Un Avent « aux poils » !
Un Avent « aux poils » !
Homélie pour le 2° Dimanche de l’Avent / Année A
07/12/25
Cf. également :
Abraham & Co, pierres et fils
Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ?
Réinterpréter Jean-Baptiste
Isaïe, Marx, et le vol de bois mort
Crier dans le désert
Êtes-vous plutôt centripètes ou centrifuges ?
Maintenant, je commence
1. La Bible hypertexte
Chaque année, l’Avent nous ramène à Jean-Baptiste et aux détails truculents qui l’accompagnent : son accoutrement étonnant, sa nourriture bizarre, ses coups de gueule au désert…
Pour interpréter ces détails apparemment anecdotiques, les juifs savent qu’il faut les lire en référence à d’autres passages des Écritures, qui eux-mêmes renvoient à d’autres récits etc. Bien avant la navigation sur Internet, ils ont appris à sauter d’un texte à l’autre, avec la même aisance que nous avons pour cliquer sur un lien hypertexte qui nous renvoie à un autre site, où d’autres clics nous attendent pour découvrir à nouveau d’autres pages etc. Et, comme pour le surf sur la Toile, cette navigation est quasi infinie, nous faisant voyager sans cesse à la découverte de nouvelles significations possibles.
Cette méthode d’interprétation biblique, autrefois réservée aux rabbins ayant une culture encyclopédique de la Torah et de ses commentaires, est aujourd’hui accessible à tout le monde. Il suffit d’aller sur un site (gratuit) où le texte original en grec (Nouveau Testament ou LXX) ou en hébreu (Ancien Testament) est disponible [1] : en cliquant sur un terme, vous avez immédiatement la liste de toutes les occurrences de ce terme dans la Bible. Il est alors passionnant d’explorer tous les autres usages, associée eux-mêmes à d’autres mots, qui renverront à d’autres textes etc.
Amusons-nous à cliquer sur les quelques mots caractéristiques de Jean-Baptiste dans l’évangile de ce dimanche (Mt 3,1-12) : ceinture, cuir, rein, poêle, chameau, sauterelles, miel, sauvage.
Le foisonnement des significations cachées, comme les couleurs invisibles de l’arc-en-ciel ou les harmoniques d’un accord musical, nous donnera une idée de ce que les juifs appellent la « lecture infinie », une explosion de sens multipliant les interprétations d’un texte, d’une phrase, d’un mot.
2. La ceinture de cuir autour des reins
Jean portait « une ceinture de cuir autour des reins ». Impossible pour un juif qui lit cela de ne pas y reconnaître tout de suite le commandement de YHWH pour célébrer la Pâque : « Vous mangerez ainsi : la ceinture aux reins, les sandales aux pieds, le bâton à la main. Vous mangerez en toute hâte : c’est la Pâque du Seigneur » (Ex 12,11). Jean-Baptiste plante donc un décor résolument pascal. Le baptême par lequel il va immerger Jésus dans le Jourdain ne préfigure-t-il pas le baptême à venir de sa Passion ? « Je dois recevoir un baptême, et quelle angoisse est la mienne jusqu’à ce qu’il soit accompli ! » (Lc 12,50)
Cette dimension pascale est soulignée par le désert qui est en toile de fond : l’Exode hors de l’esclavage passe par le désert ; la liberté est à ce prix. Jean-Baptiste en est le vivant rappel.
La ceinture de cuir fait également penser à la tunique de cuir dont YHWH avait revêtu Adam et Ève à la sortie du jardin d’Éden, pour les protéger : « Le Seigneur Dieu fit à l’homme et à sa femme des tuniques de cuir et les en revêtit » (Gn 3,21).
Le cuir dont s’entoure Jean-Baptiste n’a rien de sado-maso ! C’est le rappel de la protection de Dieu tout au long de notre traversée pascale : quelques soient nos fautes, l’amour de Dieu est plus grand que nous offense, et son pardon nous protège du froid et des bêtes féroces cherchant à nous dévorer (le cuir est le signe que ces dangers sont vaincus, puisque nous portons ainsi la dépouille de nos prédateurs).

Quand elle est autour des reins, cette ceinture symbolise la force que Dieu nous donne. Rappelez-vous ces haltérophiles accroupis qui se lèvent pour un épaulé-jeté avec plus de 200 kg à bout de bras ! Ils ont une énorme ceinture autour des reins, pour leur éviter de se faire mal et pour mobiliser toute leur énergie. La ceinture est le symbole de la force vitale qui nous permet de soulever des montagnes ! Ne dit-on pas d’une entreprise qu’elle a les reins solides ? Alors qu’un tour de rein est synonyme d’immobilisation douloureuse.
