L'homelie du dimanche

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28 janvier 2012

Ce n’est pas le savoir qui sauve

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

Ce n’est pas le savoir qui sauve


Homélie du 4 ° Dimanche ordinaire  / Année B

29/01/2012

Imposante, cette scène d’exorcisme en pleine synagogue un jour le shabbat (Mc 1,21-28) ! Il faut dire qu’à l’époque, c’était monnaie courante, et que nombre de maladies psychologiques aux effets spectaculaires et violents étaient mis sur le dos du démon avec facilité. Reste que Jésus fait face à cette violence accusatrice. En quelques mots pleins d’autorité, il a délivré cet homme dont la personnalité était clivée. 

Le savoir ne suffit pas

« Je sais fort bien qui tu es : le saint, le saint de Dieu ». L’esprit mauvais qui habite cet homme possède un savoir remarquable et juste. Jésus est vraiment le saint de Dieu, et au début de l’Évangile de Marc fort peu de gens le savent ; encore moins le proclament. Ce cri pourrait passer pour une belle profession de foi en d’autres circonstances. Son contenu est vrai ; c’est son énonciation qui violente et négative. L’esprit a peur de ce que cette sainteté de Dieu peut faire sur lui. Et déjà, rien qu’en parlant à Jésus, il se démasque. En alternant le je et le nous, il se révèle divisé, incapable d’assumer une identité unifiée face à celui qui est habité à l’inverse par l’unique sainteté de Dieu. « Es-tu venu pour nous perdre ? Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Je sais fort bien qui tu es ».

Nous retrouvons ainsi deux caractéristiques toujours actuelles de l’aliénation, c’est-à-dire que ce qui nous rend étrangers à nous-mêmes : un savoir qui n’est pas orienté vers l’amour, un éclatement de la personnalité qui souffre alors d’être tiraillée dans tous les sens.

 

Quand le savoir aliène

L’Humanité du 21° siècle en sait beaucoup plus sur elle-même et sur le monde qu’au temps de Jésus, c’est évident. Un formidable savoir scientifique et technique a déjà révolutionné la manière de voir le monde, de le penser, d’y évoluer. Et ce n’est sans doute que le début d’une aventure de la pensée qui va s’accélérer encore de manière prodigieuse. Pensez aux neurosciences, à la maîtrise de l’énergie produite par l’infiniment petit comme l’infiniment grand. Souvenez-vous de la découverte de l’inconscient, ce continent inconnu, de la naissance de la sociologie mais aussi de l’informatique, de la génétique, des révolutions médiatiques, de l’essor d’Internet etc. Bref, savoir de plus en plus sur de plus en plus de choses semble être la promesse collective de ce siècle. Or le possédé de Capharnaüm vient nous avertir.

Savoir ne suffit pas. On peut connaître et ne pas aimer, pénétrer les profondeurs de la matière et rester superficiel en humanité ; découvrir les choses cachées depuis la fondation du monde et demeurer divisé, étranger à soi-même.

Le christianisme s’est toujours méfié de la gnose, contre laquelle il s’est battu pendant les premiers siècles de son essor. La gnose, c’est ce courant de pensée qui prêche que le salut vient par la connaissance (gnosis en grec). Un certain scientisme moderne relève de la gnose. Certaines maçonneries ou groupements ésotériques également. L’orgueil universitaire de quelques économistes, savants ou penseurs actuels alimentent ce même courant classique.

Il n’est pas jusqu’à des politiques qui croiraient volontiers que la masse est ignorante, et qu’à cause du savoir qu’ils détiennent tout pouvoir devrait leur être donné… (Le parti « avant-garde des masses » est une idée stalinienne qui ressurgit autrement !).

 

La foi au Christ implique un face-à-face courageux avec cette gnose multiforme.

Non : le savoir ne suffit pas. Il peut même « posséder » et diviser l’humanité, en aliénant à des idoles modernes : l’eugénisme au nom d’un savoir génétique, la domination économique au nom d’une avance scientifique et technique, le  matérialisme desséchant au nom d’une conception réductrice du développement humain etc.

Ce rapport gnostique au progrès est comme dans l’Évangile très contradictoire en pratique. L’humanitaire se mélange à la guerre, l’élimination des plus faibles se fait au nom d’un avenir meilleur, la mondialisation nourrit des replis identitaires, la peur climatique devient une arme contre les pays émergents, chaque peuple, chacun dit je et nous alternativement de façon incohérente.

 

La savoir actuel n’est pas gnostique

Heureusement, il y a d’autres rapports au savoir, avec lesquels le christianisme est en connivence naturelle.

