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20 décembre 2015

Noël : solstices en tous genres

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

Noël : solstices en tous genres

 

Cf. également :

Noël : Il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune…

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La bienveillance de Noël

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Noël : « On vous écrira… »

 

Homélie de Noël / Année C
24/12/2015

 

« Il a choisi le jour le plus court de l’année pour rappeler que le Verbe de Dieu s’était rapetissé.
Il a choisi le jour à partir duquel les autres jours commencent à grandir, car il fera grandir toutes choses ». (saint Augustin : sermon CXCII 3). 

Solstice d’hiver

Saint Augustin sait bien que l’Église ignore le jour exact de la naissance de Jésus. Mais il sait également pourquoi elle a choisi le 24 décembre pour fêter Noël, la Nativité. La vérité symbolique est ici plus importante que la vérité factuelle ! Le solstice d’hiver est la date la plus riche de sens pour célébrer la venue du Verbe de Dieu parmi nous. Pourquoi ? À cause de ce parallèle que développe saint Augustin, et que tous les baptisés du III° siècle faisaient instinctivement. Les jours sont au plus bas au solstice d’hiver. De même le Verbe de Dieu, lumière sortant de la divinité, vient au plus bas de notre humanité. Il se fait le plus petit, le plus petit jour de l’année. Il vient affronter les ténèbres au moment où elles sont à leur maximum, signe que le combat contre le mal est au coeur de sa mission, un mal gigantesque et menaçant, qu’il commence pourtant à faire reculer par le seul fait de naître, de n’être là que pour offrir gratuitement l’amour de Dieu.

Le solstice de décembre est donc le signe du solstice divin, où Dieu lui-même se rapetisse en quelque sorte pour épouser notre humanité, et la faire grandir ensuite de l’intérieur.

Car les jours recommencent à devenir plus longs que les nuits à partir du 25 décembre. C’est donc que le but de l’Incarnation est d’augmenter notre humanité, qualitativement et quantitativement, jusqu’à ce qu’elle soit portée aux dimensions de Dieu lui-même. Le Christ a épousé la condition des petits, en naissant anonyme, sur la paille, reconnu seulement de quelques nomades peu aimés du peuple.

C’était pour que tous les petits de ce monde retrouvent en lui la grandeur de leur dignité humaine, la splendeur de leur condition d’enfants de Dieu, la taille adulte de l’homme nouveau inauguré par le Christ.

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Là où le solstice naturel ne remporte qu’une victoire éphémère – car le calendrier cyclique connaîtra l’autre solstice de juin où tout s’inverse – le calendrier chrétien ose affirmer que la naissance de cet enfant est la victoire définitive de la lumière sur l’obscurité. Pas besoin de recommencer chaque année à faire ‘comme si’ on passait d’un solstice à l’autre. C’est fait une fois pour toutes.

Depuis Noël, la lumière du Christ ne cesse de gagner sur les ténèbres du mal, les petits parmi les humains ne cessent d’être élevés par Dieu, agrandis jusqu’à commencer à devenir Dieu dès maintenant et un jour en plénitude.

 

Solstice christique

Regardez attentivement les façades de nos églises romanes du XI°-XIII° siècle, dans le Sud-Ouest et le Sud de la France notamment. Vous retrouverez très souvent une disposition particulière de personnages sculptés sur l’arc du zodiaque (les 12 signes des mois de l’année) qui ornent la plupart des frontons. Au lieu d’avoir le cancer, symbolisé par un crabe se mouvant tangentiellement à droite et à gauche au sommet de l’arc, vous avez à sa place une simple pierre, nue, sans fioritures, qui s’intercale dans la succession des signes des mois de l’année. C’est une manière de dire au signe du cancer : pousse-toi de là, ce n’est pas toi le sommet du temps ! C’est le Christ : pierre angulaire du temps humain, et non les astres. L’accomplissement du temps n’est pas dans l’horoscope, ni dans la sacralisation de la nature : le Christ est le point Oméga du temps vers lequel convergent toutes les forces naturelles et humaines.

Solstice christique Cognac 2

L’évangélisation du solstice païen

Pour situer Noël aux 24 décembre au soir, l’Église a également pris en compte les fêtes païennes qui se déroulaient à Rome à cette période de l’année. Suivant la logique évangélique où le Christ dit vouloir accomplir plutôt qu’abolir, elle se dit que l’attente du renouveau manifestée dans ces saturnales pouvait fort bien se greffer sur l’espérance liée à Noël. Ce que les fêtes païennes pressentaient, sans pouvoir s’extraire de la fascination de la nature, la foi chrétienne le magnifie en reportant sur la naissance du Christ ce symbolisme des jours au plus bas reprenant vigueur et force contre la nuit.

