L'homelie du dimanche

22 février 2017

Mercredi des Cendres : le lien aumône-prière-jeûne

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Mercredi des Cendres : le lien aumône-prière-jeûne

Homélie du Mercredi des Cendres / Année A
01/03/2017

Cf. également :

Déchirez vos cœurs et non vos vêtements

Mercredi des cendres : de Grenouille à l’Apocalypse, un parfum d’Évangile

La radieuse tristesse du Carême

Carême : quand le secret humanise

Mercredi des Cendres : 4 raisons de jeûner

Le symbolisme des cendres

 

L’évangile d’entrée en Carême unit chaque année trois pratiques en une seule démarche de conversion : l’aumône, la prière, le jeûne. Sous condition de secret, ces trois dispositions du cœur marquent les 40 jours du Carême, pour qu’elles soient présentes tout au long de l’année.

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Lisez comment St Pierre Chrysologue (ce surnom grec signifie « paroles d’or »), évêque de Ravenne au V° siècle, commentait les liens entre les trois :

Résultat de recherche d'images pour "Pierre Chrysologue"« Il y a trois actes, mes frères, trois actes en lesquels la foi se tient, la piété consiste, la vertu se maintient : la prière, le jeûne, la miséricorde. La prière frappe à la porte, le jeûne obtient, la miséricorde reçoit. Prière, miséricorde, jeûne : les trois ne font qu’un et se donnent mutuellement la vie.

En effet, le jeûne est l’âme de la prière, la miséricorde est la vie du jeûne. Que personne ne les divise : les trois ne peuvent se séparer. Celui qui en pratique seulement un ou deux, celui-là n’a rien. Donc, celui qui prie doit jeûner ; celui qui jeûne doit avoir pitié ; qu’il écoute l’homme qui demande, et qui en demandant souhaite être écouté ; il se fait entendre de Dieu, celui qui ne refuse pas d’entendre lorsqu’on le supplie.

Celui qui pratique le jeûne doit comprendre le jeûne : il doit sympathiser avec l’homme qui a faim, s’il veut que Dieu sympathise avec sa propre faim ; il doit faire miséricorde, celui qui espère obtenir miséricorde ; celui qui veut bénéficier de la bonté doit la pratiquer ; celui qui veut qu’on lui donne doit donner. C’est être un solliciteur insolent, que demander pour soi-même ce qu’on refuse à l’autre.

Voici la norme de la miséricorde à ton égard : si tu veux qu’on te fasse miséricorde de telle façon, selon telle mesure, avec telle promptitude, fais toi-même miséricorde aux autres, avec la même promptitude, la même mesure, la même façon.

Donc la prière, la miséricorde, le jeûne doivent former un patronage pour nous recommander à Dieu, doivent former un seul plaidoyer en notre faveur, une seule prière en notre faveur sous cette triple forme.

Résultat de recherche d'images pour "mercredi des cendres"Ce que nous avons perdu par le mépris, nous devons le conquérir par le jeûne ; immolons nos vies par le jeûne parce qu’il n’est rien que nous puissions offrir à Dieu de plus important, comme le prouve le Prophète lorsqu’il dit : Le sacrifice qui plaît à Dieu, c’est un esprit brisé ; le cœur qui est broyé et abaissé, Dieu ne le méprise pas.

Donne à Dieu ta vie, offre l’oblation du jeûne pour qu’il y ait là une offrande pure, un sacrifice saint, une victime sainte qui insiste en ta faveur et qui soit donnée à Dieu. Celui qui ne lui donnera pas cela n’aura pas d’excuse. Parce qu’on a toujours soi-même à offrir.

Mais pour que ces dons soient agréés, il faut que vienne vite la miséricorde. Le jeûne ne porte pas de fruit s’il n’est pas arrosé par la miséricorde ; le jeûne se dessèche par la sécheresse de la miséricorde ; ce que la pluie est pour la terre, la miséricorde l’est pour le jeûne. Celui qui jeûne peut bien cultiver son cœur, purifier sa chair, arracher les vices, semer les vertus : s’il n’y verse pas les flots de la miséricorde, il ne recueille pas de fruit.

Toi qui jeûnes, ton champ jeûne aussi, s’il est privé de miséricorde; toi qui jeûnes, ce que tu répands par ta miséricorde rejaillira dans ta grange. Pour ne pas gaspiller par ton avarice, recueille par tes largesses. En donnant au pauvre, donne à toi-même ; car ce que tu n’abandonnes pas à autrui, tu ne l’auras pas. »

St Pierre Chrysologue : Homélie sur la prière, le jeûne et l’aumône, (+ 451).

