L'homelie du dimanche

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15 janvier 2018

Il était une fois Jonas…

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

Il était une fois Jonas…


Homélie pour le 3° Dimanche du temps ordinaire / Année B
21/01/2018

Cf. également :

De la baleine au ricin : Jonas, notre jalousie
Ruptures et continuités : les conversions à vivre pour répondre à un appel
Quand Dieu appelle
Rousseur et cécité : la divine embauche !
Jésus et les « happy few » : une autre mondialisation est possible

 

Il était une fois Jonas…

Il était une fois Jonas… dans Communauté spirituelle 9783314214134FSÇa commence comme une histoire que l’on raconte aux enfants, le soir, avant de s’endormir. Et c’est tout à fait cela : l’histoire de Jonas, c’est ce que les Juifs appellent un « midrash », c’est-à-dire un récit mi-réel mi-fictif, une de ces histoires qui font réfléchir petits et grands. Vous l’avez entendu dans la première lecture, et il faut le relire en entier (10’ minutes montre en main pour lire le livre de Jonas !) : quand les juifs racontent l’aventure de Jonas à leurs enfants, c’est pour leur faire découvrir que Dieu est plus grand que le peuple juif ; que le salut de Dieu est pour Ninive aussi, pour toutes les nations. Quand des chrétiens racontent Jonas à leurs enfants, c’est pour leur annoncer Jésus-Christ, le vrai Jonas ; et pour parler du baptême, le vrai poisson…

Rappelez-vous : Jonas est un prophète juif à qui Dieu demande d’aller avertir Ninive, la grande ville étrangère et païenne, pour qu’elle change de vie et soit sauvée. Or Jonas veut garder jalousement pour les Juifs le salut offert au peuple juif, et n’a aucune envie que Ninive soit sauvée… Alors il fuit ; il prend un bateau pour aller plus loin, à l’opposé de Ninive. Mais la tempête secoue le navire. Les marins réveillent Jonas qui dormait et lui demandent de l’aide. Il voit bien que c’est à cause de lui que la tempête se déchaîne, et demande librement à l’équipage de le jeter par-dessus bord pour apaiser l’océan déchaîné. Aussitôt fait. Un gros poisson qui passait par là avale Jonas, le préservant jonas baleine dans Communauté spirituelleainsi dans son ventre pendant 3 jours et 3 nuits. Puis il le recrache… comme par hasard sur la plage juste en face de Ninive ! Jonas comprend alors que Dieu est têtu pour sauver les païens. Il crie dans toute la ville : « Convertissez-vous ! ». Les gens l’écoutent. À la grande fureur de Jonas, Dieu accorde le salut à Ninive. C’est le fameux épisode de ricin : Jonas est dégoûté que Dieu soit si bon avec les méchants. Assis sous un plant de ricin, il contemple la ville en liesse. Le ricin se dessèche. Jonas attrape une insolation et maudit Dieu d’avoir laissé mourir le ricin. Alors Dieu lui dit : « Comment, Jonas, mon fils, tu pleures parce que le ricin s’est desséché, et tu n’aurais pas pleuré parce que Ninive aurait été détruite ? Sache que moi Dieu, j’ai plus de peine pour un humain qui se perd que pour une plante qui se fane »

2_j conversionVoilà l’histoire. Et vous devinez dans quel esprit les Juifs la racontent aujourd’hui : Jonas préfigure pour eux le peuple juif chargé d’annoncer à toutes les nations de se convertir au Dieu unique. Ce peuple a la nuque raide et n’obéit pas facilement à Dieu, mais c’est finalement grâce à lui que le salut parvient jusqu’aux extrémités de la terre.

Vous devinez également la lecture que nous, chrétiens, nous en faisons. Jonas, c’est Jésus qui est envoyé pour le salut du monde entier. Jonas endormi au fond sur le bois du bateau préfigure Jésus endormi dans la mort sur le bois de la Croix. L’interrogatoire de Jonas par les marins préfigure la comparution du Christ devant ses juges. Jonas se sacrifie librement : « Prenez-moi et jetez-moi à la mer » : Jésus donnera librement sa vie dans sa Passion choisie volontairement. « C’est lui, Jésus, le vrai Jonas, qui a donné sa vie pour nous racheter » (Ambroise de Milan, sur le psaume 43,85). La répugnance des marins de jeter Jonas à la mer annonce celle de Pilate qui hésite à livrer Jésus à la mort.


Plus encore, le séjour de Jonas dans le ventre du poisson, au milieu de la mer, préfigure la Passion-Résurrection du Christ et notre propre baptême ! Ecoutez St Augustin : « Jonas a été précipité du navire dans le ventre du monstre marin ; de même le Christ a été précipité du bois de la Croix dans le sépulcre, dans les profondeurs de la mort » (Epître 102, 6, 34 ) « Pourquoi Jonas fut-il reçu dans le ventre du monstre, puis rejeté le 3ème jour, sinon pour préfigurer le Christ revenant le 3ème jour des profondeurs de l’enfer ? » (Cité de Dieu, 18, 30, 2 ).

Jésus lui-même nous met sur la voie de cette lecture symbolique (Mt 12, 38-41 ) :
« Tout comme Jonas fut dans le monstre du ventre marin 3 jours et 3 nuits, ainsi le Fils de l’Homme sera dans le sein de la terre 3 jours et 3 nuits. Lors du Jugement, les habitants de Ninive se lèveront avec cette génération et ils la condamneront, car ils se sont convertis à la prédication de Jonas. Eh bien ! Ici, il y a plus que Jonas ».