C’est pourquoi YHWH conseille à Job : « Le Seigneur s’adressa à Job du milieu de la tempête et dit : Ceins donc tes reins comme un homme. Je vais t’interroger, et tu m’instruiras. » (Jb 40,6–7).
Paul reprendra ce symbole en le liant à la vérité : « Oui, tenez bon, ayant autour des reins le ceinturon de la vérité » (Ep 6,14). Car les reins sont également le siège du désir, des passions. Au creux des reins, l’élan amoureux prend naissance, et il faut bien la ceinture de cuir, c’est-à-dire la vérité de la Révélation, pour contenir, éduquer, humaniser cette énergie qui peut devenir sublime ou dévastatrice. Dieu seul sonde les reins et les cœurs (Jr 11,20 ; 17,10) : garder la ceinture serrée autour des reins signifie notre volonté de ne pas tomber dans l’esclavage de nos passions.
Dans la Russie du siècle dernier, une devinette réjouissait les enfants et faisait réfléchir les adultes : « Qui suis-je ? Le jour un cercle ; la nuit un serpent. Celui qui devine sera mon amant ». La réponse était… la ceinture, celle-ci étant fermée le jour (le cercle) et ouverte la nuit (le serpent). En russe, le rapprochement est aussi facilité par l’euphonie entre les mots qui désignent le serpent – uz, et le mari – muz. Toute l’ambiguïté de la ceinture autour des reins est ainsi évoquée sans détours…
3. Les poils de chameau
« Jean, portait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins ; il avait pour nourriture des sauterelles et du miel sauvage ».
Que viennent faire ces poils de chameau dans le message prophétique de Jean-Baptiste ?
L’allusion là encore est très claire pour les lecteurs assidus de l’Ancien Testament : c’est le vêtement d’Élie, le prophète enlevé au ciel dont le retour marquera la venue du Messie ! « Ils répondirent : “C’était un homme portant un vêtement de poils et une ceinture de cuir autour des reins.” Il déclara : “C’est Élie de Tishbé.” » (2R 1,8). Pour Jean-Baptiste, S’habiller ainsi, c’est avertir ses auditeurs que le Messie vient derrière lui. C’est ce qui avait été déclaré à Zacharie lors de l’annonce de la naissance de son fils : « Il [Jean-Baptiste] marchera devant, en présence du Seigneur, avec l’esprit et la puissance du prophète Élie, pour faire revenir le cœur des pères vers leurs enfants, ramener les rebelles à la sagesse des justes, et préparer au Seigneur un peuple bien disposé » (Lc 1,17). C’est l’accomplissement de la prophétie de Malachie : « Voici que je vais vous envoyer Élie le prophète, avant que vienne le jour du Seigneur, jour grand et redoutable » (Ml 3,23).
Mais ce n’est pas tout : les poils font immanquablement penser à Ésaü, l’aîné des deux frères jumeaux : « Le premier qui sortit était roux, tout couvert de poils comme d’une fourrure. On lui donna le nom d’Ésaü » (Gn 25,25). Ésaü était poilu comme un singe à sa naissance : rappel symbolique de notre condition animale, alors que Jacob est la figure de notre vocation spirituelle, recevant la bénédiction pour devenir Israël. Les poils de la tunique instaurent alors un parallélisme Jean-Baptiste–Ésaü // Jésus–Jacob (Israël). Jean-Baptiste crie dans le désert ; Jésus ne haussera pas le ton (Is 42,2) ; Jean-Baptiste est la voix, Jésus est le Verbe.
En outre, ce sont des poils de chameau que porte Jean-Baptiste. Et le chameau est éminemment symbolique dans la Bible : c’est un signe de richesse que d’en posséder des troupeaux entiers. La reine de Saba impressionnera Salomon par ses convois de chameaux chargés de trésors : « Elle arriva à Jérusalem avec une escorte imposante : des chameaux chargés d’aromates et d’une énorme quantité d’or et de pierres précieuses » (1R 10,2). Ces troupeaux annoncent la richesse qui affluera vers Jérusalem : « En grand nombre, des chameaux t’envahiront, de jeunes chameaux de Madiane et d’Épha. Tous les gens de Saba viendront, apportant l’or et l’encens ; ils annonceront les exploits du Seigneur » (Is 60,6).
