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22 mars 2020

Inviter Dieu à visiter ce qui nous tue

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 12 h 30 min

Inviter Dieu à visiter ce qui nous tue

Homélie du 5° dimanche de Carême / Année A
29/03/2020

Cf. également :

Reprocher pour se rapprocher
Et Jésus pleura
Une puanteur de 4 jours

La part d’ombre de Jean Vanier

Samedi 22 février 2020. Les responsables de l’Arche communiquent longuement à la presse en faisant une révélation gravissime et douloureuse : leur fondateur Jean Vanier a abusé sexuellement pendant des années de six femmes au moins qu’il accompagnait spirituellement (et qui n’étaient pas des personnes handicapées comme celles accueillies à l’Arche). Stupéfaction et choc immense pour tous les admirateurs de Jean Vanier et de son œuvre (l’Arche, mais aussi Foi et Lumière). La prise de parole des responsables est calme, courageuse : ils enquêtent depuis des mois avec l’aide d’un organisme extérieur, et leur conclusion est sans appel. L’influence néfaste sur Jean Vanier de l’ex-dominicain Thomas Philippe et de sa pseudo-mystique est manifeste (son frère Marie-Dominique Philippe lui aussi dominicain et fondateur des frères de Saint-Jean a également commis viols et agressions révélées en 2013). Ils veulent la vérité. Leur déception est immense. Ils sont effondrés et touchés au plus profond. Par leur parole publique, ils veulent préserver le formidable élan de l’Arche qui permet à des centaines d’adultes handicapés mentalement et physiquement de vivre une vie de famille et de communauté dans les 150 foyers de l’Arche de par le monde. Leur réaction est salutaire. Il leur faudra des mois, des années pour digérer cette terrible nouvelle, et en tirer toutes les conséquences, tant organisationnelles que spirituelles ou ecclésiales.

Sans le savoir, ils rejoignent ainsi les amis de Lazare dans l’Évangile de ce cinquième dimanche de carême, pleurant avec Marthe et Marie sur la mort de leur frère. Ce qu’ils ont fait et ce qu’ils ont dit peut aujourd’hui encore nous inspirer pour traverser les graves crises qui affectent régulièrement nos communautés ou nos vies personnelles.

 

Pleurer avec

Les juifs sont venus réconforter Marthe et Marie dans leur deuil. Comme les amis de Job venus le soutenir [1], ils n’assènent pas de discours bondieusards prônant des explications ou des consolations trop faciles. Non : ils pleurent avec Marie et la réconfortent par leur simple présence plus que par leur parole. C’est cela la compassion : souffrir avec (cum-patire en latin).

Lorsque quelque chose de mortel fait irruption dans nos vies, que ce soit la révélation sur Jean Vanier pour l’Arche ou le deuil pour Marthe, il est important de se laisser blesser, d’accepter d’être vulnérable, d’en pleurer de douleur, de déception, de dégoût ou de tristesse, de remords ou de rage, comme Pierre sur son reniement ou comme la pécheresse versant ses larmes sur les pieds de Jésus à Béthanie. D’ailleurs Jésus lui-même ne retient pas son émotion devant les pleurs de Marie et de ses amis. Il en est bouleversé. Et devant le tombeau, il pleure. Au lieu de se durcir pour paraître fort, le Christ nous invite à accueillir nos émotions devant les catastrophes qui nous dévastent, à ne pas retenir nos larmes. Mieux vaut pleurer sur les abus de Jean Vanier que de nier ou de faire comme si on allait vite passer à autre chose. Mieux vaut pleurer avec ceux qui sont dévastés par une épreuve que de leur faire la morale ou de leur dire tout de suite ce qu’ils devraient faire. Rilke conseillait à un jeune poète de prendre le temps d’habiter ses questions, d’y demeurer, avant de leur apporter une réponse.

« Efforcez-vous d’aimer vos questions elles-mêmes, chacune comme une pièce qui vous serait fermée, comme un livre écrit dans une langue étrangère. Ne cherchez pas pour le moment des réponses qui ne peuvent vous être apportées, parce que vous ne sauriez pas les mettre en pratique, les « vivre ». Et il s’agit précisément de tout vivre. Ne vivez pour l’instant que vos questions. Peut-être, simplement en les vivant, finirez-vous par entrer insensiblement, un jour, dans les réponses. » [2]

Il en va de même pour les coups mortels que nous subissons : prendre le temps d’habiter notre douleur est indispensable ; ne pas trop vite passer à autre chose est vital.
Et si nous voulons accompagner ceux qui souffrent, commençons par nous asseoir à leurs côtés. Pleurer avec ceux qui pleurent est le premier signe de l’amitié touchée par le malheur de l’autre.