Et on a lu dans l’immersion de Jonas 3 jours et 3 nuits la triple immersion des nouveaux baptisés dans l’eau pascale : par 3 fois, ils sont plongés, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

Pieter_Lastman_-_Jonah_and_the_Whale_-_Google_Art_Project Jonas

Comme beaucoup de prénoms dans la Bible, Jonas a une signification très belle. Jonas veut dire « colombe » en hébreu.
La colombe qui annonce la paix et l’Alliance. Et le bateau de Jonas ressemble à l’arche de Noé d’où s’est élancée la colombe de la paix.
La colombe annonce l’Esprit Saint. Et la prière de Jonas ressemble à la prière de Jésus sur qui repose la colombe de l’Esprit de Dieu lorsqu’il est plongé dans les eaux du Jourdain, lors de son baptême.
C’est ce même Esprit de Jésus qui nous rassemble, grand-parents, parents et petits-enfants, blancs ou noirs, sachant écrire ou sachant dessiner, pour faire de nous une seule famille, un seul corps, le Corps du Christ.

JonastempeteHure NiniveQuant à Ninive, c’est la figure de notre propre conversion : comme les païens de l’époque, cela nous arrive de courir après les idoles (l’argent, le pouvoir, le plaisir, l’individualisme…). Par le baptême, nous pouvons mourir à notre péché pour renaître à une vie nouvelle. Il n’est jamais trop tard pour écouter l’appel que nous lancent les prophètes d’aujourd’hui à changer de vie. À ne pas vouloir la guerre. À ne pas détruire notre planète. À bâtir une mondialisation où la réconciliation serait offerte à tous. Ninive, c’est l’Église, issue de toutes les nations sous le ciel. « Car il devait arriver que le monde entier serait transformé en une seule cité, quand croiraient au Christ des peuples de toutes nations » (Zénon, homélie 1,14.3).

Mondialisation spirituelle…

Nous sommes peu habitués à lire l’Ancien Testament à la lumière du Nouveau, à déchiffrer comment le Christ accomplit (et non pas abolit) cette première Alliance : le bateau de Jonas évoquait l’Église, la tempête apaisée par le sacrifice de Jonas annonçait la tempête apaisée sur le lac de Tibériade par la parole de Jésus, son plongeon annonçait le baptême, son rejet sur le rivage la Résurrection, Ninive symbolisait le passage de l’Église aux païens etc… Le fait qu’André et Pierre soient les fils d’un père nommé Jonas (Mt 16,17) n’est sans doute mentionné par hasard : Pierre fera passer l’Évangile au monde romain (cf. Pierre et le centurion romain Ac 10), André le fera passer au monde grec (cf. Jn 12, 20-24). Tous deux sont bien les enfants de Jonas, sauveur de la cité païenne de Ninive.

jpg_19._Mise_au_tombeau_petit poissonTapisserie de l’abbaye de la Chaise-Dieu :
le baptême, la mort de Jésus, Jonas jeté du bateau dans la gueule du poisson

Que Jonas nous aide à faire mémoire des baptêmes que nous avons vécu ensemble, dans notre paroisse, et de notre propre baptême. Par 3 fois nous avons été plongés sous l’eau, c’est pour renaître aujourd’hui à une nouvelle manière de vivre, à une conversion de nos existences. N’attendons pas la tempête ou la baleine ou l’avertissement de Jonas : c’est aujourd’hui que nous pouvons accueillir le Christ dans nos vies. Il est lui le vrai Jonas, englouti dans la mort mais victorieux de la mort, offrant à tous les peuples le salut et la vie.

 

Pour prier avec les enfants et leurs parents à partir de l’histoire de Jonas :

·      Seigneur Jésus, comme Jonas, je suis souvent râleur !

Tu m’appelles, et moi je boude, ou je me cache.
Mais voilà qu’aujourd’hui, tu m’invite à embarquer avec toi.
Ce bateau qui a finalement emmené Jonas vers la grande ville étrangère, c’est l’Église, ton Église Seigneur Jésus.
Merci de me demander d’embarquer avec toi, avec les autres enfants, avec nos familles.

·      On dit que le gros poisson qui a avalé Jonas, c’était une baleine.

Pourquoi pas ? En tout cas, il devait être très gros pour que Jonas puisse tenir debout à l’intérieur !

- D’un côté, ce poisson, il était gentil parce qu’il a sauvé Jonas de la noyade.
Merci Seigneur pour tous ceux qui m’aiment. Merci pour tous ceux qui me consolent et me soutiennent quand j’ai besoin d’aide.

- D’un autre côté, ce poisson, il était dangereux parce que, si Dieu ne lui avait pas demandé de relâcher Jonas, il aurait fini par le manger tout entier !
Pardon Seigneur : nous aussi, parents et enfants, comme la baleine, nous avons quelquefois envie de dévorer les autres… Aide-nous à nous respecter sans nous étouffer.

·      Dans le ventre du poisson, Jonas est resté 3 jours et 3 nuits.

Il était dans le noir. Son cœur était dans la nuit. Mais la prière a été sa lumière :
« De la nuit où j’étais, j’ai crié vers Dieu, et il m’a répondu ».
C’était pour annoncer Jésus, qui a prié son père même aux heures les plus sombres, même pendant les 3 jours et les 3 nuits du tombeau.
« De même, en effet, que Jonas fut dans le ventre du monstre marin durant trois jours et trois nuits, de même le Fils de l’homme sera dans le sein de la terre durant trois jours et trois nuits ».
Merci Seigneur Jésus d’avoir gardé allumée cette flamme de la prière tout au long de ta Passion. 