Bon nombre des scientifiques sont aujourd’hui d’une humilité remarquable face au réel. Parce que la réalité du monde est complexe, multiforme, parce que la vérité en matière scientifique est plutôt négative que normative, des astrophysiciens, mathématiciens et autres savants contemporains laissent ouvertes les questions sur le sens et l’origine, et s’intéressent eux-mêmes aux grandes démarches religieuses, avec respect. Le scientisme existe encore, mais il est vraiment disqualifié dans la communauté scientifique. Alors, la figure du possédé de Capharnaüm prend davantage de relief : savoir de plus en  plus de choses sur l’homme, sur l’univers, ne dispense jamais  d’orienter ce savoir  vers l’amour, vers l’unification de l’être humain.

 

Le savoir seul ne sauve pas.

Conjugué au désir de Dieu, il peut participer à la création continue d’un monde plus humain.

 

Que faisons-nous du savoir qui est le nôtre ?

 

1ère lecture : Moïse annonce le prophète des temps à venir (Dt 18, 15-20)

Lecture du livre du Deutéronome

Moïse dit au peuple d’Israël : « Au milieu de vous, parmi vos frères, le Seigneur votre Dieu fera se lever un prophète comme moi, et vous l’écouterez. C’est bien ce que vous avez demandé au Seigneur votre Dieu, au mont Horeb, le jour de l’assemblée, quand vous disiez : ‘Je ne veux plus entendre la voix du Seigneur mon Dieu, je ne veux plus voir cette grande flamme, je ne veux pas mourir !’
Et le Seigneur me dit alors : ’Ils ont raison. Je ferai se lever au milieu de leurs frères un prophète comme toi ; je mettrai dans sa bouche mes paroles, et il leur dira tout ce que je lui prescrirai. Si quelqu’un n’écoute pas les paroles que ce prophète prononcera en mon nom, moi-même je lui en demanderai compte.
Mais un prophète qui oserait dire en mon nom une parole que je ne lui aurais pas prescrite, ou qui parlerait au nom d’autres dieux, ce prophète-là mourra. ‘»

 

Psaume : Ps 94, 1-2, 6-7ab, 7d-8a.9

R/ Aujourd’hui, ne fermons pas notre c?ur, mais écoutons la voix du Seigneur.

Venez, crions de joie pour le Seigneur,
acclamons notre Rocher, notre salut !
Allons jusqu’à lui en rendant grâce,
par nos hymnes de fête acclamons-le !

Entrez, inclinez-vous, prosternez-vous,
adorons le Seigneur qui nous a faits.
Oui, il est notre Dieu ;
nous sommes le peuple qu’il conduit.

Aujourd’hui écouterez-vous sa parole ?
« Ne fermez pas votre coeur comme au désert,
où vos pères m’ont tenté et provoqué,
et pourtant ils avaient vu mon exploit. »

 

2ème lecture : La virginité pour le Seigneur (1Co 7, 32-35)

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

Frères,
j’aimerais vous voir libres de tout souci. Celui qui n’est pas marié a le souci des affaires du Seigneur, il cherche comment plaire au Seigneur.
Celui qui est marié a le souci des affaires de cette vie, il cherche comment plaire à sa femme, et il se trouve divisé.
La femme sans mari, ou celle qui reste vierge, a le souci des affaires du Seigneur ; elle veut lui consacrer son corps et son esprit. Celle qui est mariée a le souci des affaires de cette vie, elle cherche comment plaire à son mari.
En disant cela, c’est votre intérêt à vous que je cherche ; je ne veux pas vous prendre au piège, mais vous proposer ce qui est bien, pour que vous soyez attachés au Seigneur sans partage.

 

Evangile : Jésus est le Prophète qui enseigne avec autorité (Mc 1, 21-28)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Béni soit le Seigneur notre Dieu : sur ceux qui habitent les ténèbres, il a fait resplendir sa lumière. Alléluia. (cf. Lc 1, 68.79)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Jésus, accompagné de ses disciples, arrive à Capharnaüm. Aussitôt, le jour du sabbat, il se rendit à la synagogue, et là, il enseignait.
On était frappé par son enseignement, car il enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme les scribes.
Or, il y avait dans leur synagogue un homme tourmenté par un esprit mauvais, qui se mit à crier :
« Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais fort bien qui tu es : le Saint, le Saint de Dieu. »
Jésus l’interpella vivement : « Silence ! Sors de cet homme. »
L’esprit mauvais le secoua avec violence et sortit de lui en poussant un grand cri.
Saisis de frayeur, tous s’interrogeaient : « Qu’est-ce que cela veut dire ? Voilà un enseignement nouveau, proclamé avec autorité ! Il commande même aux esprits mauvais, et ils lui obéissent. »
Dès lors, sa renommée se répandit dans toute la région de la Galilée.
Patrick Braud