 

PREMIÈRE LECTURE
« Déchirez vos cœurs et non pas vos vêtements » (Jl 2, 12-18)

Lecture du livre du prophète Joël

Maintenant – oracle du Seigneur – revenez à moi de tout votre cœur, dans le jeûne, les larmes et le deuil ! Déchirez vos cœurs et non pas vos vêtements, et revenez au Seigneur votre Dieu, car il est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour, renonçant au châtiment. Qui sait ? Il pourrait revenir, il pourrait renoncer au châtiment, et laisser derrière lui sa bénédiction : alors, vous pourrez présenter offrandes et libations au Seigneur votre Dieu. Sonnez du cor dans Sion : prescrivez un jeûne sacré, annoncez une fête solennelle, réunissez le peuple, tenez une assemblée sainte, rassemblez les anciens, réunissez petits enfants et nourrissons ! Que le jeune époux sorte de sa maison, que la jeune mariée quitte sa chambre ! Entre le portail et l’autel, les prêtres, serviteurs du Seigneur, iront pleurer et diront : « Pitié, Seigneur, pour ton peuple, n’expose pas ceux qui t’appartiennent à l’insulte et aux moqueries des païens ! Faudra-t-il qu’on dise : “Où donc est leur Dieu ?” »
Et le Seigneur s’est ému en faveur de son pays, il a eu pitié de son peuple.

PSAUME(50 (51), 3-4, 5-6ab, 12-13, 14.17)

R/ Pitié, Seigneur, car nous avons péché ! (cf. 50, 3) 

Pitié pour moi, mon Dieu,
dans ton amour, selon ta grande miséricorde,
e
fface mon péché.

Lave-moi tout entier de ma faute,
purifie-moi de mon offense.
 Oui, je connais mon péché,
ma faute est toujours devant moi.

Contre toi, et toi seul, j’ai péché,
ce qui est mal à tes yeux, je l’ai fait.
 Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu,
renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.

Ne me chasse pas loin de ta face, ne me reprends pas ton esprit saint.
Rends-moi la joie d’être sauvé ; que l’esprit généreux me soutienne.
Seigneur, ouvre mes lèvres,
et ma bouche annoncera ta louange.

DEUXIÈME LECTURE
« Laissez-vous réconcilier avec Dieu. Voici maintenant le moment favorable » (2 Co 5, 20 – 6, 2)

Lecture de la deuxième lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens

Frères, nous sommes les ambassadeurs du Christ, et par nous c’est Dieu lui-même qui lance un appel : nous le demandons au nom du Christ, laissez-vous réconcilier avec Dieu. Celui qui n’a pas connu le péché, Dieu l’a pour nous identifié au péché, afin qu’en lui nous devenions justes de la justice même de Dieu. En tant que coopérateurs de Dieu, nous vous exhortons encore à ne pas laisser sans effet la grâce reçue de lui. Car il dit dans l’Écriture: Au moment favorable je t’ai exaucé, au jour du salut je t’ai secouru. Le voici maintenant le moment favorable, le voici maintenant le jour du salut.

ÉVANGILE

« Ton Père qui voit dans le secret te le rendra » (Mt 6, 1-6.16-18)
Ta Parole, Seigneur, est vérité, et ta loi, délivrance.
Aujourd’hui, ne fermez pas votre cœur, mais écoutez la voix du Seigneur.
Ta Parole, Seigneur, est vérité, et ta loi, délivrance. (cf. Ps 94, 8a.7d)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ce que vous faites pour devenir des justes, évitez de l’accomplir devant les hommes pour vous faire remarquer. Sinon, il n’y a pas de récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux.

 Ainsi, quand tu fais l’aumône, ne fais pas sonner la trompette devant toi, comme les hypocrites qui se donnent en spectacle dans les synagogues et dans les rues, pour obtenir la gloire qui vient des hommes. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite, afin que ton aumône reste dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra.

 Et quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites : ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et aux carrefours pour bien se montrer aux hommes quand ils prient. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra.

 Et quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu, comme les hypocrites : ils prennent une mine défaite pour bien montrer aux hommes qu’ils jeûnent. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage ; ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement de ton Père qui est présent au plus secret ; ton Père qui voit au plus secret te le rendra. »
Patrick BRAUD

 

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20 février 2017

Se reposer en Dieu

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Se reposer en Dieu


Homélie du 8° dimanche du temps ordinaire / Année A
26/02/2017

Cf. également :

Pour quoi m’as-tu abandonné ?

L’insouciance de Jésus : du fatalisme à la recherche de l’essentiel

Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?