·      Ta Résurrection est pour nous le signe d’une espérance extraordinaire : la lumière est plus forte que la nuit, l’amour est plus fort que nos divisions, le pardon est plus grand que la violence.
Seigneur Jésus, tu vois les hommes qui se font la guerre : éclaire leur cœur. Qu’ils écoutent ta parole d’amour. Qu’ils retrouvent le chemin du pardon. Qu’ils bâtissent la Justice et la Paix !

·      « Ninive était une ville divinement grande : il fallait 3 jours pour la traverser », nous dit la Bible.
Jonas l’a traversé en un seul jour ! : c’était pour annoncer le Christ, qui a hâte de traverser le cœur de chacun pour l’aider à changer. C’était l’image de l’Église, qui aujourd’hui encore parcourt toute l’humanité, toutes les grandes villes du monde pour les appeler à accueillir l’amour de Dieu, et qui a bien besoin de se convertir elle aussi.
Seigneur Jésus, viens traverser nos villes et nos villages, les Ninive de ce temps qui attendent un signe d’espérance.
Seigneur Jésus, viens vite traverser mon cœur. 

·      « Jonas s’assit à l’orient de la ville, sous une hutte. Il s’assit dessous, à l’ombre, pour voir ce qui arriverait à la ville ».
Cette hutte fait de l’ombre à Jonas pour le protéger des coups de soleil !
Tu nous donnes souvent, Seigneur, des personnes qui nous protègent, qui nous aident à ne pas nous dessécher. Donne-nous d’être des « huttes de Jonas » les uns pour les autres. Que nos familles, notre Église soit un abri plein d’amour et de paix pour grandir en ta présence.

Ah ! Seigneur, je commence à comprendre ! Et si l’histoire de Jonas, c’était un peu notre histoire à nous ?

Tantôt râleurs, tantôt prophètes ;
des fois presque engloutis par l’épreuve, mais ressuscités à l’espérance ;
rencontrant plein de poissons amis ou dangereux ;
traversant notre monde avec un mélange d’amour et de peur ;
nous plaignant pour un ricin qui meurt, et oubliant que Dieu pleure pour un seul enfant malheureux…
Le signe de Jonas, c’est ta résurrection, Seigneur Jésus, où nous sommes délivrés, comme Jonas est délivré de la baleine pour aller sur un autre rivage…
Viens nous redire cette Bonne Nouvelle, cet Évangile de salut offert à tous les hommes.

 

 

LECTURES DE LA MESSE
PREMIÈRE LECTURE
« Les gens de Ninive se détournèrent de leur conduite mauvaise » (Jon 3, 1-5.10)

Lecture du livre de Jonas

La parole du Seigneur fut adressée de nouveau à Jonas : « Lève-toi, va à Ninive, la grande ville païenne, proclame le message que je te donne sur elle. » Jonas se leva et partit pour Ninive, selon la parole du Seigneur. Or, Ninive était une ville extraordinairement grande : il fallait trois jours pour la traverser. Jonas la parcourut une journée à peine en proclamant : « Encore quarante jours, et Ninive sera détruite ! » Aussitôt, les gens de Ninive crurent en Dieu. Ils annoncèrent un jeûne, et tous, du plus grand au plus petit, se vêtirent de toile à sac. En voyant leur réaction, et comment ils se détournaient de leur conduite mauvaise, Dieu renonça au châtiment dont il les avait menacés. – Parole du Seigneur.

PSAUME
(24 (25), 4-5ab, 6-7bc, 8-9)
R/ Seigneur, enseigne-moi tes chemins. (24, 4a) 

Seigneur, enseigne-moi tes voies,
fais-moi connaître ta route.
Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi,
car tu es le Dieu qui me sauve.

Rappelle-toi,Seigneur, ta tendresse,
ton amour qui est de toujours.
Dans ton amour, ne m’oublie pas,
en raison de ta bonté, Seigneur.

Il est droit, il est bon, le Seigneur,
lui qui montre aux pécheurs le chemin.
Sa justice dirige les humbles,
il enseigne aux humbles son chemin.

DEUXIÈME LECTURE
« Il passe, ce monde tel que nous le voyons » (1 Co 7, 29-31)
Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens

Frères, je dois vous le dire : le temps est limité. Dès lors, que ceux qui ont une femme soient comme s’ils n’avaient pas de femme, ceux qui pleurent, comme s’ils ne pleuraient pas, ceux qui ont de la joie, comme s’ils n’en avaient pas, ceux qui font des achats, comme s’ils ne possédaient rien, ceux qui profitent de ce monde, comme s’ils n’en profitaient pas vraiment. Car il passe, ce monde tel que nous le voyons.

ÉVANGILE
« Convertissez-vous et croyez à l’Évangile » (Mc 1, 14-20)
Alléluia. Alléluia.
Le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. Alléluia. (Mc 1, 15)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Après l’arrestation de Jean le Baptiste, Jésus partit pour la Galilée proclamer l’Évangile de Dieu ; il disait : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. »
Passant le long de la mer de Galilée, Jésus vit Simon et André, le frère de Simon, en train de jeter les filets dans la mer, car c’étaient des pêcheurs. Il leur dit : « Venez à ma suite. Je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes. » Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent.
Jésus avança un peu et il vit Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient dans la barque et réparaient les filets. Aussitôt, Jésus les appela. Alors, laissant dans la barque leur père Zébédée avec ses ouvriers, ils partirent à sa suite.
Patrick BRAUD

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8 janvier 2018

André, le Protoclet

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

André , le Protoclet

Homélie pour le 2° Dimanche du temps ordinaire / Année B
14/01/2018

Cf. également :

Libres ricochets…
Révéler le mystère de l’autre
Quel Éli élirez-vous ?