Porter des poils de chameau implique qu’on a tué l’animal, qu’on a éteint en son cœur l’amour de la richesse qui gouverne les puissants de ce monde. Jean-Baptiste n’a que les poils, pas les troupeaux.
De plus, le chameau est un animal impur : « Vous tiendrez pour impur le chameau parce que, bien que ruminant, il n’a pas le sabot fourchu » (Lv 11,4). Par extension, il désigne les nations païennes, impures, infréquentables.
C’est dans ce sens que saint Hilaire de Poitiers interprète symboliquement l’étrange accoutrement de Jean le Baptiste dans notre évangile (Jn 3,1-12).
« Ce vêtement pris à des animaux immondes auxquels on peut comparer les nations païennes et qu’il sanctifiait en le portant, était un symbole de la sainteté que nous pouvions recevoir par son ministère. Les hommes, dans leurs allures désordonnées, ressemblaient à ces sauterelles dont se nourrissait le Prophète, ils étaient volages, stériles dans leurs œuvres, verbeux, agités. Et maintenant il s’est trouvé que nous sommes devenus la nourriture des saints et les délices des prophètes : et nous leur avons offert en même temps que nos personnes un miel qui provenait non des rayons de la Loi, mais des arbres sauvages (saint Hilaire de Poitiers : commentaire de l’évangile selon saint Matthieu, II 2). »
L’universalisme de Jean-Baptiste se manifeste, hors de Jérusalem, dans le désert, par son accueil de tous les pénitents. Bien plus, il affirme avec force : « avec les pierres que voici, Dieu peut faire surgir des enfants à Abraham ». C’est-à-dire : ne croyez pas que le peuple de Dieu est limité aux juifs, au circoncis, aux pratiquants des rites prescrits. Dieu est libre de se susciter une famille en Inde comme au Brésil, en Chine comme en Afrique…
Les poils de chameau symbolisent la solidarité de Jean-Baptiste avec les nations païennes impures, et le salut qui leur est offert.
Nous sommes appelés à vivre un Avent « aux poils » pour préparer réellement la venue du Messie en nous ! L’animal à bosse(s) évoque encore beaucoup d’autres dimensions symboliques de notre condition de croyants. Comme lui, nous sommes en marche dans le désert de nos existences. C’est son domaine, ce silence habité par une Parole. D’autres trouveraient ça aride, lui s’y sent bien. Ses larges pattes s’appuient en souplesse sur la fluidité du sable, comme le chercheur de sens aime le foisonnement des interprétations. Et puis le chameau est plus libre que d’autres car il a de bonnes réserves d’eau dans ses bosses. Nous ne sommes pas des bébés qui doivent être allaités au biberon toutes les trois heures. Le chameau peut marcher une semaine sans rien manger ni boire, et quand il trouve alors un point d’eau il se rattrape en buvant 120 litres d’un coup. Christ nous donne cette liberté, cette autonomie. Il suffit que – même une seule fois – nous puissions boire à la source de bénédiction qu’est Dieu pour ensuite avancer librement sur notre chemin pendant des années. Car c’est en nous, dans notre cœur, dans notre être que nous portons la bénédiction de Dieu, comme le chameau porte de l’eau dans ses bosses.
La symbolique du chameau charrie encore tant d’autres harmoniques ! En hébreu, il s’écrit גָּמָל gamal (ce qui a donné Camel en anglais cf. le célèbre paquet de cigarettes !). Il vient du verbe distribuer, rétribuer, faire participer aux bénéfices. Le chameau a donc à voir avec le partage. D’ailleurs, sa première lettre en hébreu a la forme d’un homme qui marche : ג (gimel). La seconde – beth – signifie maison et en a la forme : מ (cf. Beth-léem : la maison du pain). La troisième lettre du chameau est le ל daleth, qui signifie pauvre.
Les trois lettres ensemble גמל signifient alors : un homme quitte sa maison et marche pour partager avec le pauvre.
La contestation de la richesse déjà évoquée avec les poils s’accompagne ici de la nécessité d’un élan du cœur, qui conduit à un mouvement sincère et spontané, désintéressé, vers les pauvres. Ce n’est pas d’ascèse il s’agit, mais d’amour : le chameau גָּמָל en est le signe !
Vous voyez : les poils de chameau, c’est tout sauf un détail insignifiant…
4. Les sauterelles
Êtes-vous entomophage ? Si oui, vous vous régalez d’insectes grillés, bourrés de protéines. Les sauterelles dévorées par Jean-Baptiste ne renvoient pas à une mode gastronomique ou diététique !