21 janvier 2012

De la baleine au ricin : Jonas, notre jalousie

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

De la baleine au ricin : Jonas, notre jalousie

 

Homélie du 3° Dimanche ordinaire  / Année B

22/01/2012

L’extrait liturgique du livre de Jonas pour notre deuxième dimanche ordinaire est trop pauvre : on veut tellement insister sur le pardon offert qu’on passe sous silence la résistance de Jonas à ce cadeau fait aux païens de Ninive. Or cette résistance est énorme. L’idée que Dieu puisse se soucier d’un autre peuple que le sien met Jonas en colère : il refuse de collaborer à cette trahison de la « préférence nationale » pour le peuple juif. L’idée que Dieu puisse pardonner gratuitement aux pécheurs et les avertir que avant que le châtiment s’abatte – pour qu’il ne s’abatte pas ! – révulse son côté rude et exigeant.

 

Bref : Jonas est jaloux.

Jaloux du salut des autres.

Jaloux de l’exclusivité juive,  quitte à ce qu’elle se fasse aux dépens des autres peuples.

Jaloux de son statut de prophète qu’il ne veut pas mettre au service d’étrangers : ce serait donner de la confiture à des cochons et gaspiller la parole de Dieu que de l’annoncer à Ninive !

 

Alors Jonas fuit en bateau loin de cette ville qu’il exècre. Mais un fameux poisson (une De la baleine au ricin : Jonas, notre jalousie dans Communauté spirituelle Enluminure-Jonasbaleine ?) l’avale et le régurgite ensuite devant les remparts de Ninive qu’il voulait fuir. Jonas s’exécute, contraint, pas de bon coeur : en trois jours symboliques il offre contre son gré une vraie renaissance à cette Las Vegas antique. Il faudra l’épisode du ricin desséché pour qu’il accepte enfin le salut des autres, plus important que la survie de ce ricin destiné à le protéger.

 

La jalousie de Jonas est légaliste et rigoureuse. Les païens ont refusé l’Alliance. Seul Israël y est entré, et cela ne lui apporte que des ennuis. Alors, si Dieu est généreux envers ceux qui l’ont renié, à quoi ça sert d’être fidèle ? Si le pardon est offert même aux pires, pourquoi se fatiguer à pratiquer la loi juive pour être des  justes ? Si Dieu aime les païens, que devient l’élection juive ?

 

La jalousie de Jonas est la nôtre

Dès que nous croyons détenir un avantage ou une position privilégiée, nous croyons qu’il faut la défendre contre les autres. Dès que nous pensons détenir plus de vérité, que ce soit dans une Église ou dans nos savoirs humains, nous avons un mal fou à imaginer que d’autres aient un accès différent à cette même vérité.

La jalousie ne veut pas partager ce que l’intelligence a découvert. Elle s’approprie ce qui a été donné. Elle se réjouit des failles des autres. Elle a peur de perdre, et croit pour cela qu’il faut empêcher l’autre de gagner. Elle confond choix préférentiel et exclusivité : or Dieu est capable de préférer chacun, sans que cela soit comparable.

La jalousie ne cherche pas à faire grandir des collaborateurs, des enfants, un conjoint. Elle n’appelle pas des compagnons à partager l’aventure, comme Jésus le fait avec Jean et André, Jacques et Jean dans l’évangile d’aujourd’hui. Elle se réserve les dividendes des réussites, elle mutualise les pertes et privatise les profits…

 

Un antidote de louange

L’inverse de la jalousie serait sans doute la louange.

Se réjouir de ce que Dieu fait de grand chez les autres libère de la possession de ce qu’il accomplit en moi. « Réjouis-toi Marie » est la salutation où Marie se découvre libérée de toute jalousie pour accueillir le travail de l’Esprit Saint en elle. L’émerveillement de Jésus devant la foi d’une libanaise ou d’un centurion le protège contre tout exclusivisme juif qui a dû le tenter pourtant. « Père, je proclame ta louange : au coeur des enfants tu te révèles ». Cette louange admirative ne jalouse pas ce qui est donné ni la manière dont c’est donné. Elle se réjouit pour l’autre, et sans le savoir se prépare ainsi à recevoir davantage !

 

Quels sont les domaines où la jalousie de Jonas fait encore des ravages de nos jours ?

On pense bien sûr aux relations de travail, où on voudrait nous faire croire que la compétition et la rivalité sont plus efficaces que la coopération et le service. Et puis il y a la famille : les questions d’argent, de réussite sociale et d’héritage révèlent combien la jalousie peut miner des liens fraternels. Mais il ne faut pas oublier non plus les Églises, jalouses les unes des autres, qui se dessèchent au lieu de se réjouir de ce que d’autres ont reçu : d’autres paroisses, d’autres diocèses, d’autres courants spirituels, d’autres Églises, d’autres religions même.