Elle est plus célèbre en Orient qu’en Occident.
Elle orne le pavillon de la marine russe depuis Pierre le Grand.
Elle était le signe de ralliement des partisans du duc de Bourgogne, et à ce titre, s’est répandu dans les territoires du royaume d’Espagne et du saint empire romain germanique à travers toute l’Europe.
Elle est l’emblème d’un grade supérieur de la maçonnerie de rite écossais.

Elle, c’est la croix dite de saint André. Une croix en forme de X, selon les récits du martyr du frère de Pierre rapporté par la tradition :

André, le Protoclet dans Communauté spirituelle st%20andr%E9- Le proconsul Egéatus : Serais-tu cet André qui détruit les temples des dieux, et conseille au peuple cette nouvelle foi magique, que les empereurs de Rome ordonnent de détruire ?

- André : Les empereurs de Rome ignorent comment le Fils de Dieu est venu dans le monde pour le salut des hommes, et comment Il a clairement démontré que les idoles ne sont pas des dieux, mais des démons impies et hostiles au genre humain. Ces démons incitent les hommes à fâcher Dieu, pour qu’Il se détourne et cesse de les écouter. Et lorsque Dieu, irrité, se détourne des hommes, les démons les séduisent et les leurrent à loisir, afin qu’une fois leur corps déposé, ils ne puissent emporter rien d’autre avec eux que leurs péchés !

- Lorsque votre Jésus a prêché ces paroles de bonne femme, les juifs L’ont cloué sur la croix !

- Si seulement tu voulais connaître le mystère de la croix… Par amour pour nous, le Créateur du genre humain a souffert sur la croix, non pas sous la contrainte, mais de Sa propre volonté ! J’en suis moi- même témoin. Il a prédit devant nous Sa passion et Sa résurrection au troisième jour. Alors qu’Il était assis avec nous pour le dernier repas, Il a désigné le traître, parlant du futur aussi clairement qu’on évoque le passé. Puis Il s’est rendu volontairement sur les lieux de la trahison, afin de tomber entre les mains des juifs.

- Je suis étonné qu’un sage puisse suivre quelqu’un qui accepte la crucifixion, volontairement ou non !

- Grand est le mystère de la croix ! Veux- tu l’entendre ? Je te l’exposerai !

- Ce n’est pas un mystère, mais un châtiment de criminel !

- Ce châtiment cache le renouvellement du genre humain. Mais daigne seulement m’écouter !

- Je t’écouterai patiemment, mais tu subiras toi aussi le « mystère » de la croix, si tu ne fais pas ce que j’ordonne !

- Si je craignais le châtiment, je n’aurais jamais glorifié la croix !

- C’est par folie que tu loues la croix, et par insolence que tu ne crains pas la mort !

- Je ne crains pas la mort, non par insolence, mais à cause de ma foi. Précieuse est la mort des saints, et funeste celle des pécheurs… Mais écoute donc le mystère de la croix ! Après avoir entendu la vérité, tu trouveras la foi. Et avec elle, tu pourras recouvrer ton âme.

Benoît XVI commentait :

« Comme on le voit, il y a là une très profonde spiritualité chrétienne, qui voit dans la croix non pas tant un instrument de torture, mais plutôt le moyen incomparable d’une pleine assimilation au Rédempteur, au grain de blé tombé en terre » (audience générale du Mercredi 14 juin 2006).

Saint André, patron de la Russie, de l’Écosse, et de la basilique de Constantinople, est une figure évangélique qui est en Occident a souffert de l’ombre de Pierre. Pourtant, au début, Constantinople était aussi prestigieuse que Rome. Et les deux patriarcats formaient avec Jérusalem, Antioche et Alexandrie ce qu’on appelle une pentarchie, c’est-à-dire un réseau de cinq patriarcats où les différentes cultures développaient leur génie propre avec équilibre, dans l’autonomie et la communion tout à la fois.

 

Le Protoclet

Libres ricochets… dans Communauté spirituelle 102awebAndré est dans l’évangile de ce dimanche le premier appelé (Protoclet en grec) à suivre le Christ (l’Esprit Saint est appelé Paraclet, parce qu’il est appelé aux côtés de – para - à la manière d’un avocat assistant un accusé). Son nom est grec : il vient de andros (homme) et signifie courageux, viril. Il va symboliser le passage de la foi chrétienne au monde grec : sa philosophie, son amour de la démocratie, son sens de la collégialité.

Avec Jean, avant Pierre, André est donné par Jean-Baptiste à Jésus. Il accepte ce changement de maître, imprévu et déconcertant. Il prend le temps de demeurer avec le rabbi de Nazareth, selon son invitation : « venez et voyez ».

« André amena son frère à Jésus » (Jn 1, 40-43), démontrant immédiatement un esprit apostolique peu commun. André fut donc le premier des Apôtres à être appelé à suivre Jésus. C’est précisément sur cette base que la liturgie de l’Église byzantine l’honore par l’appellation de Protóklitos (Protoclet), qui signifie précisément « premier appelé ». Et il est certain que c’est également en raison du rapport fraternel entre Pierre et André que l’Église de Rome et l’Église de Constantinople se sentent de manière particulière des Églises-sœurs. (Benoît XVI, audience générale du Mercredi 14 juin 2006)

Avec André, c’est le monde grec et qui frappe à la porte de l’Église. Jean en témoigne un peu plus loin :

Il y avait quelques Grecs qui étaient montés pour adorer à l’occasion de la fête. Ils s’adressèrent à Philippe qui était de Bethsaïda de Galilée et ils lui firent cette demande:  » Seigneur, nous voudrions voir Jésus. » Philippe alla le dire à André et ensemble ils le dirent à Jésus.
Jésus leur répondit en ces termes:  » Elle est venue, l’heure où le Fils de l’homme doit être glorifié.
En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé qui tombe en terre ne meurt pas, il reste seul; si au contraire il meurt, il porte du fruit en abondance. (Jn 12, 20-24).