Décevante est la grâce et vaine la beauté

« Laisse faire » : éloge du non-agir

« Laisse faire » : l’étrange libéralisme de Jésus


Il est un refrain obsédant, que l’on chante durant des heures de la nuit à Taizé. C’est un de ces leitmotivs si obsédant qu’il vous met en transe consciente à force de le répéter. Un de ces mantras bibliques qui ne vous quitte plus. Vous le chantez, le murmurez, le fredonnez bouche fermée, vous le criez, vous vous taisez pour laisser les instruments continuer seuls… et voilà : il est niché au creux de votre mémoire spirituelle plus sûrement que la madeleine de Proust, le chapelet musulman ou la rotation des derviches soufis.

Cet air de rien qui envahit tout est tiré de notre Psaume 61 d’aujourd’hui :

« Mon âme se repose en paix sur Dieu seul,
de lui vient mon salut,
oui sur Dieu seul mon âme se repose,
se repose en paix. »

Ces paroles consonent fortement avec celles de Paul (1Co 4,1-5) dans notre deuxième lecture, refusant de se laisser déstabiliser par les jugements de ses opposants :

« Pour ma part, je me soucie fort peu d’être soumis à votre jugement, ou à celui d’une autorité humaine ; d’ailleurs, je ne me juge même pas moi-même. »

Elles annoncent celles de Jésus dans notre évangile de la providence, où il invite à ne pas se soucier du boire ou du manger ou de l’avenir plus que raisonnable (Mt 6,24-34). Puisque demain aura souci de lui-même et que à chaque jour suffit sa peine, la confiance en Dieu sera plus forte que les inévitables contrariétés de la vie.

« Ne vous faites donc pas tant de souci ; ne dites pas : ‘Qu’allons-nous manger ?’ ou bien : ‘Qu’allons-nous boire ?’ ou encore : ‘Avec quoi nous habiller ?’ Tout cela, les païens le recherchent. Mais votre Père céleste sait que vous en avez besoin. Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. Ne vous faites pas de souci pour demain : demain aura souci de lui-même ; à chaque jour suffit sa peine. »

En fait, le psaume 61 est un soupir de plénitude : l’auteur se parle à lui-même après un long combat intérieur :

« Ah ! en Elohîms, silence, mon être, mon salut vient de lui !
Ah ! il est mon roc, mon salut, ma culmination ! » (Traduction de Chouraqui)

Il consent enfin à ne plus se battre pour rien. Il se dit que le repos en Dieu vaut mieux que la tension permanente et volontariste. Après avoir été accusé, humilié, le psalmiste découvre par contraste l’altérité d’un Dieu plus grand que l’homme, que tout homme, même puissant ou riche.

La déception lui permet de ne pas idolâtrer ses proches ou ses soutiens. L’épreuve lui fait découvrir la vanité de toute chose. Il utilise d’ailleurs le même terme que Qohélet : la buée, l’inconsistance et la volatile fumée, pour désigner ses adversaires et ses tracas.

Prendre conscience de l’impermanence des choses et des êtres, de leur insoutenable légèreté, de leur inconsistance radicale fait partie du cheminement spirituel biblique. En cela, il est très proche de l’hindouisme, qui ne veut plus se laisser bercer par l’illusion de ce monde.
L’ascète hindou parvient à ce détachement intérieur par la méditation.
Le juste des psaumes relit dans sa prière combien l’épreuve l’a aidé à se détacher de la vaine gloire des hommes.
L’un va chercher un au-delà de la conscience dans un détachement impersonnel, l’autre dans le dialogue avec un dieu aimant.
Tous deux n’auront plus aucun goût à courir après des idoles. Tous deux accueilleront bonheur au malheur apparent avec une égale reconnaissance.

Qu’est-ce donc que se reposer en Dieu ? Serait-ce la douce quiétude du chat près du feu de cheminée ?

Le psaume 61 porte la trace des combats menés auparavant :

« Combien de temps tomberez-vous sur un homme pour l’abattre, vous tous, comme un mur qui penche, une clôture qui croule ?
Détruire mon honneur est leur seule pensée : ils se plaisent à mentir.
Des lèvres, ils bénissent ; au fond d’eux-mêmes, ils maudissent. »

Des blessures reçues naît le constat – amer au début, puis libérateur – que la toute-puissance est une illusion. Même les échecs révèlent une autre façon d’exister : en consentant à ce qui est, en laissant faire activement ce qui advient.

S’appuyer sur sa réussite du moment ? Il suffit d’ouvrir les yeux pour voir tomber ceux qui hier étaient au sommet…

Compter sur sa force, sa santé, ses diplômes, son carnet de relations ? Tant que tout va bien pour vous, vos amis sont attentifs, vous soutiens ne manquent pas. Beaucoup détourneront la tête et vous retireront de leurs carnets Gmail si vous n’êtes plus fréquentable.