Comme si l’identité de chacun devait se conquérir contre et non avec. Comme si la peur de perdre devait primer sur tout.

 

Jonas a appris à marcher sur sa jalousie pour servir la parole de Dieu.

Relisons son histoire, de la baleine ou ricin, comme un antidote à notre propre jalousie.

 

1ère lecture : A l’appel du prophète, les païens se convertissent (Jon 3, 1-5.10)

Lecture du livre de Jonas

La parole du Seigneur fut adressée de nouveau à Jonas :
« Lève-toi, va à Ninive, la grande ville païenne, proclame le message que je te donne sur elle. »
Jonas se leva et partit pour Ninive, selon la parole du Seigneur. Or, Ninive était une ville extraordinairement grande : il fallait trois jours pour la traverser.
Jonas la parcourut une journée à peine en proclamant : « Encore quarante jours, et Ninive sera détruite ! »
Aussitôt, les gens de Ninive crurent en Dieu. Ils annoncèrent un jeûne, et tous, du plus grand au plus petit, prirent des vêtements de deuil.
En voyant leur réaction, et comment ils se détournaient de leur conduite mauvaise, Dieu renonça au châtiment dont il les avait menacés.

 

Psaume : Ps 24, 4-5ab, 6-7, 8-9

R/ Fais-nous connaître tes chemins, Seigneur !

Seigneur, enseigne-moi tes voies,
fais-moi connaître ta route.
Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi,
car tu es le Dieu qui me sauve. 

Rappelle-toi, Seigneur, ta tendresse,
ton amour qui est de toujours.
Oublie les révoltes, les péchés de ma jeunesse ;
dans ton amour, ne m’oublie pas.

Il est droit, il est bon, le Seigneur,
lui qui montre aux pécheurs le chemin.
Sa justice dirige les humbles,
il enseigne aux humbles son chemin.

 

2ème lecture : Le monde passe : vivons ce temps pour le Seigneur (1Co 7, 29-31)

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

Frères,
je dois vous le dire : le temps est limité. Dès lors, que ceux qui ont une femme soient comme s’ils n’avaient pas de femme, ceux qui pleurent, comme s’ils ne pleuraient pas, ceux qui sont heureux, comme s’ils n’étaient pas heureux, ceux qui font des achats, comme s’ils ne possédaient rien, ceux qui tirent profit de ce monde, comme s’ils n’en profitaient pas. Car ce monde tel que nous le voyons est en train de passer.

 

Evangile : Jésus invite les hommes à la conversion, et appelle ses premiers Apôtres (Mc 1, 14-20)

 

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Le règne de Dieu est venu jusqu’à vous ; croyez à la Bonne Nouvelle. Alléluia. (Mc 1, 15)

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Après l’arrestation de Jean Baptiste, Jésus partit pour la Galilée proclamer la Bonne Nouvelle de Dieu ; il disait :
« Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle. »

Passant au bord du lac de Galilée, il vit Simon et son frère André en train de jeter leurs filets : c’étaient des pêcheurs.
Jésus leur dit : « Venez derrière moi. Je ferai de vous des pêcheurs d’hommes. »
Aussitôt, laissant là leurs filets, ils le suivirent.

Un peu plus loin, Jésus vit Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient aussi dans leur barque et préparaient leurs filets.
Jésus les appela aussitôt. Alors, laissant dans la barque leur père avec ses ouvriers, ils partirent derrière lui.
Patrick Braud

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14 janvier 2012

Quel Éli élirez-vous ?

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

Quel Éli élirez-vous ?


Homélie pour le 2° Dimanche ordinaire / Année B
15/01/2012

Rassurez-vous : il ne s’agit pas d’élection au sens politique du terme. Élire, c’est choisir. Les retraites d’élection dans l’esprit de St Ignace de Loyola constituent par exemple une méthode pour faire des choix accordés à notre vocation la plus personnelle.

Choisir ses compagnons de route n’est pas une mince affaire non plus.

Quel Éli élirez-vous ? dans Communauté spirituelle TEXT-breastplate-smLe jeune Samuel a la chance d’avoir auprès de lui un sage qui va l’aider à interpréter ce qui lui arrive. Il a Éli, sans l’avoir élu, mais en lui faisant confiance il le choisit comme son décodeur particulier.

Le célèbre passage des quatre appels de Samuel dans le Temple (1S 3) nous renvoie en effet à notre propre capacité d’interprétation des événements qui nous réveillent.