Benoît XVI à nouveau commente :

« Que signifient ces paroles dans ce contexte ? Jésus veut dire: Oui, ma rencontre avec les Grecs aura lieu, mais pas comme un simple et bref entretien entre moi et quelques personnes, poussées avant tout par la curiosité. Avec ma mort, comparable à la chute en terre d’un grain de blé, viendra l’heure de ma glorification. De ma mort sur la croix proviendra la grande fécondité: le « grain de blé mort » – symbole de ma crucifixion – deviendra dans la résurrection pain de vie pour le monde; elle sera lumière pour les peuples et les cultures. Oui, la rencontre avec l’âme grecque, avec le monde grec, se réalisera à ce niveau auquel fait allusion l’épisode du grain de blé qui attire à lui les forces de la terre et du ciel et qui devient pain. En d’autres termes, Jésus prophétise l’Église des Grecs, l’Église des païens, l’Église du monde comme fruit de sa Pâque.

MapRome André dans Communauté spirituelle

Des traditions très antiques voient André, qui a transmis aux Grecs cette parole, non seulement comme l’interprète de plusieurs Grecs lors de la rencontre avec Jésus que nous venons de rappeler, mais elles le considèrent comme l’apôtre des Grecs dans les années qui suivirent la Pentecôte; elles nous font savoir qu’au cours du reste de sa vie il fut l’annonciateur et l’interprète de Jésus dans le monde grec. Pierre, son frère, de Jérusalem en passant par Antioche, parvint à Rome pour y exercer sa mission universelle; André fut en revanche l’Apôtre du monde grec: ils apparaissent ainsi de véritables frères dans la vie comme dans la mort – une fraternité qui s’exprime symboliquement dans la relation spéciale des Sièges de Rome et de Constantinople, des Églises véritablement sœurs. »

André est passé de Jean-Baptiste, le dernier prophète de l’Ancien Testament, à Jésus, premier prophète du Nouveau. Il aidera l’Église à passer de l’univers juif à la sagesse grecque. Après la Pentecôte, il partit prêcher l’Évangile, au cours d’un long voyage, tout autour des côtes de la mer Noire. Ses voyages l’amenèrent en Bithynie (côte turque), à Éphèse, en Mésopotamie, en Ukraine actuelle, en Thrace (région entre le Bosphore et le Danube), à Byzance et finalement en Achaïe (région au nord du Péloponnèse), où il finit crucifié, sous l’empereur Néron, à Patras (Grèce) en l’an 60.

Les latins comprendront mal l’évolution ultérieure de Byzance – Constantinople fondée par André. À tel point que les Croisés, lors du triste saccage de Constantinople de la 4° croisade en 1204 – pillages et tueries impardonnables de frères chrétiens – volèrent des reliques de l’apôtre et ramenèrent fièrement son crâne en Italie. Ce vol manifeste dura des siècles, au grand dam légitime des orientaux. Il aura fallu le génie de charité de saint Paul VI pour remettre en 1964 à l’évêque de Patras le crâne d’André qui n’aurait jamais dû quitter la Grèce.

André est ainsi un emblème de l’œcuménisme entre les deux églises-sœurs de Constantinople et Rome. La fameuse icône représentant les deux frères Pierre et André unis affectueusement fut offerte par le patriarche Athénagoras à Paul VI lors de leur rencontre historique pour la fête de l’Épiphanie en 1964, en plein concile Vatican II.

FrancoisBartholomeeAndrePierre Athénagoras

Pierre fut crucifié la tête en bas car il ne se jugeait pas digne de subir le même supplice que son Seigneur. Son frère André fut attaché sur une autre croix et mit deux jours à en mourir, exposé à la foule. Il ne faisait pas bon être pape ou évêque en ces temps-là…

André le Protoclet peut inspirer aux catholiques le courage de la foi comme tous les martyrs. Mais sa place est unique pour nous inviter encore aujourd’hui à tenir compte du monde grec, le monde de la raison, de la philosophie, des cités démocratiques et du sens de l’invisible. Bien sûr, les femmes et les esclaves, les non-citoyens ne participaient pas à la démocratie grecque. Bien sûr, les Églises grecques ont toujours joué des jeux dangereux d’alliance et de compromis avec les pouvoirs politiques en place quels qu’ils soient. Mais sans André, sans la note grecque, l’Église perdrait un frère aussi grand que Pierre, Rome serait trop latine, le corps du Christ ne respirerait plus que d’un seul poumon.

 

Qui est votre Protoclet ?

Jean-Baptiste a appelé André et Jean à suivre Jésus. Puis André a appelé Pierre. L’appel de Dieu rebondit ainsi de personne en personne, par de libres ricochets dont lui seul a le secret.

Et vous, qui a été le premier à vous appeler à la foi ?

Qui avait assez de proximité fraternelle avec vous pour venir vous chercher et vous répercuter l’appel du Christ : « viens et vois » ?