Évidemment, qui lit sauterelles pense immédiatement : plaie d’Égypte.
« Moïse étendit son bâton sur le pays d’Égypte […]. Des nuées de sauterelles montèrent sur tout le pays d’Égypte et se posèrent sur l’ensemble du territoire. Jamais auparavant et jamais depuis lors, il n’y eut une telle masse de sauterelles » (Ex 10,13-14)
C’est la huitième plaie, destinée à faire plier le pharaon réduisant les hébreux en esclavage. Les sauterelles dévastent les précieuses récoltes du Nil.
Sauterelles et chameaux sont quelquefois associés dans la dévastation : « Ils arrivaient avec leurs troupeaux et leurs tentes, comme une multitude de sauterelles. Eux et leurs chameaux étaient innombrables, et ils envahissaient le pays pour le ravager » (Jg 6,5 ; 7,12)
Jean-Baptiste nous propose une méthode surprenante pour nous nourrir : manger nos sauterelles, c’est-dire engloutir ce qui nous menace, travailler en amont du problème qui nous enchaîne. Ce n’est pas toujours facile avec nos propres forces d’affamer ainsi notre faiblesse, notre colère, notre frustration, nos rancunes… Mais avec l’aide de Dieu, qui fait des prodiges dans ce domaine, oui.
Dévorer ce qui nous dévore, se nourrir de ce qui nous menace, entendre l’appel à ne plus être esclave… : les sauterelles de Jean-Baptiste sont décidément beaucoup plus qu’un régime alimentaire !
5. Le miel sauvage
Le miel est doux et sucré : après l’amer des sauterelles, il réjouit le palais et soigne les inflammations. L’Écriture y a vu une figure de la saveur de la parole de Dieu : « Qu’elle est douce à mon palais ta promesse : le miel a moins de saveur dans ma bouche ! » (Ps 119,103).
L’Apocalypse reprend cette dualité de saveur de la Parole de Dieu : « Je m’avançai vers l’ange pour lui demander de me donner le petit livre. Il me dit : “Prends, et dévore-le ; il remplira tes entrailles d’amertume, mais dans ta bouche il sera doux comme le miel.” Je pris le petit livre de la main de l’ange, et je le dévorai. Dans ma bouche il était doux comme le miel, mais, quand je l’eus mangé, il remplit mes entrailles d’amertume » (Ap 10,9-10).
Le miel est l’aliment par excellence de la Terre Promise dont l’autre nom est « le pays où coule le lait et le miel » (Ex 3,8 et 25 autres occurrences). Tout au long du trajet, Dieu donne aux hébreux un avant-goût de cette Terre promise avec la manne qu’il fait pleuvoir le matin et qui a le goût de gâteau au miel, nous dit la Bible : « C’était comme de la graine de coriandre, de couleur blanche, au goût de beignet au miel » (Ex 16,31).
De plus, le miel de Jean-Baptiste est sauvage : nous n’avons pas eu à le cultiver ; ce n’est pas un produit la civilisation urbaine ; ce n’est pas une production domestique. C’est donné, gratuit, gracieux, sans effort humain. C’est le goût de la Parole de Dieu telle qu’on la trouve, non pas seulement en Israël, mais aussi chez les nations, sauvages, barbares, païennes.
Paradoxalement, Jean-Baptiste l’ultra-juif fait son miel de tout ce qu’il trouve dans les cultures sauvages qui l’environnent…
N’est-il pas temps pour nous aussi de nous vêtir de poils de chameau (les sagesses des nations) et de nous nourrir de sauterelles et de miel sauvage (les semences du Verbe présentes dans toute culture) ?
Exerçons-nous à pratiquer cette lecture hypertexte des Évangiles, qui clique de mot en mot, surfe de texte en texte, afin de « lire aux éclats », enivrés du foisonnement de sens inépuisable des Écritures !
