l’équilibre social : esclaves et affranchis, citoyens et non-citoyens, hommes et femmes, riches et pauvres etc. La liste des inégalités était longue…
Hélas, les Églises par la suite sont souvent revenues à ce triste héritage, et sont tombées dans ce piège inégalitaire mortel (légitimer les puissants) après Constantin…
Le christianisme naissant introduisait dans ce système ultra rigide un discours inédit, renversant l’échelle des hiérarchies habituelles. Le Dieu de Jésus n’est pas du côté des puissants, mais des petits, des pauvres, des humiliés. La vraie grandeur n’est plus sociale, militaire ou autre, mais spirituelle. La vraie noblesse est morale et intérieure : une prostituée ou un docker n’ont rien à envier aux patriciens ou aux philosophes, un criminel peut entrer le premier en Paradis. La dernière place devient le lieu de la grâce.
C’est une conversion radicale de la logique de domination du monde antique. Dans une culture qui admirait la force, la richesse, le pouvoir, la virilité, l’esthétisme des corps, le Christ glorifie la faiblesse, le service, la pauvreté, la dignité de chacun quel que soit son sexe, son apparence, sa fortune son intelligence.
« Il n’y a plus ni juif ni grec, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a plus l’homme et la femme, car tous, vous ne faites plus qu’un dans le Christ Jésus. » (Ga 3,28)
Cette affirmation est sans précédent dans le monde antique. Elle a soulevé l’enthousiasme des laissés-pour-compte de l’empire. Paul le constate dans la petite communauté de Corinthe :
« Frères, vous qui avez été appelés par Dieu, regardez bien : parmi vous, il n’y a pas beaucoup de sages aux yeux des hommes, ni de gens puissants ou de haute naissance. Au contraire, ce qu’il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion les sages ; ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion ce qui est fort ; ce qui est d’origine modeste, méprisé dans le monde, ce qui n’est pas, voilà ce que Dieu a choisi, pour réduire à rien ce qui est. » (1Co 1,26-28)
L’idée que chaque être humain est créé à l’image de Dieu et sauvé en Jésus-Christ fonde une nouvelle anthropologie de la dignité universelle. Cette idée, absente du polythéisme gréco-romain, deviendra plus tard le socle de la notion de personne humaine (plus grand que l’individu, non soluble dans le collectif) et des Droits de l’Homme.
Cette promesse d’égalité et de justice divine a eu un pouvoir de séduction immense :
- les esclaves y voyaient une espérance de liberté spirituelle ;
- les pauvres, une dignité nouvelle ;
- les femmes, un rôle actif et reconnu dans la communauté ;
- même certains riches étaient touchés par la pureté et la sincérité de cette fraternité.
Rodney Stark (The Rise of Christianity, 1996) a montré que cette dimension communautaire et égalitaire fut un facteur déterminant de conversion dans les milieux urbains.
Il faut noter que cette égalité était avant tout spirituelle. Le christianisme primitif n’a pas renversé l’ordre social, mais il en a transformé la signification morale. Il a en quelque sorte miné de l’intérieur les structures injustes en introduisant l’égalité universelle comme un ver dans le fruit…
Sur le long terme, cette idée d’égalité devant Dieu servira de ferment intellectuel et moral aux grandes mutations de l’Occident :
- affranchissement des esclaves,
- reconnaissance de la dignité humaine pour chacun et chacune,
- égalité morale et politique des sexes,
- critique du pouvoir arbitraire, de la domination, de la gloire, de la richesse,
- aide mutuelle, partage des biens.
3. Le rêve d’une égalité « à l’envers »
Dans le Royaume, tout est inversé : les premiers deviennent les derniers, les petits sont les grands, le serviteur est le maître, la force se manifeste dans la faiblesse. Ce principe de renversement est constant chez Jésus : « Qui s’élève sera abaissé, qui s’abaisse sera élevé. » « Les publicains et les prostituées vous précèdent dans le Royaume. » « Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. » Jean-Baptiste, par son ascèse, représente le sommet de la justice humaine, mais le Royaume n’est pas une compétition morale : c’est un don. Ainsi, le “plus petit” – celui qui reçoit humblement la grâce, fût-il sans prestige, sans mérite – entre dans une communion que le plus grand des hommes ne peut atteindre par lui-même. Ce n’est pas que Jean soit “abaissé”, mais c’est la mesure de la grandeur qui change d’ordre : on ne mesure plus la vertu humaine, mais la participation à la vie divine, dans l’Esprit du ressuscité.
