L'homelie du dimanche

6 novembre 2010

N’avez-vous pas lu dans l’Écriture ?

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

N’avez-vous pas lu dans l’Écriture ?

Homélie du 32° Dimanche ordinaire / Année C
07/11/2010


Faites l’expérience : essayez de vous rappeler un livre lu récemment.

Que vous en reste-t-il ? Si vous comparez avec d’autres lecteurs de vos amis, ont-ils « lu » la même chose ?

 

On croit que lire est naturel et identique pour tous. Alors que visiblement, c’est un acte complexe, singulier…

C’est vrai de la Bible comme de tout autre livre. Encore plus même, car la Bible est appelée « l’Écriture ». La Bible est d’abord un texte avant de devenir une parole. Entre l’écriture et la parole, il y a le souffle, la voix…

 

Jésus s’étonne que les sadducéens n’aient pas « lu » dans l’Écriture (la Tora) la même chose N'avez-vous pas lu dans l'Écriture ? dans Communauté spirituelle bible-imageque lui. C’est une charge un peu ironique (répondant à celle, ironique également, des sadducéens lui tendant un piège) car les sadducéens se font forts de n’obéir qu’à l’Écriture (scriptura sola pourrait être leur devise avec anachronisme) et non aux traditions orales des pharisiens.

 

C’est donc que bien souvent nous lisons sans lire ; et pour la Bible l’enjeu est de taille ! Souvent des « pré-textes » nous empêchent de faire attention au texte. Des « dé-lires » nous font lire n’importe quoi.

La liste serait longue des interprétations erronées de la Bible par les Églises chrétiennes dans l’histoire, sur des questions aussi délicates que la peine de mort, l’apartheid, le refus de l’héliocentrisme… toutes positions légitimées en leur temps par des lectures de l’Écriture qui nous paraissent aujourd’hui terriblement idéologiques.

 

« N’avez-vous pas lu dans l’Écriture ? »

L’expression revient 6 fois dans le Nouveau Testament, autour de 4 questions brûlantes.

À chaque fois, Jésus revient à l’Écriture de manière assez subversive vis-à-vis de la religion en place.

Lire l’Écriture lui permet en effet de contester :

- l’absolu du sabbat :

Mt 12,3 : « Mais il leur dit: « N’avez-vous pas lu ce que fit David lorsqu’il eut faim, lui et ses compagnons ? »

Mt 12,5 : « Ou n’avez-vous pas lu dans la Loi que, le jour du sabbat, les prêtres dans le Temple violent le sabbat sans être en faute ? »

- l’absolu du divorce (largement admis dans les mentalités de l’époque comme aujourd’hui) :

Mt 19,4 : « Il répondit: « N’avez-vous pas lu que le Créateur, dès l’origine, les fit homme et femme? »

- l’exclusion religieuse et sociale

Mc 12,10 : « Et n’avez-vous pas lu cette Écriture: « la pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue pierre d’angle »? »

- le matérialisme des sadducéens niant la résurrection :

Mt 22,31 : « Quant à ce qui est de la résurrection des morts, n’avez-vous pas lu l’oracle dans lequel Dieu vous dit? »

Mc 12,26 :  « Quant au fait que les morts ressuscitent, n’avez-vous pas lu dans le Livre de Moïse, au passage du Buisson, comment Dieu lui a dit: Je suis le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob? »

 

Sur des questions aussi cruciales que le primat des besoins humains sur les prescriptions rituelles et religieuses, le respect de la différence homme-femme, le renversement des hiérarchies opéré par Dieu, la vie après la mort, Jésus s’appuie sur sa lecture de l’Écriture pour affronter ses adversaires, puissants et installés.

Le quatrième Évangile mentionne 9 fois « l’accomplissement de l’Écriture » comme un critère fondamental de l’action de Jésus (Jn 7,42 ; 10,35 ; 13,1 ; 17,12 ; 19,28 ; 19,36 ; 20,9).

Luc résume ainsi le lien entre la lecture de l’Écriture et Jésus lui-même : « Alors il se mit à leur dire: « Aujourd’hui s’accomplit à vos oreilles ce passage de l’Écriture » » (Lc 4,21).

Le reproche que Jésus adresse aux sadducéens nous touche donc de plein fouet : « Si vous vous égarez, n’est-ce pas faute de connaître les Écritures et la puissance de Dieu ? » (Mc 12,24)

 

N’irons-nous pas lire dans l’Écriture ?

Alors, comment allons-nous aujourd’hui entendre cet appel du Christ à nous appuyer sur une lecture « authentique » (c’est un des sens du mot catholique) de l’Écriture  [1] ?

Non pas en nous coupant de la Tradition orale comme les sadducéens (sans se rendre compte qu’ils épousaient en fait les idées païennes grecques et romaines).

Non pas en survalorisant les traditions humaines comme les pharisiens.

Mais d’abord en revenant au texte.

À la lecture du texte.

Quelques lignes chaque jour.

Quelques pages chaque semaine.

Les moines font le tour des 150 psaumes du psautier chaque semaine : nous pourrions en lire un par jour, ce serait déjà beaucoup…

Les chrétiens redécouvrent actuellement la Lectio Divina : seul ou en petit groupe, prendre le temps de lire, méditer, contempler, ruminer, prier un texte biblique pour qu’il devienne une parole de Dieu pour moi, pour nous.