Ceinture, cuir, reins, poils, chameau, sauterelles, miel, sauvage : notre Jean-Baptiste au désert a de quoi nourrir notre méditation chaque soir de la semaine qui vient…
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[1]. Cf. par exemple https://www.stepbible.org/
LECTURES DE LA MESSE
PREMIÈRE LECTURE
« Il jugera les petits avec justice » (Is 11, 1-10)
Lecture du livre du prophète Isaïe
En ce jour-là, un rameau sortira de la souche de Jessé, père de David, un rejeton jaillira de ses racines. Sur lui reposera l’esprit du Seigneur : esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur – qui lui inspirera la crainte du Seigneur. Il ne jugera pas sur l’apparence ; il ne se prononcera pas sur des rumeurs. Il jugera les petits avec justice ; avec droiture, il se prononcera en faveur des humbles du pays. Du bâton de sa parole, il frappera le pays ; du souffle de ses lèvres, il fera mourir le méchant. La justice est la ceinture de ses hanches ; la fidélité est la ceinture de ses reins. Le loup habitera avec l’agneau, le léopard se couchera près du chevreau, le veau et le lionceau seront nourris ensemble, un petit garçon les conduira. La vache et l’ourse auront même pâture, leurs petits auront même gîte. Le lion, comme le bœuf, mangera du fourrage. Le nourrisson s’amusera sur le nid du cobra ; sur le trou de la vipère, l’enfant étendra la main. Il n’y aura plus de mal ni de corruption sur toute ma montagne sainte ; car la connaissance du Seigneur remplira le pays comme les eaux recouvrent le fond de la mer. Ce jour-là, la racine de Jessé sera dressée comme un étendard pour les peuples, les nations la chercheront, et la gloire sera sa demeure.
PSAUME
(Ps 71 (72), 1-2, 7-8, 12-13, 17)
R/ En ces jours-là, fleurira la justice, grande paix jusqu’à la fin des temps. (cf. Ps 71, 7)
Dieu, donne au roi tes pouvoirs,
à ce fils de roi ta justice.
Qu’il gouverne ton peuple avec justice,
qu’il fasse droit aux malheureux !
En ces jours-là, fleurira la justice,
grande paix jusqu’à la fin des lunes !
Qu’il domine de la mer à la mer,
et du Fleuve jusqu’au bout de la terre !
Il délivrera le pauvre qui appelle
et le malheureux sans recours.
Il aura souci du faible et du pauvre,
du pauvre dont il sauve la vie.
Que son nom dure toujours ;
sous le soleil, que subsiste son nom !
En lui, que soient bénies toutes les familles de la terre ;
que tous les pays le disent bienheureux !
DEUXIÈME LECTURE
Le Christ sauve tous les hommes (Rm 15, 4-9)
Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains
Frères, tout ce qui a été écrit à l’avance dans les livres saints l’a été pour nous instruire, afin que, grâce à la persévérance et au réconfort des Écritures, nous ayons l’espérance. Que le Dieu de la persévérance et du réconfort vous donne d’être d’accord les uns avec les autres selon le Christ Jésus. Ainsi, d’un même cœur, d’une seule voix, vous rendrez gloire à Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ. Accueillez-vous donc les uns les autres, comme le Christ vous a accueillis pour la gloire de Dieu. Car je vous le déclare : le Christ s’est fait le serviteur des Juifs, en raison de la fidélité de Dieu, pour réaliser les promesses faites à nos pères ; quant aux nations, c’est en raison de sa miséricorde qu’elles rendent gloire à Dieu, comme le dit l’Écriture : C’est pourquoi je proclamerai ta louange parmi les nations, je chanterai ton nom.
ÉVANGILE
« Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche » (Mt 3, 1-12)
Alléluia. Alléluia. Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers : tout être vivant verra le salut de Dieu. Alléluia. (cf. Lc 3, 4.6)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
En ces jours-là, paraît Jean le Baptiste, qui proclame dans le désert de Judée : « Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. » Jean est celui que désignait la parole prononcée par le prophète Isaïe : Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers.
Lui, Jean, portait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins ; il avait pour nourriture des sauterelles et du miel sauvage. Alors Jérusalem, toute la Judée et toute la région du Jourdain se rendaient auprès de lui, et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain en reconnaissant leurs péchés. Voyant beaucoup de pharisiens et de sadducéens se présenter à son baptême, il leur dit : « Engeance de vipères ! Qui vous a appris à fuir la colère qui vient ? Produisez donc un fruit digne de la conversion. N’allez pas dire en vous-mêmes : ‘Nous avons Abraham pour père’ ; car, je vous le dis : des pierres que voici, Dieu peut faire surgir des enfants à Abraham. Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres : tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu.
Moi, je vous baptise dans l’eau, en vue de la conversion. Mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi, et je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. Il tient dans sa main la pelle à vanner, il va nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera son grain dans le grenier ; quant à la paille, il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. »
Patrick BRAUD