Faites mémoire des Andrés qui vous ont précédé, et qui vous ont transmis l’appel à croire, librement et de manière fondée : « viens et vois »

 

 

Lectures de la messe
Première lecture
« Parle, Seigneur, ton serviteur écoute » (1 S 3, 3b-10.19)

Lecture du premier livre de Samuel

En ces jours-là, le jeune Samuel était couché dans le temple du Seigneur à Silo, où se trouvait l’arche de Dieu. Le Seigneur appela Samuel, qui répondit : « Me voici ! » Il courut vers le prêtre Éli, et il dit : « Tu m’as appelé, me voici. » Éli répondit : « Je n’ai pas appelé. Retourne te coucher. » L’enfant alla se coucher. De nouveau, le Seigneur appela Samuel. Et Samuel se leva. Il alla auprès d’Éli, et il dit : « Tu m’as appelé, me voici. » Éli répondit : « Je n’ai pas appelé, mon fils. Retourne te coucher. » Samuel ne connaissait pas encore le Seigneur, et la parole du Seigneur ne lui avait pas encore été révélée.
De nouveau, le Seigneur appela Samuel. Celui-ci se leva. Il alla auprès d’Éli, et il dit : « Tu m’as appelé, me voici. » Alors Éli comprit que c’était le Seigneur qui appelait l’enfant, et il lui dit : « Va te recoucher, et s’il t’appelle, tu diras : “Parle, Seigneur, ton serviteur écoute.” » Samuel alla se recoucher à sa place habituelle. Le Seigneur vint, il se tenait là et il appela comme les autres fois : « Samuel ! Samuel ! » Et Samuel répondit : « Parle, ton serviteur écoute. »
Samuel grandit. Le Seigneur était avec lui, et il ne laissa aucune de ses paroles sans effet.

Psaume
(39 (40), 2abc.4ab, 7-8a, 8b-9, 10cd.11cd)
R/ Me voici, Seigneur, je viens faire ta volonté. (cf. 39, 8a.9a)

D’un grand espoir, j’espérais le Seigneur : il s’est penché vers moi.
En ma bouche il a mis un chant nouveau, une louange à notre Dieu.

Tu ne voulais ni offrande ni sacrifice, tu as ouvert mes oreilles ;
tu ne demandais ni holocauste ni victime, alors j’ai dit : « Voici, je viens.
« Dans le livre, est écrit pour moi ce que tu veux que je fasse.

Mon Dieu, voilà ce que j’aime : ta loi me tient aux entrailles. »
Vois, je ne retiens pas mes lèvres, Seigneur, tu le sais.
J’ai dit ton amour et ta vérité à la grande assemblée.

Deuxième lecture
« Vos corps sont les membres du Christ » (1 Co 6, 13c-15a. 17-20)

Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens

Frères, le corps n’est pas pour la débauche, il est pour le Seigneur, et le Seigneur est pour le corps ; et Dieu, par sa puissance, a ressuscité le Seigneur et nous ressuscitera nous aussi. Ne le savez-vous pas ? Vos corps sont les membres du Christ. Celui qui s’unit au Seigneur ne fait avec lui qu’un seul esprit. Fuyez la débauche. Tous les péchés que l’homme peut commettre sont extérieurs à son corps ; mais l’homme qui se livre à la débauche commet un péché contre son propre corps.
Ne le savez-vous pas ? Votre corps est un sanctuaire de l’Esprit Saint, lui qui est en vous et que vous avez reçu de Dieu ; vous ne vous appartenez plus à vous-mêmes, car vous avez été achetés à grand prix. Rendez donc gloire à Dieu dans votre corps.

Évangile
« Ils virent où il demeurait, et ils restèrent auprès de lui » (Jn 1, 35-42)
Alléluia. Alléluia. En Jésus Christ, nous avons reconnu le Messie : par lui sont venues la grâce et la vérité. Alléluia. (cf. Jn 1, 41.17)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là, Jean le Baptiste se trouvait avec deux de ses disciples. Posant son regard sur Jésus qui allait et venait, il dit : « Voici l’Agneau de Dieu. » Les deux disciples entendirent ce qu’il disait, et ils suivirent Jésus. Se retournant, Jésus vit qu’ils le suivaient, et leur dit : « Que cherchez-vous ? » Ils lui répondirent : « Rabbi – ce qui veut dire : Maître –, où demeures-tu ? » Il leur dit : « Venez, et vous verrez. » Ils allèrent donc, ils virent où il demeurait, et ils restèrent auprès de lui ce jour-là. C’était vers la dixième heure (environ quatre heures de l’après-midi).
André, le frère de Simon-Pierre, était l’un des deux disciples qui avaient entendu la parole de Jean et qui avaient suivi Jésus. Il trouve d’abord Simon, son propre frère, et lui dit : « Nous avons trouvé le Messie » – ce qui veut dire : Christ. André amena son frère à Jésus. Jésus posa son regard sur lui et dit : « Tu es Simon, fils de Jean ; tu t’appelleras Kèphas » – ce qui veut dire : Pierre.
Patrick BRAUD

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1 janvier 2018

ÉPIPHANIE : Êtes-vous fabophile ?

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

ÉPIPHANIE : Êtes-vous fabophile ?