Quant à l’insouciance du fort qui croit triompher de tout, il suffira d’attendre pour la voir piteusement se défaire tôt ou tard devant la résistance du réel, devant la mort qui de toute façon aura raison de tout.

Le prophète Isaïe, dans cette ligne de remise en cause généralisée, ose même questionner l’amour maternel. S’il est une affection humainement fondatrice, solide et permanente, c’est bien celle d’une mère pour ses enfants. Et pourtant des enfants sont abandonnés, des fils oubliés ; des époux séparés renoncent à être parents etc. Isaïe a fait cette expérience bouleversante d’un amour plus fidèle que celui d’une mère, d’une femme, d’un enfant :

« Jérusalem disait : « Le Seigneur m’a abandonnée, mon Seigneur m’a oubliée. »
Une femme peut-elle oublier son nourrisson, ne plus avoir de tendresse pour le fils de ses entrailles ? Même si elle l’oubliait, moi, je ne t’oublierai pas, – dit le Seigneur. » (Is 49, 14-15)

Le psalmiste est donc passé par ces étapes déceptives où les liens les plus forts se révèlent aussi inconsistants que la fumée dans l’air, la buée se dégageant de la rosée du matin :

« Ah ! fumée, les fils de l’humain; tromperie, les fils de l’homme !
Aux balances, pour monter, ils sont ensemble moins qu’une fumée ! »

Une fois dissipés ces mirages de solidité dans l’être, reste la formidable source d’existence de Dieu en lui-même, gratuite, inconditionnelle, sans calcul ni manipulation.


Oui sur Dieu seul mon âme se repose.

Sur Dieu seul : pas de compromission avec des héros trop humains, avec des stratégies d’alliances intéressées. Pas de colosses aux pieds d’argile pour me faire illusion. Pas de sauveur providentiel à qui s’en remettre aveuglement, ni de leader charismatique à qui il faudrait tout jurer. Pas de conjoint adoré au point de trop lui demander, ni d’enfants instrumentalisés pour essayer de survivre à travers eux.

Le monde aurait beau s’écrouler, Dieu lui ne chancelle pas :

Car les montagnes peuvent s’écarter
et les collines chanceler,
mon amour ne s’écartera pas de toi,
mon alliance de paix ne chancellera pas,
dit Yahvé qui te console. (Is 54,10)


Le repos en Dieu au cœur de la Shoah

Une jeune femme juive a vécu cet enracinement en Dieu au milieu d’un chaos nazi envahissant le ghetto de Varsovie et les camps d’extermination polonais. Etty Hillesum est lucide sur le sort qui attend les juifs. Entre 1941 et 1943, à 27 ans, elle tient son journal qui va la faire parcourir un chemin d’approfondissement intérieur éblouissant. Sans le savoir, elle se met à fredonner et faire couler sur ses lèvres le psaume 61 :

Résultat de recherche d'images pour "hillesum etty une vie bouleversée"« Je me suis coupé les ongles des orteils, j’ai bu une tasse de vrai cacao Van Houten et mangé  une tartine de miel, le tout avec une vraie passion. J’ai ouvert la Bible au hasard, mais le passage n’apportait aucune réponse à ce début de matinée. Cela ne fait rien, du reste, Car il n’y avait pas de questions, seulement une grande confiance et une profonde reconnaissance pour la beauté de la vie, et c’est pourquoi ce jour est historique : non pas parce que je dois me rendre tout à l’heure à la Gestapo avec S., mais parce que malgré cela, je trouve la vie si belle.

Dieu n’a pas à nous rendre de comptes pour les folies que nous commettons. C’est à nous de rendre des comptes ! J’ai déjà subi mille morts dans mille camps de concentration. Tout m’est connu. Aucune information nouvelle ne m’angoisse plus. D’une façon ou d’une autre, je sais déjà tout. Et pourtant je trouve cette vie belle et riche de sens. À chaque instant. […]

Je sais tout, je suis capable de tout supporter, je deviens de plus en plus forte, et en même temps j’ai une certitude : je trouve la vie belle, digne d’être vécue et riche de sens. En dépit de tout. Cela ne veut pas dire qu’on se maintienne toujours sur le sommet et dans de pieuses pensées. On peut être brisée de fatigue d’avoir longtemps marché, d’avoir passé des heures à faire la queue, mais cela aussi c’est la vie, et quelque part en vous il y a quelque chose qui ne vous quittera plus jamais. » [1]

Le secret de ce repos en Dieu est dans l’intensité de chaque moment avec lui et en lui.