Le sommeil de Samuel peut figurer nos assoupissements, nos endormissements : lorsque nous ronronnons sur nos acquis ; lorsque nous ne grandissons plus, à l’instar de Samuel qui attend sans le savoir une parole pour grandir. « Samuel grandit. Le Seigneur était avec lui, et aucune de ces paroles ne demeurait sans effet » (1S 3,19).

Ce sommeil figure également tous les moments où nos barrières sont levées, nos contrôles hors service, nos blocages apaisés. Pour qu’une voix se fasse entendre, il faut souvent ce sommeil de la volonté propre, où tous les check-points sont vides des policiers-douaniers du self-control dont nous les peuplons au réveil.

Alors survient – on ne sait d’où ni comment – cet appel étrange dont on ne découvre que très tardivement dans notre texte la forme exacte : « Samuel, Samuel ! ». Au début c’est une voix, ni extérieure ni intérieure. Elle nous empêche de mener une vie tranquille. Elle nous relance, parfois dans l’inquiétude, parfois dans l’exaltation. Pour Samuel, c’est au début le rappel à sa condition de jeune serviteur du responsable du Temple. Il ne peut interpréter ce mouvement en lui que dans le cadre de ce qu’il connaît, et « Samuel ne connaissait pas encore le Seigneur ». Ainsi, beaucoup de nos contemporains ressentent ces élans intérieurs, ces motions et émotions spirituelles, sans pouvoir leur donner un nom, car « ils ne connaissent pas le Seigneur ». C’est ici que le rôle d’Éli est capital. Samuel se confie à lui. Éli refuse de mettre la main sur ce qui se passe chez ce jeune homme. Il confesse : « je ne t’ai pas appelé ». À la manière de Jean-Baptiste qui confessait : « ce n’est pas moi » (« non sum »), Éli refuse de prendre possession de cette aventure, de se l’attribuer, de dominer Samuel à travers elle. C’est sans doute le premier critère d’un bon accompagnateur spirituel (cf. les fameux Exercices spirituels de St Ignace de Loyola donnés par les jésuites sur 30 jours, ou une semaine) : une attitude de dépossession, une reconnaissance du travail d’un Autre dans lequel l’accompagnateur n’est pour rien au départ. À la manière de Jean-Baptiste qui désigne Jésus à ses disciples : « voici l’agneau de Dieu ». Ce n’est pas moi, c’est lui que vous devez suivre. Je suis là que pour indiquer sa présence et orienter votre désir vers Celui qui en est la source.

À partir de cette triple reconnaissance négative (« je ne t’ai pas appelé ») Éli peut alors aider Samuel à comprendre ce qui lui arrive, à décrypter cette voix qui ne le laisse pas tranquille. Il révèle à Samuel qu’il est travaillé par l’appel de Dieu lui-même. Il lui indique la posture adopter désormais pour tenir compte de cette quête intérieure : « parle Seigneur, ton serviteur écoute ».

Sans Élie, pas de Samuel prophète, et donc pas de promesse messianique faite à David (2S 7,14) et donc pas de Jésus fils de David à l’horizon de l’histoire d’Israël !

Et vous ? Qui joue le rôle d’Éli pour recueillir vos appels intérieurs ? Qui écoute vos rêves ou vos cauchemars, votre quête intérieure, vos interrogations sur les vrais choix à faire ? Quel Éli élirez-vous ?

Si vous restez seul avec les voix qui vous réveillent la nuit, comment allez-vous les interpréter ?

Nos salons sont encombrés de décodeurs, de boxs, de modems et autres interfaces qui  appel dans Communauté spirituellenous permettent de déchiffrer tous les signaux numériques codés qui nous sont envoyés en masse. Sans ces appareils, la prise téléphonique resterait incompréhensible, le câble d’antenne rempli de borborygmes inhumains, les DVD saturés de hiéroglyphes, les MP3 énigmatiques…

Si nous savons nous entourer des bons objets pour traduire les signaux matériels qui nous assaillent, combien plus devrions-nous choisir les bons accompagnateurs spirituels pour interpréter dans les événements de nos vies les appels qui viennent de Dieu et ceux qui ne viennent pas de lui.

Ces Élis modernes peuvent revêtir bien des figures : de la médiation d’un groupe de parole à un réel accompagnement personnel régulier ; de la fréquentation d’auteurs spirituels à la participation à une communauté ecclésiale ; de l’écriture pour soi au témoignage pour d’autres ; de la retraite en abbaye aux voyages sabbatiques qui permettent une rupture … : les ressources sont immenses et variées !

On peut l’appeler direction de conscience comme autrefois, accompagnement spirituel, tutorat herméneutique, compagnonnage, initiation à une école de pensée ou tout autre vocable.

L’essentiel est de trouver l’Éli de votre croissance personnelle.