« Où l’avez-vous mis ? »

Inviter Dieu à visiter ce qui nous tue dans Communauté spirituelle RsurrectiondeLazare2Jésus demande alors : « Où l’avez-vous mis ? »

« Excellente question. Qu’avons-nous fait de notre frère souffrant ? L’avons-nous enterré dans un coin pour qu’il ne nous dérange pas avec son odeur de mort ? Qu’avons-nous fait de cette part de nous-même qui est souffrante et que nous laissons pourrir dans un coin ? Qu’avons-nous fait de nos injustices passées, les nôtres et celles de notre peuple, celles de notre parti, de notre église, de notre famille ? Les voilons-nous sous de faux prétextes pour nous justifier à nos propres yeux : il y a là un risque de gangrène, un poison de mort. « Où l’avez-vous mis ? » nous dit Jésus, dans quels placards avez-vous caché vos cadavres ? […] Cela demande une double confiance, confiance dans la capacité de Dieu à faire quelque chose, et confiance dans sa capacité à nous aimer malgré cette puanteur, comme seul un véritable ami peut le faire. « Seigneur, viens voir » et je serai ressuscité » [3].

Chaque famille a ses secrets, chaque personne sa part d’ombre, chaque paroisse sa face cachée, chaque Église ses turpitudes… : autant de cadavres dans le placard qui finissent par sentir mauvais à la longue à force de vouloir les dissimuler. Le Christ nous demande où sont nos Lazare morts. Non pas pour nous juger ou nous accabler. Mais un médecin ne peut soigner une plaie sans qu’on la lui expose, même nue, souillées et dangereuse. Avec une compassion et une douceur infinies, le Christ nous demande de lui dévoiler nos cachettes honteuses, les non-dits qui nous empoisonnent, les secrets malsains qui nous gangrènent, les cadavres qui hantent nos placards. Il le demande en ami pleurant sur notre mal et non en inquisiteur cherchant une preuve.
Comment ne pas être bouleversé à notre tour de son désir de rejoindre même le côté le plus obscur de nous-mêmes ?

 

« Seigneur, viens et vois ! »

Au début, sur les bords du lac de Galilée, c’est Jésus qui avait formulé cette invitation à Jean et André : « venez et voyez » (Jean 1,34). La demande ici s’inverse : ce sont les amis de Lazare qui invitent Jésus à venir voir son tombeau. Inviter Dieu à visiter ce qui nous tue et le chemin pour nous ouvrir à sa puissance de résurrection. Plutôt que de cacher nos morts spirituelles ou morales, (comme on cache aujourd’hui les corps des défunts dont on a peur, qu’on ne touche plus et qu’on ne veille plus), le Christ nous donne le courage de lui révéler publiquement les recoins où la mort nous taraude, les puanteurs que bientôt nous ne pourrons plus contenir, à l’image du tombeau de Lazare au quatrième jour.

« Viens ! » : Jean n’emploie ce verbe (ρχου en grec) que neuf fois : 2 fois dans son Évangile (Jn 1,46 ; 11,34) et 7 fois dans l’Apocalypse [4].
Dans l’Apocalypse, par 4 fois un animal du Tétramorphe crie : « viens ! » lorsqu’un sceau est ouvert [5]. Le sceau symbolise une nouvelle étape dans l’histoire personnelle ou collective ; cela signifie donc qu’à chaque impulsion nouvelle de notre histoire nous pouvons crier « viens ! »  pour que le Seigneur visite, guérisse et féconde ce jalon de notre parcours, qu’il soit joyeux ou douloureux. « Viens ! » est donc le cri du désir humain attendant activement la visite de l’amour divin dans tout son être, bon grain et ivraie inextricablement mêlés. « Viens ! » est le dernier cri de l’Apocalypse, et donc le désir ultime ponctuant toute la Bible en ce point d’orgue :

« L’Esprit et l’épouse disent: Viens ! Que celui qui entend dise : Viens ! »  (Ap 22,17)
« Celui qui atteste cela dit : Oui, je viens bientôt. Amen, viens Seigneur Jésus ! » (Ap 22,20).

C’est bien un cri d’amour : inviter Dieu à visiter ce qui nous tue est l’élan vital de l’épouse se languissant de l’union à son bien-aimé par qui la santé et le salut lui sont donnés. De manière étonnante, Jésus répond au « viens et vois ! » des amis de Lazare par un « viens dehors ! » adressé à Lazare. Désirer que Dieu visite notre part d’ombre nous permet d’entendre son appel à sortir de nos tombeaux : ce qui lui a été exposé sera guéri, la mort qui ne lui est plus cachée sera vaincue, la puanteur qui n’est plus enfermée sera dissipée à l’air libre. Si nous voulons nous relever des crises qui nous abattent, mieux vaut s’en ouvrir au Christ sans rien cacher. Si nous voulons aider les autres comme les amis de Lazare pour Marthe et Marie, mieux vaut ne pas avoir peur de ce qui sent mauvais.