Combien d’heures n’ai-je pas vécu dont je disais : cette heure a été toute une vie, et si je devais mourir bientôt, ne vaudrait-elle pas tout le reste de ma vie ? J’en ai tant vécu de ces heures-là. Qu’est ce qui m’empêche de vivre aussi dans le ciel ? Le ciel existe, pourquoi n’y vivrait-on pas ? Mais en fait c’est plutôt l’inverse, c’est le ciel qui vit en moi. Cela me fait penser à une expression d’un poème de Rilke : univers intérieur (Weltinnenraum).  (page 201)

On croirait entendre Paul : « ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi » (Ga 2,20).

Le repos en Dieu est donc le repos de Dieu en moi, au sens où l’on laisse des feuilles  de thé reposer au fond de la tasse, l’imprégnant par osmose de leur essence jusqu’à en changer la couleur, le goût et l’odeur, jusqu’à se déposer au fond, tout au fond, matière noire, dans un secret échange poursuivant secrètement son alchimie avec ténacité, quoi qu’il arrive…

 

Mon âme se repose…

Si la vanité de vos soutiens humains vous apparaît soudain – heureuse exception -
Si la beauté de la vie vous bouleverse et vous invite à regarder plus haut – heureux éblouissement -
Si vous sentez approcher le moment du consentement à ce qui vous arrive, à vous-même – heureuse sagesse -
Si vous expérimentez dans le silence une confiance inexplicable que Dieu dépose en vous, et qu’ainsi vous reposez en Dieu,

alors ne cessez pas de cantiller, de laisser tournoyer en vous ce refrain intérieur. Ces paroles d’abandon vous établiront dans une paix sans fond :

Mon âme se repose en paix sur Dieu seul,
de lui vient mon salut,
oui sur Dieu seul mon âme se repose,
se repose en paix.

 ____________________________________________________________

 1. Etty Hillesum, Une vie bouleversée, Seuil, coll. Points, 1995, pp. 105 / 140 / 143.

 

 

PREMIÈRE LECTURE
« Moi, je ne t’oublierai pas » (Is 49, 14-15)
Lecture du livre du prophète Isaïe

Jérusalem disait : « Le Seigneur m’a abandonnée, mon Seigneur m’a oubliée. »
Une femme peut-elle oublier son nourrisson, ne plus avoir de tendresse pour le fils de ses entrailles ?
Même si elle l’oubliait, moi, je ne t’oublierai pas, – dit le Seigneur.

PSAUME

(Ps 61 (62), 2-3, 8, 9)
R/ En Dieu seul, le repos de mon âme. (cf. Ps 61, 2a)

Je n’ai de repos qu’en Dieu seul,
mon salut vient de lui.
Lui seul est mon rocher, mon salut,
ma citadelle : je suis inébranlable.

Mon salut et ma gloire
se trouvent près de Dieu.
Chez Dieu, mon refuge,
mon rocher imprenable !

Comptez sur lui en tous temps,
vous, le peuple.
Devant lui épanchez votre cœur :
Dieu est pour nous un refuge.

DEUXIÈME LECTURE

« Le Seigneur rendra manifestes les intentions des cœurs » (1 Co 4, 1-5)
Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens

Frères, que l’on nous regarde comme des auxiliaires du Christ et des intendants des mystères de Dieu. Or, tout ce que l’on demande aux intendants, c’est d’être trouvés dignes de confiance. Pour ma part, je me soucie fort peu d’être soumis à votre jugement, ou à celui d’une autorité humaine ; d’ailleurs, je ne me juge même pas moi-même. Ma conscience ne me reproche rien, mais ce n’est pas pour cela que je suis juste : celui qui me soumet au jugement, c’est le Seigneur. Ainsi, ne portez pas de jugement prématuré, mais attendez la venue du Seigneur, car il mettra en lumière ce qui est caché dans les ténèbres, et il rendra manifestes les intentions des cœurs. Alors, la louange qui revient à chacun lui sera donnée par Dieu.