Le christianisme promeut une égalité renversée, non pas par nivellement, mais par élévation des petits. Dans l’ordre du Royaume, personne n’a de mérite propre : le salut ne dépend ni de la naissance, ni du savoir, ni de la puissance, ni même du degré de sainteté atteint par effort personnel. Tout vient de la grâce gratuite de Dieu. Le plus humble pécheur pardonné devient “plus grand” que le plus grand des ascètes. C’est une révolution anthropologique ! Elle détruit toute hiérarchie de nature ou de mérite pour la remplacer par une égalité devant l’amour de Dieu. Cette grandeur passe par l’abaissement. Jean-Baptiste lui-même en a conscience : « Il faut qu’il croisse et que je diminue. » (Jn 3,30) Cette parole condense l’esprit du Royaume : la vraie grandeur consiste à s’effacer pour laisser place à Dieu. C’est le modèle du service, non du pouvoir. Ainsi, Jean n’est pas un contre-exemple, mais un symbole de transition : il atteint la plus haute grandeur humaine, il s’abaisse devant le Christ, et par cet abaissement, il ouvre la voie à la grandeur nouvelle, celle des “petits du Royaume”.
Dans ce renversement, le prophète et le pécheur sont appelés à la même sainteté, Le mérite est remplacé par la foi, la hiérarchie est remplacée par la fraternité. C’est exactement le même esprit que le Magnificat : « Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. » Le Royaume de Dieu n’est donc pas un nivellement, mais un ordre inversé où la valeur se mesure à l’humilité et à la réception de la grâce, et non à la puissance ou au mérite. Ainsi, la parole de Jésus devant Jean-Baptiste illustre à la perfection le principe évangélique d’égalité “à l’envers” ; dans le Royaume, l’humilité vaut plus que la grandeur, et la grâce dépasse le mérite. L’ordre ancien des hiérarchies s’efface devant une égalité fondée sur l’amour gratuit de Dieu. Le royaume de Dieu, en survenant dans le cœur de chacun, « au milieu de nous », abolit la hiérarchie du mérite : la sainteté ne se conquiert plus, elle se reçoit. Ainsi, la parole de Jésus ne rabaisse pas Jean : elle abolit la pyramide où il occupait le sommet, pour instaurer un cercle fraternel de fils et de filles de Dieu.
C’est l’accomplissement parfait du rêve d’égalité spirituelle “à l’envers” : les plus petits deviennent les plus grands, non par renversement social, mais par la logique de la grâce.
Cette utopie d’une égalité à l’envers a gardé toute sa force d’attraction pour les chercheurs de sens de notre siècle.
Être missionnaire, c’est d’abord mettre en pratique ce renversement spirituel, en actes et en paroles, car le témoignage de la promotion des plus petits est l’un des plus puissants moteurs d’adhésion à la foi chrétienne. Le pape Léon XIV vient de le rappeler dans sa première exhortation apostolique (Dilexi te = Je t’ai choisi) : faire corps avec les petits et les pauvres n’est pas une conséquence sociale de la foi, c’est le lieu même où se révèle Jésus-Christ, le pauvre de Dieu. Léon XIV ne signe pas un texte social de plus, il renverse une hiérarchie implicite : on ne peut plus dire : « J’ai la foi donc je m’engage pour les pauvres ». C’est précisément l’inverse : la rencontre avec le Christ, but de toute vie chrétienne, a lieu en priorité dans la rencontre avec les pauvres. « Nous ne sommes pas dans le domaine de la bienfaisance, mais dans celui de la Révélation », insiste Léon XIV (n° 5). L’engagement pour les précaires, les migrants, les malades, les personnes âgées isolées, ceux qui vivent dans la rue, n’est pas une conséquence sociale de la foi : c’est la foi elle-même. L’« option préférentielle pour les pauvres », expression souvent réduite à un courant ou une sensibilité dans l’Église, retrouve ici sa signification première, théologique : ce n’est pas une option humaine, c’est un choix de Dieu. C’est Lui qui les préfère. « Dieu montre en effet une prédilection pour les pauvres : c’est d’abord à eux que s’adresse la parole d’espérance et de libération du Seigneur… » (n° 21). Et les autres ? La Parole leur est, bien entendu, également adressée mais à travers les plus pauvres. Léon XIV franchit ainsi un seuil doctrinal : il ne demande pas aux catholiques de faire preuve de générosité, mais de reconnaître là où Dieu habite, là où ils peuvent le rencontrer. Être catholique, c’est marcher aux côtés des pauvres, c’est faire partie de ce peuple de pauvres en esprit.