Ouvrir les tombeaux plutôt que de sceller nos secrets malsains : voilà la démarche courageuse qu’ont choisie les responsables de l’Arche en révélant la face obscure de Jean Vanier, plutôt que de dissimuler ou d’excuser ou de minimiser. Nul doute que l’Arche pourra, à l’issue d’une cure longue et difficile, se libérer des liens à Jean Vanier qui obstrueraient sa marche comme les bandelettes enserraient le corps réanimé de Lazare…

Chacun de nous peut inviter le Christ à visiter ce qui le tue : « Seigneur, viens et vois ! »
Viens visiter mes secrets malodorants, mes cadavres dans le placard, les liens qui m’empêchent de « sortir dehors ».
Collectivement, en paroisse, dans une équipe de partage de vie ou de bénévolat solidaire, nous devons également crier vers le médecin suprême : « viens et vois ce qui nous tue ! ».

 

 


[1]. « De loin, fixant les yeux sur lui, ils ne le reconnurent pas. Alors ils éclatèrent en sanglots. Chacun déchira son vêtement et jeta de la poussière sur sa tête. Puis, s’asseyant à terre près de lui, ils restèrent ainsi durant sept jours et sept nuits. Aucun ne lui adressa la parole, au spectacle d’une si grande douleur. » (Job 2, 12-13)

[2]. R.M. Rilke, Lettres à un jeune poète, 1929.

[3]. Extrait de la très belle prédication du pasteur Marc Pernot lors d’un culte le 5 juin 2011, à qui j’emprunte son titre et son inspiration. Cf. : https://oratoiredulouvre.fr/libres-reflexions/predications/inviter-dieu-a-visiter-ce-qui-nous-tue-jean-11

[4]. Le symbolisme de ces chiffres est connu : 2 renvoie à l’unité homme-femme ou homme-Dieu, 7 aux sept jours de la Création, 4 aux quatre points cardinaux signifiant l’universalité.

[5]. Quand l’agneau ouvrit le premier des sept sceaux, j’entendis le premier des quatre animaux s’écrier d’une voix de tonnerre: Viens !  (Ap 6,1)
Quand il ouvrit le deuxième sceau, j’entendis le deuxième animal s’écrier: Viens !  (Ap 6,3)
Quand il ouvrit le troisième sceau, j’entendis le troisième animal s’écrier: Viens ! (Ap 6,5)
Quand il ouvrit le quatrième sceau, j’entendis le quatrième animal s’écrier: Viens ! (Ap 6,7)

 

 

LECTURES DE LA MESSE

PREMIÈRE LECTURE
« Je mettrai en vous mon esprit, et vous vivrez » (Ez 37, 12-14)

Lecture du livre du prophète Ézékiel

Ainsi parle le Seigneur Dieu : Je vais ouvrir vos tombeaux et je vous en ferai remonter, ô mon peuple, et je vous ramènerai sur la terre d’Israël. Vous saurez que Je suis le Seigneur, quand j’ouvrirai vos tombeaux et vous en ferai remonter, ô mon peuple ! Je mettrai en vous mon esprit, et vous vivrez ; je vous donnerai le repos sur votre terre. Alors vous saurez que Je suis le Seigneur : j’ai parlé et je le ferai – oracle du Seigneur.

PSAUME

(Ps 129 (130), 1-2, 3-4, 5-6ab, 7bc-8)
R/ Près du Seigneur est l’amour, près de lui abonde le rachat. (Ps 129, 7bc)

Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur,
Seigneur, écoute mon appel !
Que ton oreille se fasse attentive
au cri de ma prière !

Si tu retiens les fautes, Seigneur,
Seigneur, qui subsistera ?
Mais près de toi se trouve le pardon
pour que l’homme te craigne.

J’espère le Seigneur de toute mon âme ;
je l’espère, et j’attends sa parole.
Mon âme attend le Seigneur
plus qu’un veilleur ne guette l’aurore.

Oui, près du Seigneur, est l’amour ;
près de lui, abonde le rachat.
C’est lui qui rachètera Israël
de toutes ses fautes.

 

DEUXIÈME LECTURE

« L’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus habite en vous » (Rm 8, 8-11)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains

Frères, ceux qui sont sous l’emprise de la chair ne peuvent pas plaire à Dieu. Or, vous, vous n’êtes pas sous l’emprise de la chair, mais sous celle de l’Esprit, puisque l’Esprit de Dieu habite en vous. Celui qui n’a pas l’Esprit du Christ ne lui appartient pas. Mais si le Christ est en vous, le corps, il est vrai, reste marqué par la mort à cause du péché, mais l’Esprit vous fait vivre, puisque vous êtes devenus des justes. Et si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Jésus, le Christ, d’entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous.