ÉVANGILE

« Ne vous faites pas de souci pour demain » (Mt 6, 24-34) Alléluia. Alléluia.
Elle est vivante, énergique, la parole de Dieu ; elle juge des intentions et des pensées du cœur.
Alléluia. (cf. He 4, 12)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Nul ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’Argent.
 C’est pourquoi je vous dis : Ne vous souciez pas, pour votre vie, de ce que vous mangerez, ni, pour votre corps, de quoi vous le vêtirez. La vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que les vêtements ? Regardez les oiseaux du ciel : ils ne font ni semailles ni moisson, ils n’amassent pas dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. Vous-mêmes, ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ? Qui d’entre vous, en se faisant du souci, peut ajouter une coudée à la longueur de sa vie ? Et au sujet des vêtements, pourquoi se faire tant de souci ? Observez comment poussent les lis des champs : ils ne travaillent pas, ils ne filent pas. Or je vous dis que Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n’était pas habillé comme l’un d’entre eux. Si Dieu donne un tel vêtement à l’herbe des champs, qui est là aujourd’hui, et qui demain sera jetée au feu, ne fera-t-il pas bien davantage pour vous, hommes de peu de foi ? Ne vous faites donc pas tant de souci ; ne dites pas : ‘Qu’allons-nous manger ?’ ou bien : ‘Qu’allons-nous boire ?’ ou encore : ‘Avec quoi nous habiller ?’ Tout cela, les païens le recherchent. Mais votre Père céleste sait que vous en avez besoin. Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. Ne vous faites pas de souci pour demain : demain aura souci de lui-même ; à chaque jour suffit sa peine. »
Patrick BRAUD

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13 février 2017

Le vrai sanctuaire, c’est vous

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

Le vrai sanctuaire, c’est vous

Homélie du 7° dimanche du temps ordinaire / année A 19/02/2017
Cf. également :

Boali, ou l’amour des ennemis

También la lluvia : même la pluie !

Pray for Paris

L’amour du prochain et le « care »

J’ai trois amours

Amoris laetitia : la joie de l’amour

 

L’ancien évêque brésilien de Récife, Dom Helder Camara, racontait autrefois :

Afficher l'image d'origineUn jour, une délégation est venue me voir, ici, à Recife : - « Vous savez, Dom Helder, il y a un voleur qui a réussi à pénétrer dans telle église. Il a ouvert le tabernacle. Comme il ne s’intéressait qu’au ciboire, il a jeté les hosties par terre, dans la boue… Vous entendez, Dom Helder : le Seigneur vivant jeté dans la boue !… Nous avons recueilli ces hosties et les avons portées en procession jusqu’à l’église, mais il faut faire une grande cérémonie de réparation !… » - « Oui, je suis d’accord. On va préparer une procession eucharistique. On va réunir tout le monde. On va vraiment faire un acte de réparation. Le jour de la cérémonie, quand tout le monde était là, j’ai dit : « Seigneur, au nom de mon frère le voleur, je te demande pardon. Il ne savait pas ce qu’il faisait. Il ne savait pas que tu es vraiment présent et vivant dans l’Eucharistie. Ce qu’il a fait nous touche profondément. Mais mes amis, mes frères, comme nous sommes tous aveugles ! Nous sommes choqués parce que notre frère, ce pauvre voleur, a jeté les hosties, le Christ eucharistique dans la boue, mais dans la boue vit le Christ tous les jours, chez nous, au Nordeste ! Il nous faut ouvrir les yeux ! » Et je disais que le meilleur fruit de la communion au Corps du Christ dans l’Eucharistie serait que le Christ ainsi reçu nous ouvre les yeux et nous aide à de reconnaître l’Eucharistie des pauvres, des opprimés, de ceux qui souffrent. C’est sur cela que nous serons jugés, le dernier jour… [1]

Contestant toutes les réductions de la spiritualité chrétienne à des états d’âme intérieurs, Dom Helder Camara rappelait dans cet épisode célèbre le cœur de la désacralisation biblique que Paul résumait ainsi dans notre première lecture :

Frères, ne savez-vous pas que vous êtes un sanctuaire de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? Si quelqu’un détruit le sanctuaire de Dieu, cet homme, Dieu le détruira, car le sanctuaire de Dieu est saint, et ce sanctuaire, c’est vous. (1Co 3,16)

Les juifs, découvrant l’altérité radicale d’un Dieu unique, contestent logiquement les sacralisations opérées par les polythéismes ambiants. Non, la nature n’est pas sacrée, ni les bois, ni les pierres, ni les fétiches construits par de soi-disant sorciers. Non, le sanctuaire n’est pas fait d’or ou d’argent, mais de chair et le sang, car « le sanctuaire c’est vous ».

Le peuple hébreu se l’est entendu dire dès le début de l’Exode :

« Ils me feront un sanctuaire, et j’habiterai au milieu d’eux » (Ex 25,8)

Afficher l'image d'origineVous avez bien lu. Le texte ne commet pas de faute. Normalement, on aurait dû lire : « vous construirez ce sanctuaire afin que j’habite en lui ». Mais non ! Israël a construit le Temple pour que Dieu habite dans le cœur de chacun, et non dans les pierres. L’Église construit des cathédrales, non pour y enfermer l’Esprit du Christ, mais pour que l’Esprit du Christ habite en nous. Les bâtiments sont des symboles, des médiations, pour que Dieu fasse de nous son Temple vivant. Si Notre-Dame de Paris était détruite dans une prochaine guerre, la foi chrétienne n’en serait pas détruite pour autant, car l’inhabitation de Dieu en chacun n’est pas liée au sort de nos cathédrales.