D’autres emportent leur Bible de poche dans le métro, au bureau, et en profitent comme d’un journal (mieux qu’un journal !).

D’autres l’ont déjà donc sur iPad, sur leur smartphone, et la consultent à temps perdu.

 

Quelque soit le moyen ou l’endroit où la méthode, l’essentiel est bien d’abord de lire l’Écriture.

Cette lecture rend libre, comme le Christ, devant les interprétations hâtives, fondamentalistes ou pleines de peur.

 

Alors, ne serait-ce que 5 minutes par jour, n’irons-nous pas lire dans l’Écriture ?

 


[1]. À noter cette symétrie amusante : la psychanalyse est une parole (de patients) qui fait écrire (les psys !). La Bible est un écrit (inspiré) qui fait parler (les lecteurs).

 

 


Sept frères meurent martyrs dans l’espérance de la résurrection
 (2M 7, 1-2.9-14)

 Lecture du second livre des Martyrs d’Israël

Sept frères avaient été arrêtés avec leur mère. A coups de fouet et de nerf de boeuf, le roi Antiochus voulut les contraindre à manger du porc, viande interdite.
L’un d’eux déclara au nom de tous : « Que cherches-tu à savoir de nous ? Nous sommes prêts à mourir plutôt que de transgresser les lois de nos pères. »
Le deuxième frère lui dit, au moment de rendre le dernier soupir : « Tu es un scélérat, toi qui nous arraches à cette vie présente, mais puisque nous mourons par fidélité à ses lois, le Roi du monde nous ressuscitera pour une vie éternelle. »
Après celui-là, le troisième fut mis à la torture. Il tendit la langue aussitôt qu’on le lui ordonna, et il présenta les mains avec intrépidité,
en déclarant avec noblesse : « C’est du Ciel que je tiens ces membres, mais à cause de sa Loi je les méprise, et c’est par lui que j’espère les retrouver. »
Le roi et sa suite furent frappés du courage de ce jeune homme qui comptait pour rien les souffrances.
Lorsque celui-ci fut mort, le quatrième frère fut soumis aux mêmes tortures.
Sur le point d’expirer, il parla ainsi : « Mieux vaut mourir par la main des hommes, quand on attend la résurrection promise par Dieu, tandis que toi, tu ne connaîtras pas la résurrection pour la vie éternelle. »

 

Psaume : Ps 16, 1.3ab, 5-6, 8.15 

R/ Le jour viendra, Seigneur, où je m’éveillerai en ta présence

Seigneur, écoute la justice !
Entends ma plainte, accueille ma prière.
Tu sondes mon coeur, tu me visites la nuit,
tu m’éprouves, sans rien trouver.

J’ai tenu mes pas sur tes traces,
jamais mon pied n’a trébuché.
Je t’appelle, toi, le Dieu qui répond :
écoute-moi, entends ce que je dis.

Garde-moi comme la prunelle de l’?il ;
à l’ombre de tes ailes, cache-moi.
Et moi, par ta justice, je verrai ta face :
au réveil, je me rassasierai de ton visage.

2ème lecture : Exhortation à la persévérance (2Th 2, 16-17; 3, 1-5)

Lecture de la seconde lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens

Frères,
laissez-vous réconforter par notre Seigneur Jésus Christ lui-même et par Dieu notre Père, lui qui nous a aimés et qui, dans sa grâce, nous a pour toujours donné réconfort et joyeuse espérance ;qu’ils affermissent votre coeur dans tout ce que vous pouvez faire et dire de bien.
Priez aussi pour nous, frères, afin que la parole du Seigneur poursuive sa course, et qu’on lui rende gloire partout comme chez vous.
Priez pour que nous échappions à la méchanceté des gens qui nous veulent du mal, car tout le monde n’a pas la foi.
Le Seigneur, lui, est fidèle : il vous affermira et vous protégera du Mal.
Et, dans le Seigneur, nous avons pleine confiance en vous : vous faites et vous continuerez à faire ce que nous vous ordonnons.
Que le Seigneur vous conduise à l’amour de Dieu et à la persévérance pour attendre le Christ.

 

Evangile : Les morts ressusciteront (brève : 27…38) (Lc 20, 27-38)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Des sadducéens – ceux qui prétendent qu’il n’y a pas de résurrection – vinrent trouver Jésus,
et ils l’interrogèrent : « Maître, Moïse nous a donné cette loi : Si un homme a un frère marié mais qui meurt sans enfant, qu’il épouse la veuve pour donner une descendance à son frère.
Or, il y avait sept frères : le premier se maria et mourut sans enfant ;
le deuxième,
puis le troisième épousèrent la veuve, et ainsi tous les sept : ils moururent sans laisser d’enfants.
Finalement la femme mourut aussi.
Eh bien, à la résurrection, cette femme, de qui sera-t-elle l’épouse, puisque les sept l’ont eue pour femme ? »
Jésus répond : « Les enfants de ce monde se marient.
Mais ceux qui ont été jugés dignes d’avoir part au monde à venir et à la résurrection d’entre les morts ne se marient pas,
car ils ne peuvent plus mourir : ils sont semblables aux anges, ils sont fils de Dieu, en étant héritiers de la résurrection.
Quant à dire que les morts doivent ressusciter, Moïse lui-même le fait comprendre dans le récit du buisson ardent, quand il appelle le Seigneur : ‘le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob’.
Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants ; tous vivent en effet pour lui. »
Patrick Braud 

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