 

ÉVANGILE

« Je suis la résurrection et la vie » (Jn 11, 1-45)
Gloire à toi, Seigneur,gloire à toi.Moi, je suis la résurrection et la vie, dit le Seigneur. Celui qui croit en moi ne mourra jamais. Gloire à toi, Seigneur,gloire à toi. (cf. Jn 11, 25a.26)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

 En ce temps-là, il y avait quelqu’un de malade, Lazare, de Béthanie, le village de Marie et de Marthe, sa sœur. Or Marie était celle qui répandit du parfum sur le Seigneur et lui essuya les pieds avec ses cheveux. C’était son frère Lazare qui était malade. Donc, les deux sœurs envoyèrent dire à Jésus : « Seigneur, celui que tu aimes est malade. » En apprenant cela, Jésus dit : « Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu, afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié. » Jésus aimait Marthe et sa sœur, ainsi que Lazare. Quand il apprit que celui-ci était malade, il demeura deux jours encore à l’endroit où il se trouvait. Puis, après cela, il dit aux disciples : « Revenons en Judée. » Les disciples lui dirent : « Rabbi, tout récemment, les Juifs, là-bas, cherchaient à te lapider, et tu y retournes ? » Jésus répondit : « N’y a-t-il pas douze heures dans une journée ? Celui qui marche pendant le jour ne trébuche pas, parce qu’il voit la lumière de ce monde ; mais celui qui marche pendant la nuit trébuche, parce que la lumière n’est pas en lui. » Après ces paroles, il ajouta : « Lazare, notre ami, s’est endormi ; mais je vais aller le tirer de ce sommeil. » Les disciples lui dirent alors : « Seigneur, s’il s’est endormi, il sera sauvé. » Jésus avait parlé de la mort ; eux pensaient qu’il parlait du repos du sommeil. Alors il leur dit ouvertement : « Lazare est mort, et je me réjouis de n’avoir pas été là, à cause de vous, pour que vous croyiez. Mais allons auprès de lui ! » Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), dit aux autres disciples : « Allons-y, nous aussi, pour mourir avec lui ! »
À son arrivée, Jésus trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà. Comme Béthanie était tout près de Jérusalem – à une distance de quinze stades (c’est-à-dire une demi-heure de marche environ) –, beaucoup de Juifs étaient venus réconforter Marthe et Marie au sujet de leur frère. Lorsque Marthe apprit l’arrivée de Jésus, elle partit à sa rencontre, tandis que Marie restait assise à la maison. Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. Mais maintenant encore, je le sais, tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera. » Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. » Marthe reprit : « Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. » Jésus lui dit : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » Elle répondit : « Oui, Seigneur, je le crois : tu es le Christ, le Fils de Dieu, tu es celui qui vient dans le monde. » Ayant dit cela, elle partit appeler sa sœur Marie, et lui dit tout bas : « Le Maître est là, il t’appelle. » Marie, dès qu’elle l’entendit, se leva rapidement et alla rejoindre Jésus. Il n’était pas encore entré dans le village, mais il se trouvait toujours à l’endroit où Marthe l’avait rencontré. Les Juifs qui étaient à la maison avec Marie et la réconfortaient, la voyant se lever et sortir si vite, la suivirent ; ils pensaient qu’elle allait au tombeau pour y pleurer. Marie arriva à l’endroit où se trouvait Jésus. Dès qu’elle le vit, elle se jeta à ses pieds et lui dit : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. » Quand il vit qu’elle pleurait, et que les Juifs venus avec elle pleuraient aussi, Jésus, en son esprit, fut saisi d’émotion, il fut bouleversé, et il demanda : « Où l’avez-vous déposé ? » Ils lui répondirent : « Seigneur, viens, et vois. » Alors Jésus se mit à pleurer. Les Juifs disaient : « Voyez comme il l’aimait ! » Mais certains d’entre eux dirent : « Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle, ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? »
Jésus, repris par l’émotion, arriva au tombeau. C’était une grotte fermée par une pierre. Jésus dit : « Enlevez la pierre. » Marthe, la sœur du défunt, lui dit : « Seigneur, il sent déjà ; c’est le quatrième jour qu’il est là. » Alors Jésus dit à Marthe : « Ne te l’ai-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. » On enleva donc la pierre. Alors Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, je te rends grâce parce que tu m’as exaucé. Je le savais bien, moi, que tu m’exauces toujours ; mais je le dis à cause de la foule qui m’entoure, afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé. » Après cela, il cria d’une voix forte : « Lazare, viens dehors ! » Et le mort sortit, les pieds et les mains liés par des bandelettes, le visage enveloppé d’un suaire. Jésus leur dit : « Déliez-le, et laissez-le aller. » Beaucoup de Juifs, qui étaient venus auprès de Marie et avaient donc vu ce que Jésus avait fait, crurent en lui.
Patrick Braud

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