Et pour cela de ne pas étouffer ce qui vous réveille la nuit, d’accepter d’en parler à un autre, d’accepter d’être aidé pour comprendre.

Alors, quel Éli élirez-vous ?

 

 

 

1ère lecture : Vocation de Samuel (1S 3, 3b-10.19)
Lecture du premier livre de Samuel

Samuel couchait dans le temple du Seigneur, où se trouvait l’arche de Dieu. Le Seigneur appela Samuel, qui répondit : « Me voici ! » Il courut vers le prêtre Éli, et il dit : « Tu m’as appelé, me voici. » Éli répondit : « Je ne t’ai pas appelé. Retourne te coucher. » L’enfant alla se coucher. De nouveau, le Seigneur appela Samuel. Et Samuel se leva. Il alla auprès d’Éli, et il dit : « Tu m’as appelé, me voici. » Éli répondit : « Je ne t’ai pas appelé, mon fils. Retourne te coucher. » Samuel ne connaissait pas encore le Seigneur, et la parole du Seigneur ne lui avait pas encore été révélée.
Une troisième fois, le Seigneur appela Samuel. Celui-ci se leva. Il alla auprès d’Éli, et il dit : « Tu m’as appelé, me voici. » Alors Éli comprit que c’était le Seigneur qui appelait l’enfant, et il lui dit : « Retourne te coucher, et si l’on t’appelle, tu diras : ‘Parle, Seigneur, ton serviteur écoute.’ » Samuel retourna se coucher. Le Seigneur vint se placer près de lui et il appela comme les autres fois : « Samuel ! Samuel ! » et Samuel répondit : « Parle, ton serviteur écoute. »
Samuel grandit. Le Seigneur était avec lui, et aucune de ses paroles ne demeura sans effet.

Psaume : 39, 2abc.4ab, 7-8a, 8b-9, 10cd.11cd
R/ Me voici, Seigneur, je viens faire ta volonté.

D’un grand espoir j’espérais le Seigneur :
il s’est penché vers moi.
En ma bouche il a mis un chant nouveau,
une louange à notre Dieu.

Tu ne voulais ni offrande ni sacrifice,
tu as ouvert mes oreilles ;
tu ne demandais ni holocauste ni victime,
alors j’ai dit : « Voici, je viens. »

Dans le livre, est écrit pour moi
ce que tu veux que je fasse.
Mon Dieu, voilà ce que j’aime :
ta loi me tient aux entrailles.

Vois, je ne retiens pas mes lèvres,
Seigneur, tu le sais.
J’ai dit ton amour et ta vérité
à la grande assemblée.

2ème lecture : Notre corps appartient au Seigneur (1Co 6, 13b-15a.17-20)
Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens
Frères,
notre corps n’est pas fait pour la débauche, il est pour le Seigneur Jésus, et le Seigneur est pour le corps ; et Dieu, par sa puissance, a ressuscité le Seigneur et nous ressuscitera nous aussi. Ne le savez-vous pas ? Vos corps sont les membres du Christ. Quand on s’unit au Seigneur, cela ne fait qu’un seul esprit. Fuyez la débauche. Tous les péchés que l’homme peut commettre sont extérieurs à son corps ; mais la débauche est un péché contre le corps lui-même.
Ne le savez-vous pas ? Votre corps est le temple de l’Esprit Saint, qui est en vous et que vous avez reçu de Dieu ; vous ne vous appartenez plus à vous-mêmes, car le Seigneur a payé le prix de votre rachat. Rendez donc gloire à Dieu dans votre corps.

Evangile : Vocation des trois premiers disciples (Jn 1, 35-42)
Acclamation : Alléluia. Alléluia.
En Jésus Christ, nous avons reconnu le Messie : par lui nous viennent grâce et vérité. Alléluia. (cf. Jn 1, 41.17)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Jean Baptiste se trouvait avec deux de ses disciples. Posant son regard sur Jésus qui allait et venait, il dit :
« Voici l’Agneau de Dieu. »
Les deux disciples entendirent cette parole, et ils suivirent Jésus. Celui-ci se retourna, vit qu’ils le suivaient, et leur dit :
« Que cherchez-vous ? »
Ils lui répondirent : « Rabbi (c’est-à-dire : Maître), où demeures-tu ? »
Il leur dit : « Venez, et vous verrez. »
Ils l’accompagnèrent, ils virent où il demeurait, et ils restèrent auprès de lui ce jour-là.
C’était vers quatre heures du soir.
André, le frère de Simon-Pierre, était l’un des deux disciples qui avaient entendu Jean Baptiste et qui avaient suivi Jésus. Il trouve d’abord son frère Simon et lui dit : « Nous avons trouvé le Messie (autrement dit : le Christ).
André amena son frère à Jésus. Jésus posa son regard sur lui et dit : « Tu es Simon, fils de Jean ; tu t’appelleras Képha » (ce qui veut dire : pierre).
Patrick Braud

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7 janvier 2012

L’inquiétude et la curiosité d’Hérode

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

L’inquiétude et la curiosité d’Hérode


Homélie pour la fête de l’Épiphanie
08/01/2012

Qu’est-ce qui soucie les rois ?