Même l’eucharistie, sacrement suprême de la présence divine, ne peut être idolâtrée. Car ce serait idolâtrer l’eucharistie que de la chosifier (en la limitant aux hosties consacrées par exemple) en la coupant de sa réalisation humaine. La vérité de l’eucharistie est dans la justice rendue aux pauvres, dans le droit protégeant les faibles, dans la solidarité établissant la dignité des moins que rien.

Imaginez que vous vous approchiez du Christ pour l’embrasser au visage alors que vous lui écrasez les pieds avec de gros souliers ferrés. Eh bien – s’écriait saint Augustin – « le Christ criera plus fort pour ses pieds qu’on écrase que pour sa tête qu’on honore » !

Et le cardinal Ratzinger écrivait autrefois :

« seul célèbre vraiment l’Eucharistie celui qui l’achève dans le service divin de tous les jours qu’est l’amour fraternel » [2].

 L’évangile du jour nous montre Jésus dessinant les contours du culte nouveau, « en esprit et en vérité » : ne pas riposter aux méchants, aimer son prochain comme soi-même, tendre l’autre jour, aimer ses ennemis, être parfait comme notre Père céleste est parfait (Mt 5 ; Lv 19,2).

La tradition chrétienne parle d’ailleurs du sacrement du frère indissociable du sacrement de l’autel, les deux se renvoyant mutuellement sans cesse l’un à l’autre. Impossible en effet d’aimer ses ennemis sans aller puiser à la source de l’amour gratuit et inconditionnel qu’est le don de soi du Christ dans son eucharistie. Car aimer celui qui me fait du mal n’est pas naturel. C’est sur-naturel, disaient les anciens à juste titre. Impossible également d’adorer  le Saint Sacrement sans en même temps honorer la dignité d’enfants de Dieu des plus petits, les étrangers, des méprisés, des sans-grades…

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Le véritable sanctuaire de Dieu, c’est vous.

Paul dynamite les pseudo-spiritualités qui voudraient soit à faire retour à la Terre-mère (sous prétexte d’écologie ou de vagues influences orientales), soit faire retour à une dévotion désincarnée (même revisitée d’une manière charismatique ou folklorique) qui a eu ses heures de gloire autrefois et tente à nouveau des jeunes générations sans repères.

Tout homme est une histoire sacrée : nous avons raison de le chanter. Adorer Dieu dans son sanctuaire et l’adorer en chaque être humain sont des mouvements distincts, mais indissociables : l’un implique l’autre, comme l’amour de Dieu implique l’amour du prochain et réciproquement.

Impossible alors à qui entre dans le sanctuaire divin de se désintéresser de ce que devient l’identité divine de chacun très concrètement : un logement décent, la possibilité d’un travail humanisant, être protégé contre toute forme de domination et d’exploitation etc.

À l’approche des présidentielles françaises, il est bon de rappeler ce lien eucharistie - engagement social. Voter, c’est prendre position sur des questions sociales complexes et mouvantes. Personne ne peut rêver d’être 100% cohérent entre sa pratique dominicale et son vote politique. Ce qui engendre un pluralisme nécessaire et légitime. Cette tension est constitutive de la double identité chrétienne que décrivait la lettre à Diognète au III° siècle :

« Les chrétiens se répartissent dans les cités grecques et barbares suivant le lot échu à chacun ; ils se conforment aux usages locaux pour les vêtements, la nourriture et la manière de vivre, tout en manifestant les lois extraordinaires et vraiment paradoxales de leur république spirituelle. Ils résident chacun dans sa propre patrie, mais comme des étrangers domiciliés. Ils s’acquittent de tous leurs devoirs de citoyens et supportent toutes les charges comme des étrangers. Toute terre étrangère leur est une patrie et toute patrie une terre étrangère. Ils se marient comme tout le monde, ils ont des enfants, mais ils n’abandonnent pas leurs nouveau-nés. Ils partagent tous la même table, mais non la même couche. Ils sont dans la chair, mais ne vivent pas selon la chair. Ils passent leur vie sur la terre, mais sont citoyens du ciel. Ils obéissent aux lois établies et leur manière de vivre l’emporte en perfection sur les lois. Ils aiment tous les hommes et tous les persécutent. On les méconnaît, on les condamne ; on les tue et par là ils gagnent la vie. Ils sont pauvres et enrichissent un grand nombre. Ils manquent de tout et ils surabondent en toutes choses. On les méprise et dans ce mépris ils trouvent leur gloire. On les calomnie et ils sont justifiés. On les insulte et ils bénissent. On les outrage et ils honorent. Ne faisant que le bien, ils sont châtiés comme des scélérats. Châtiés, ils sont dans la joie comme s’ils naissaient à la vie. »

Cette tension et féconde, lorsqu’elle nous oblige à revisiter nos options politiques à la lumière de l’Évangile, comme à revisiter nos pratiques religieuses à l’aune du critère du respect de l’humain en lequel réside l’Esprit de Dieu.

