L'homelie du dimanche

30 décembre 2017

Non-voeux, ou voeux ignaciens

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 9 h 38 min

Non-VŒUX, ou VŒUX IGNACIENS


I wish you love…

C’est le titre d’un célèbre standard du jazz, et c’est aussi mes vœux pour 2018.
Je vous souhaite l’amour avant toute chose, en famille, entre amis, au travail même (car il peut y avoir une certaine forme d’amour au travail !).

Je ne vous souhaite pas bonne année, car qui peut savoir ce qu’est une année bonne ? Des années après, tel événement qui paraissait être une catastrophe peut se révéler être une renaissance ; tel succès apparent devient en réalité un piège ; telle réussite est tellement superficielle qu’elle disparaît bien vite dans les oubliettes de l’histoire.
Je ne vous souhaite pas non plus une mauvaise année, car il n’y a pas besoin d’aller au-devant des ennuis pour progresser…


Je ne vous souhaite pas la santé, car il y a plein de gens en bonne santé qui crèvent de manque d’amour, alors qu’il y a beaucoup de gens malades qui mesurent l’amour de leurs proches et de Dieu dans leur faiblesse même.
Je ne vous souhaite pas la maladie non plus, car elle n’apporte pas automatiquement la compassion et la solidarité.

 

* Je ne vous souhaite pas la richesse, car elle éloigne souvent de la fraternité avec les plus démunis, et elle devient vite un petit dieu à part entière.
Je ne vous souhaite pas non plus des difficultés d’argent, car elles peuvent facilement ruiner un couple, une famille, et nous rabaisser au rang d’animaux cherchant juste à survivre.

 

* Finalement, ces « non-vœux » ont une couleur très ignacienne.

La « sainte indifférence » ignacienne prescrit en effet de ne pas rechercher telle chose plutôt que telle autre (ce qui revient en fait à instrumentaliser Dieu au lieu de l’aimer), mais d’accueillir ce qui arrive pour y discerner ce qui conduit à notre épanouissement ultime.
Ignace de Loyola écrivait (en 1548) :

« Nous devons nous comporter sans faire de différence entre toutes les choses créées, en sorte que, pour ce qui est de nous, nous ne cherchions pas la santé plus que la maladie, ni ne préférions la richesse à la pauvreté, l’honneur au mépris, une vie longue à une vie brève. Mais, de toutes ces choses, il convient de choisir et de désirer celles-là seulement qui conduisent à la fin (= au but ultime). »

Comme la « fin » de toute chose, c’est l’amour, I wish you love…

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