Homélie pour la fête de l’Épiphanie / Année B
07/01/2018

Cf. également :

Épiphanie : l’économie du don
Épiphanie : Pourquoi offrir des cadeaux ?
Le potlatch de Noël
Épiphanie : qu’est-ce que l’universel ?
L’Épiphanie, ou l’éloge de la double culture
L’inquiétude et la curiosité d’Hérode
Éloge de la mobilité épiphanique
La sagesse des nations


Ingrédients pour recette épiphanique…


Êtes-vous fabophile ?
Cette fête de l’Épiphanie pourrait vous y inciter…
Fabophile se dit de quelqu’un qui collectionne les fèves, et il y a des passionnés !
* Mais pourquoi les fèves vont-elles bien avec l’Épiphanie ?

Il faut se souvenir qu’à Rome, en Janvier, on fêtait les Saturnales.
Le peuple élisait pour ces festivités
un roi de dérision, pris parmi les esclaves ou les criminels, le roi d’un jour. On l’élisait en votant comme on le faisait pour les votes romains : en déposant une fève dans l’urne.
Fève blanche pour le oui, fève noire pour le non (ça pourrait re-servir dans les prochaines élections…).
Les chrétiens des premiers siècles ont essayé d’évangéliser ces fêtes païennes : l’Épiphanie remplace les Saturnales, la fève sert désormais à ‘tirer les rois’.

ÉPIPHANIE : Êtes-vous fabophile ? dans Communauté spirituelle fc3a8vesLe symbolisme de cette fève est d’ailleurs rehaussé du fait que c’est la première légumineuse récoltée dans le jardin, annonçant la renaissance du printemps. Et regardez bien une bonne fève de chez nous (celle qu’on mange en ‘croque au sel’ !), vous verrez qu’elle a la forme… d’un embryon ! Le lien avec l’enfant de la crèche, ou la renaissance de Pâque qu’annonce Noël, est alors troublante… Les Égyptiens n’appelaient pas d’ailleurs leurs cimetières des ‘cimetières’ (‘dortoirs’ en grec), mais des « champs de fèves » : les corps déposés-là étaient comme des embryons attendant la renaissance…

I-Moyenne-22043-feve-aguadulce-a-tres-longue-cosse-ab.net encens dans Communauté spirituelleReste que cette fève, maintenant remplacée par du plastique ou de la porcelaine, est glissée dans le fameux gâteau de l’Épiphanie, frangipane ou couronne briochée.
Pour que le partage soit équitable, le plus jeune de la famille se glisse sous la table et désigne le nom de chacun lorsqu’on lui demande : « c’est pour qui ? ». Le petit dernier des enfants attend ce moment avec bonheur. Sans compter la part du pauvre, qu’il fallait garder intacte, au cas où…

L’Épiphanie, c’est un peu tout cela, et bien plus encore !
Les coutumes populaires sont précieuses pour ne pas perdre le goût de chaque fête… La foi a besoin de cette culture populaire, de ces coutumes familiales, pour ne pas devenir élitiste, car l’Épiphanie, c’est le Christ manifesté à tous !

Continuons dans notre visite des incontournables de l’Épiphanie
* Les 3 rois Mages par exemple !
Vous avez entendu l’Évangile : il n’est pas dit qu’ils soient rois, ni qu’ils soient trois, on dit seulement : « des mages venus d’Orient ».
Des mages :
pensez à
magique, magiciens… Ce sont les savants de l’époque, la NASA des païens. Tout savants qu’ils sont, ils viennent s’incliner devant l’enfant de la crèche.
L’Épiphanie, c’est la sagesse et la science humaine qui vivent en harmonie avec la foi.
La raison salue la foi et les 2 avancent ensemble…

 

- Puis, dans l’histoire, ces mages sont très vite devenus trois.

Parce qu’il y avait 3 cadeaux peut-être.

Sans doute aussi parce que à l’époque on pensait qu’il y avait 3 continents. Alors, pour signifier l’universalité de Noël, on a représenté toute l’humanité à travers ces 3 mages ; et la tradition a précisé : l’européen Melchior apportait l’or,  l’asiatique Gaspard apportait la myrrhe (l’Asie de l’époque recouvrait en gros la Turquie actuelle et au-delà : d’où un visage semblable à l’européen), l’Africain Balthasar apportait l’encens.

Aujourd’hui il faudrait représenter 5 Mages au moins, aux visages des 5 continents…


- Et ces 3 Mages sont devenus 3 rois.

Sans doute à partir du 9ème siècle, où les controverses entre le spirituel et le temporel devinrent épiques. Entre le Pape et les empereurs, la bataille était si rude que transformer les Mages en rois montrait bien que le pouvoir politique devait reconnaître ses limites devant le pouvoir spirituel…
L’Épiphanie devenait alors l’évangélisation du politique, qui se grandit en reconnaissant que cet enfant est plus grand que lui. 
Évangélisation non terminée…

noms des Rois mages.jpg

* Et les 3 cadeaux ?

Ils signifiaient sans doute que Jésus était bien le Messie annoncé par les Écritures.
Messie – Grand Prêtre, on lui offre de l’encens comme au Temple de Jérusalem.
Roi-Messie, on lui offre de l’or, présent royal.
Messie-Prophète, on lui offre la myrrhe, qui annonce prophétiquement l’embaumement de son corps après la Passion. Les baptisés qui regardent ces 3 coffrets sur les tableaux se souviennent alors que l’huile du baptême a fait d’eux aussi des prêtres, des prophètes et des rois.

Au temps des querelles des premiers siècles, on a vu également dans ces 3 présents la preuve que Jésus est bien vrai Dieu et vrai Homme. St Léon le Grand, pape du V° siècle, atteste :« ils offrent de l’encens comme à Dieu, de la myrrhe comme à l’homme, de l’or comme au roi, conscients d’honorer dans l’unité la nature divine et la nature humaine »- (1er Sermon pour Épiphanie).