« Lorsqu’il apprit cela, Hérode fut pris d’inquiétude, et tout Jérusalem avec lui. » L'inquiétude et la curiosité d'Hérode dans Communauté spirituelle photo_hd_pdt_3015Pourquoi un roi s’inquiète-t-il ? Qu’est-ce qui fait peur aux grands de ce monde ? Décevoir leur peuple, échouer dans leur mission ? L’inquiétude d’Hérode semble bien plus vulgaire dans cet évangile de l’Épiphanie : il a tout simplement peur de perdre sa place. Il est inquiet de cette vague rumeur au sujet d’un roi concurrent. Il se demande s’il doit lui accorder du crédit. Alors, au cas où, il navigue entre deux eaux : ?revenez me voir pour que je me prosterne devant lui’. Évidemment, on pense tout de suite à une ruse de sa part : utiliser les mages comme patrouille de repérage pour localiser le concurrent et l’éliminer ensuite est une stratégie somme toute courante chez les « N° 1 » de chaque époque. Peut-être va-t-on trop vite. Peut-être Hérode est-il sincère à cet instant de son règne : il cherche à savoir qui est cet enfant. Si c’est vraiment un « N+1 », pourquoi ne pas se prosterner devant lui ? C’est un bon calcul politique. D’ailleurs, on retrouve la même curiosité d’Hérode à la fin de l’histoire de Jésus. Il veut le voir, car il est impressionné par sa renommée de prophète et de guérisseur. Du coup, lorsque Jésus comparaît devant lui, Hérode a encore la curiosité de l’épisode des mages. Mais il sera vite déçu par ce thaumaturge qui ne fait rien d’éblouissant devant lui, par cet illuminé enchaîné qui se prend pour un roi différent.

 

Hérode est décidément l’homme de l’inquiétude et de la curiosité.

Devant Jean-Baptiste, il perçoit la grandeur du personnage. Il en est inquiet, car Jean-Baptiste ose contester publiquement son union avec la femme de son frère, et ça fait tache lorsque le cortège royal se fait ainsi insulter en public par cette hirsute vêtu de poils de chameau ! Là encore il navigue entre deux eaux. Il fait emprisonner Jean-Baptiste, car ?trop c’est trop’, et un puissant ne peut pas supporter un tel effet miroir de ses fautes. Cependant, il répugne à le faire mourir. Il faudra toute la séduction de Hérodiade pour qu’à regret il livre la tête de sa conscience sur un plateau d’argent à sa belle-fille.

 

L’inquiétude d’Hérode devant les mages aurait pu le conduire à la crèche.

La curiosité d’Hérode devant l’étoile aurait pu lui faire accepter d’être moins grand que Jésus.

Ni l’un ni l’autre : Hérode ne bougera pas de Jérusalem. Il instrumentalisera les mages pour faire le chemin à sa place. Un peu comme les seigneurs des XII° et XIII° siècles payaient des mercenaires pour faire les croisades à leur place ou le pèlerinage de Saint Jacques de Compostelle en leur nom.

Cette ruse est éventée grâce au songe des mages. Hérode laissera la peur du concurrent le dominer : il éliminera tout rival potentiel en tuant les nouveau-nés mâles de Bethléem.

 

Nos inquiétudes


L’inquiétude et la curiosité d’Hérode pourraient bien être les nôtres.

Combien de fois vivons-nous comme lui entrent deux eaux, essayant de jouer sur tous les tableaux ? Lorsque l’inquiétude d’un rival nous assaille, que ce soit sur le plan professionnel, affectif ou social, comment réagissons-nous ? À la manière d’Hérode qui hésite, explore toutes les voies pour finalement se résoudre à éliminer le concurrent par tous les moyens ? À la manière de Jean-Baptiste qui salue avec joie un plus grand que lui ? Repérez dans votre vie les moments où l’inquiétude et la curiosité se sont trouvés mêlées : laquelle des deux l’a emporté ? Souvenez-vous des moments où on vous a parlé de quelqu’un plus grand que vous, comme les mages à Hérode : comment avez-vous réagi ? Comment passer d’Hérode à Jean-Baptiste dans notre réponse à ces situations de rivalité apparente ?