Les orthodoxes quant à eux, sans doute moins marqués par les fêtes romaines, préfèrent fêter Noël en même temps que l’Épiphanie, la manifestation du Messie aux cultures de tous pays.

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Saturnales romaines

 

Solstice divino-humain

Reste que pour nous catholiques, fêter Noël la nuit du 24 décembre oblige à nous engager dans le combat contre le mal sous toutes ses formes, à épouser la condition des plus humbles de la terre pour les faire grandir jusqu’à Dieu.

« Il a choisi le jour le plus court de 1′année pour rappeler que le Verbe de Dieu s’était rapetissé.
Il a choisi le jour à partir duquel les autres jours commencent à grandir, car il fera grandir toutes choses ».

Noël : solstices en tous genres dans Communauté spirituelle solstice-hiver 

Que chacun s’examine pour voir à quel engagement la crèche de Noël peut le conduire !

 

MESSE DE LA NUIT

1ère lecture : « Un enfant nous est né » (Is 9, 1-6)
Lecture du livre du prophète Isaïe

Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; et sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi. Tu as prodigué la joie, tu as fait grandir l’allégresse : ils se réjouissent devant toi, comme on se réjouit de la moisson, comme on exulte au partage du butin. Car le joug qui pesait sur lui, la barre qui meurtrissait son épaule, le bâton du tyran, tu les as brisés comme au jour de Madiane. Et les bottes qui frappaient le sol, et les manteaux couverts de sang, les voilà tous brûlés : le feu les a dévorés.

 Oui, un enfant nous est né, un fils nous a été donné ! Sur son épaule est le signe du pouvoir ; son nom est proclamé : « Conseiller-merveilleux, Dieu-Fort, Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix. » Et le pouvoir s’étendra, et la paix sera sans fin pour le trône de David et pour son règne qu’il établira, qu’il affermira sur le droit et la justice dès maintenant et pour toujours. Il fera cela, l’amour jaloux du Seigneur de l’univers !

Psaume : Ps 95 (96), 1-2a, 2b-3, 11-12a, 12b-13a, 13bc

R/ Aujourd’hui, un Sauveur nous est né :
c’est le Christ, le Seigneur. (cf. Lc 2, 11)

Chantez au Seigneur un chant nouveau,
chantez au Seigneur, terre entière,
chantez au Seigneur et bénissez son nom !

De jour en jour, proclamez son salut,
racontez à tous les peuples sa gloire,
à toutes les nations ses merveilles !

Joie au ciel ! Exulte la terre !
Les masses de la mer mugissent,
la campagne tout entière est en fête.

Les arbres des forêts dansent de joie
devant la face du Seigneur, car il vient,
car il vient pour juger la terre.

Il jugera le monde avec justice
et les peuples selon sa vérité.

2ème lecture : « La grâce de Dieu s’est manifestée pour tous les hommes » (Tt 2, 11-14)
Lecture de la lettre de saint Paul apôtre à Tite

Bien-aimé, la grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes. Elle nous apprend à renoncer à l’impiété et aux convoitises de ce monde, et à vivre dans le temps présent de manière raisonnable, avec justice et piété, attendant que se réalise la bienheureuse espérance : la manifestation de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur, Jésus Christ. Car il s’est donné pour nous afin de nous racheter de toutes nos fautes, et de nous purifier pour faire de nous son peuple, un peuple ardent à faire le bien.

Evangile : « Aujourd’hui vous est né un Sauveur » (Lc 2, 1-14)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. 
Je vous annonce une grande joie : Aujourd’hui vous est né un Sauveur
qui est le Christ, le Seigneur ! Alléluia. (cf. Lc 2, 10-11)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

 En ces jours-là, parut un édit de l’empereur Auguste, ordonnant de recenser toute la terre – ce premier recensement eut lieu lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie. Et tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville d’origine. Joseph, lui aussi, monta de Galilée, depuis la ville de Nazareth, vers la Judée, jusqu’à la ville de David appelée Bethléem. Il était en effet de la maison et de la lignée de David. Il venait se faire recenser avec Marie, qui lui avait été accordée en mariage et qui était enceinte.

 Or, pendant qu’ils étaient là, le temps où elle devait enfanter fut accompli. Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune. Dans la même région, il y avait des bergers qui vivaient dehors et passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux. L’ange du Seigneur se présenta devant eux, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d’une grande crainte. Alors l’ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple : Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. » Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. »
Patrick BRAUD

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