Bref, ces 3 cadeaux, c’est la foi en Jésus vrai Dieu et vrai Homme, c’est notre triple dignité de baptisés, prêtres, prophètes et rois.
St Bernard avait un peu oublié tout cela au 12ème siècle ! Il écrivait : « ils offrirent de l’or à la Ste Vierge pour soulager sa détresse, de l’encens pour chasser la puanteur de l’étable, de la myrrhe pour fortifier les membres de l’enfant et pour expulser de hideux insectes » (cité dans la ‘Légende dorée’ de Jacques Voragine, 13ème siècle). Un micro-crédit, un désodorisant, un insecticide… ! Nos 3 cadeaux valent mieux que cela…

_mages_83849_9wmages Epiphanie

* Un dernier mot sur l’étoile :

Elle représente la science astrologique d’alors, et aussi la croyance dans le destin écrit dans les astres. Or, en s’arrêtant à Jérusalem, l’étoile reconnaît avoir besoin de l’Écriture pour aller plus loin. À l’heure où nombre de citoyens se fient à leurs horoscopes, à leurs voyants et autres thèmes astraux, l’étoile de l’Épiphanie nous demande de considérer avec bienveillance la recherche des Mages modernes, qui cherchent Dieu à travers tous les savoirs et thérapies alternatives qui fleurissent aujourd’hui, et en même temps d’oser proposer l’Écriture comme révélation pour aller plus loin.
Mieux vaut chercher une étoile dans le ciel que de ne rien attendre de la vie ; mais quel dommage si personne ne propose à ces chercheurs de Dieu d’ouvrir la Bible pour aller plus loin que la seule sagesse humaine… !

 fabophile

Impossible de tout dire ! Il faudrait notamment parler de la date du 6 Janvier, du lien entre Noël – Épiphanie – Noces de Cana et Baptême du Seigneur… mais ce sera pour une autre fois !

Que cette belle fête de l’Épiphanie nous régale de la joie de Noël offerte à toute l’humanité…

 

 

LECTURES DE LA MESSE
PREMIÈRE LECTURE
« La gloire du Seigneur s’est levée sur toi » (Is 60, 1-6)
Lecture du livre du prophète Isaïe

Debout, Jérusalem, resplendis ! Elle est venue, ta lumière, et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi. Voici que les ténèbres couvrent la terre, et la nuée obscure couvre les peuples. Mais sur toi se lève le Seigneur, sur toi sa gloire apparaît. Les nations marcheront vers ta lumière, et les rois, vers la clarté de ton aurore. Lève les yeux alentour, et regarde : tous, ils se rassemblent, ils viennent vers toi ; tes fils reviennent de loin, et tes filles sont portées sur la hanche. Alors tu verras, tu seras radieuse, ton cœur frémira et se dilatera. Les trésors d’au-delà des mers afflueront vers toi, vers toi viendront les richesses des nations. En grand nombre, des chameaux t’envahiront, de jeunes chameaux de Madiane et d’Épha. Tous les gens de Saba viendront, apportant l’or et l’encens ; ils annonceront les exploits du Seigneur. 

PSAUME
(71 (72), 1-2, 7-8, 10-11, 12-13)
R/ Toutes les nations, Seigneur,  se prosterneront devant toi. cf. 71,11

Dieu, donne au roi tes pouvoirs,
à ce fils de roi ta justice.
Qu’il gouverne ton peuple avec justice,
qu’il fasse droit aux malheureux !

En ces jours-là, fleurira la justice,
grande paix jusqu’à la fin des lunes !
Qu’il domine de la mer à la mer,
et du Fleuve jusqu’au bout de la terre !

Les rois de Tarsis et des Îles apporteront des présents.
Les rois de Saba et de Seba feront leur offrande.
Tous les rois se prosterneront devant lui,
tous les pays le serviront.

Il délivrera le pauvre qui appelle
et le malheureux sans recours.
Il aura souci du faible et du pauvre,
du pauvre dont il sauve la vie.

DEUXIÈME LECTURE
« Il est maintenant révélé que les nations sont associées au même héritage, au partage de la même promesse » (Ep 3, 2-3a.5-6)
Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens

Frères, vous avez appris, je pense,  en quoi consiste la grâce que Dieu m’a donnée pour vous :  par révélation, il m’a fait connaître le mystère.  Ce mystère n’avait pas été porté à la connaissance  des hommes des générations passées,  comme il a été révélé maintenant  à ses saints Apôtres et aux prophètes,  dans l’Esprit.  Ce mystère,  c’est que toutes les nations sont associées au même héritage,  au même corps,  au partage de la même promesse,  dans le Christ Jésus,  par l’annonce de l’Évangile.  –

ÉVANGILE
Nous sommes venus d’Orient adorer le roi (Mt 2, 1-12)
Alléluia. Alléluia. Nous avons vu son étoile à l’orient, et nous sommes venus adorer le Seigneur. Alléluia. (cf. Mt 2, 2)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui. » En apprenant cela, le roi Hérode fut bouleversé, et tout Jérusalem avec lui. Il réunit tous les grands prêtres et les scribes du peuple, pour leur demander où devait naître le Christ. Ils lui répondirent : « À Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète : Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Juda, car de toi sortira un chef, qui sera le berger de mon peuple Israël. » Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue ; puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant. Et quand vous l’aurez trouvé, venez me l’annoncer pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui. » Après avoir entendu le roi, ils partirent.
Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient les précédait, jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit où se trouvait l’enfant. Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie. Ils entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe.
Mais, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.
Patrick BRAUD

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