 

S’il n’y avait qu’Hérode, si cela ne concernait que lui… Mais l’évangile précise qu’Hérode fut saisi d’inquiétude, « et tout Jérusalem avec lui ». Il est roi, et il entraîne la ville avec lui dans son inquiétude bientôt meurtrière.

 

Chacun de nous a le pouvoir, même s’il n’est pas roi, d’entraîner ainsi d’autres autour de lui dans des inquiétudes dangereuses. Inquiétude au sujet de ceux qui seraient sensés vouloir prendre notre place. Inquiétude sur la menace que des petits pourtant bien faibles pourraient à terme représenter pour notre bien-être. Inquiétude devant une étoile qui se lève alors qu’elle annonce une grande espérance.

Prenons conscience de la responsabilité qui est la nôtre lorsque nous entraînons d’autres autour de nous dans nos inquiétudes malsaines.

 

Gardons d’Hérode sa curiosité et son interrogation devant l’étoile et les mages d’aujourd’hui.

Gardons de Jean-Baptiste sa joie à reconnaître un plus grand que lui, à le manifester (épiphanie = dévoilement, manifestation) à tous.

 

1ère lecture : Les nations païennes marchent vers la lumière de Jérusalem (Is 60, 1-6)

Debout, Jérusalem ! Resplendis : elle est venue, ta lumière, et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi. Regarde : l’obscurité recouvre la terre, les ténèbres couvrent les peuples ; mais sur toi se lève le Seigneur, et sa gloire brille sur toi. Les nations marcheront vers ta lumière, et les rois, vers la clarté de ton aurore. Lève les yeux, regarde autour de toi : tous, ils se rassemblent, ils arrivent ; tes fils reviennent de loin, et tes filles sont portées sur les bras. Alors tu verras, tu seras radieuse, ton c?ur frémira et se dilatera. Les trésors d’au-delà des mers afflueront vers toi avec les richesses des nations. Des foules de chameaux t’envahiront, des dromadaires de Madiane et d’Épha. Tous les gens de Saba viendront, apportant l’or et l’encenset proclamant les louanges du Seigneur.

 

Psaume : Psaume 71 71, 1-2, 7-8, 10-11, 12-13

R/ Parmi toutes les nations, Seigneur, on connaîtra ton salut

Dieu, donne au roi tes pouvoirs,
à ce fils de roi ta justice.
Qu’il gouverne ton peuple avec justice,
qu’il fasse droit aux malheureux ! 

En ces jours-là, fleurira la justice,
grande paix jusqu’à la fin des lunes !
Qu’il domine de la mer à la mer,
et du Fleuve jusqu’au bout de la terre !

Les rois de Tarsis et des Iles apporteront des présents.
les rois de Saba et de Seba feront leur offrande.
Tous les rois se prosterneront devant lui,
tous les pays le serviront.

Il délivrera le pauvre qui appelle
et le malheureux sans recours.
Il aura souci du faible et du pauvre,
du pauvre dont il sauve la vie.

 

2ème lecture : L’appel au salut est universel (Ep 3, 2-3a.5-6)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Ephésiens

Frères,
vous avez appris en quoi consiste la grâce que Dieu m’a donnée pour vous ; par révélation, il m’a fait connaître le mystère du Christ.
Ce mystère, il ne l’avait pas fait connaître aux hommes des générations passées, comme il l’a révélé maintenant par l’Esprit à ses saints Apôtres et à ses prophètes. Ce mystère, c’est que les païens sont associés au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Évangile.

 

Evangile : Les mages païens viennent se prosterner devant Jésus (Mt 2, 1-12)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Nous avons vu se lever son étoile, et nous sommes venus adorer le Seigneur. Alléluia. (cf. Mt 2, 2)

 

Lecture de la première lettre de saint Jean

Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu se lever son étoile et nous sommes venus nous prosterner devant lui. » En apprenant cela, le roi Hérode fut pris d’inquiétude, et tout Jérusalem avec lui. Il réunit tous les chefs des prêtres et tous les scribes d’Israël, pour leur demander en quel lieu devait naître le Messie. Ils lui répondirent : « A Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète : Et toi, Bethléem en Judée, tu n’es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Judée ; car de toi sortira un chef, qui sera le berger d’Israël mon peuple. » Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue ; puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant. Et quand vous l’aurez trouvé, avertissez-moi pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui. »
Sur ces paroles du roi, ils partirent.
Et voilà que l’étoile qu’ils avaient vue se lever les précédait ; elle vint s’arrêter au-dessus du lieu où se trouvait l’enfant. Quand ils virent l’étoile, ils éprouvèrent une très grande joie. En entrant dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à genoux, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe.
Mais ensuite, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.
Patrick BRAUD

 

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