Comment puis-je m’engager concrètement, dans mon métier comme dans mes autres activités, à réaliser cette égalité à l’envers que Jésus promettait devant Jean-Baptiste ?
LECTURES DE LA MESSE
PREMIÈRE LECTURE
« Dieu vient lui-même et va vous sauver » (Is 35, 1-6a.10)
Lecture du livre du prophète Isaïe
Le désert et la terre de la soif, qu’ils se réjouissent ! Le pays aride, qu’il exulte et fleurisse comme la rose, qu’il se couvre de fleurs des champs, qu’il exulte et crie de joie ! La gloire du Liban lui est donnée, la splendeur du Carmel et du Sarone. On verra la gloire du Seigneur, la splendeur de notre Dieu. Fortifiez les mains défaillantes, affermissez les genoux qui fléchissent, dites aux gens qui s’affolent : « Soyez forts, ne craignez pas. Voici votre Dieu : c’est la vengeance qui vient, la revanche de Dieu. Il vient lui-même et va vous sauver. » Alors se dessilleront les yeux des aveugles, et s’ouvriront les oreilles des sourds. Alors le boiteux bondira comme un cerf, et la bouche du muet criera de joie. Ceux qu’a libérés le Seigneur reviennent, ils entrent dans Sion avec des cris de fête, couronnés de l’éternelle joie. Allégresse et joie les rejoindront, douleur et plainte s’enfuient.
PSAUME
(Ps 145 (146), 7, 8, 9ab.10a)
R/ Viens, Seigneur, et sauve-nous ! ou : Alléluia ! (cf. Is 35, 4)
Le Seigneur fait justice aux opprimés,
aux affamés, il donne le pain,
le Seigneur délie les enchaînés.
Le Seigneur ouvre les yeux des aveugles,
le Seigneur redresse les accablés,
le Seigneur aime les justes.
Le Seigneur protège l’étranger,
il soutient la veuve et l’orphelin.
D’âge en âge, le Seigneur régnera.
DEUXIÈME LECTURE
« Tenez ferme vos cœurs car la venue du Seigneur est proche » (Jc 5, 7-10)
Lecture de la lettre de saint Jacques
Frères, en attendant la venue du Seigneur, prenez patience. Voyez le cultivateur : il attend les fruits précieux de la terre avec patience, jusqu’à ce qu’il ait fait la récolte précoce et la récolte tardive. Prenez patience, vous aussi, et tenez ferme car la venue du Seigneur est proche. Frères, ne gémissez pas les uns contre les autres, ainsi vous ne serez pas jugés. Voyez : le Juge est à notre porte. Frères, prenez pour modèles d’endurance et de patience les prophètes qui ont parlé au nom du Seigneur.
ÉVANGILE
« Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » (Mt 11, 2-11)
Alléluia. Alléluia. L’Esprit du Seigneur est sur moi : il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres. Alléluia. (cf. Is 61,1)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
En ce temps-là, Jean le Baptiste entendit parler, dans sa prison, des œuvres réalisées par le Christ. Il lui envoya ses disciples et, par eux, lui demanda : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » Jésus leur répondit : « Allez annoncer à Jean ce que vous entendez et voyez : Les aveugles retrouvent la vue, et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, et les sourds entendent, les morts ressuscitent, et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle. Heureux celui pour qui je ne suis pas une occasion de chute ! »
Tandis que les envoyés de Jean s’en allaient, Jésus se mit à dire aux foules à propos de Jean : « Qu’êtes-vous allés regarder au désert ? un roseau agité par le vent ? Alors, qu’êtes-vous donc allés voir ? un homme habillé de façon raffinée ? Mais ceux qui portent de tels vêtements vivent dans les palais des rois. Alors, qu’êtes-vous allés voir ? un prophète ? Oui, je vous le dis, et bien plus qu’un prophète. C’est de lui qu’il est écrit : Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour préparer le chemin devant toi. Amen, je vous le dis : Parmi ceux qui sont nés d’une femme, personne ne s’est levé de plus grand que Jean le Baptiste ; et cependant le plus petit dans le royaume des Cieux est plus grand que lui. »
Patrick BRAUD
Mots-clés : égalité, Jean Baptiste, Royaume
