 

Le véritable sanctuaire de Dieu, c’est vous.

Regardez-vous dans le miroir du matin avec cette phrase de Paul. Vous y décernerez un autre visage de vous-même…

Regardez vos proches, vos collègues, vos voisins avec cette conviction de Paul : chacun est habité par l’Esprit de Dieu, il est plus sacré que toutes les idoles environnantes…

 


[1] . Dom Helder Camara, Les conversions d’un évêque, Seuil, 1977, p. 145, chapitre « L’Eucharistie du pauvre ».
[2] . Joseph Ratzinger, Le nouveau peuple de Dieu, Paris, 1971, p. 17.

 

1ère lecture : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même »(Lv 19, 1-2.17-18) Lecture du livre des Lévites

Le Seigneur parla à Moïse et dit : « Parle à toute l’assemblée des fils d’Israël. Tu leur diras : Soyez saints, car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint. Tu ne haïras pas ton frère dans ton cœur. Mais tu devras réprimander ton compatriote, et tu ne toléreras pas la faute qui est en lui. Tu ne te vengeras pas. Tu ne garderas pas de rancune contre les fils de ton peuple. Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je suis le Seigneur. »

Psaume : Ps 102 (103), 1-2, 3-4, 8.10, 12-13

R/ Le Seigneur est tendresse et pitié. (Ps 102, 8a)

Bénis le Seigneur, ô mon âme, bénis son nom très saint, tout mon être !
Bénis le Seigneur, ô mon âme, n’oublie aucun de ses bienfaits !

Car il pardonne toutes tes offenses et te guérit de toute maladie ;
il réclame ta vie à la tombe et te couronne d’amour et de tendresse.

Le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d’amour ;
il n’agit pas envers nous selon nos fautes, ne nous rend pas selon nos offenses.

Aussi loin qu’est l’orient de l’occident, il met loin de nous nos péchés ;
comme la tendresse du père pour ses fils, la tendresse du Seigneur pour qui le craint !

2ème lecture : « Tout est à vous, mais vous, vous êtes au Christ, et le Christ est à Dieu » (1 Co 3, 16-23) Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens

Frères, ne savez-vous pas que vous êtes un sanctuaire de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? Si quelqu’un détruit le sanctuaire de Dieu, cet homme, Dieu le détruira, car le sanctuaire de Dieu est saint, et ce sanctuaire, c’est vous. Que personne ne s’y trompe : si quelqu’un parmi vous pense être un sage à la manière d’ici-bas, qu’il devienne fou pour devenir sage. Car la sagesse de ce monde est folie devant Dieu. Il est écrit en effet : C’est lui qui prend les sages au piège de leur propre habileté. Il est écrit encore : Le Seigneur le sait : les raisonnements des sages n’ont aucune valeur ! Ainsi, il ne faut pas mettre sa fierté en tel ou tel homme. Car tout vous appartient, que ce soit Paul, Apollos, Pierre, le monde, la vie, la mort, le présent, l’avenir : tout est à vous, mais vous, vous êtes au Christ, et le Christ est à Dieu.

Evangile : « Aimez vos ennemis » (Mt 5, 38-48)

Acclamation : Alléluia. Alléluia.  En celui qui garde la parole du Christ l’amour de Dieu atteint vraiment sa perfection. Alléluia. (1 Jn 2, 5)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Vous avez appris qu’il a été dit : Œil pour œil, et dent pour dent. Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant ; mais si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l’autre. Et si quelqu’un veut te poursuivre en justice et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau. Et si quelqu’un te réquisitionne pour faire mille pas, fais-en deux mille avec lui. À qui te demande, donne ; à qui veut t’emprunter, ne tourne pas le dos !

 Vous avez appris qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Eh bien ! moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. En effet, si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. »
Patrick BRAUD

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6 février 2017

Tu dois, donc tu peux

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

Tu dois, donc tu peux

Homélie du 6° dimanche du temps ordinaire / année A
12/02/2017

Cf. également :

Donne-moi la sagesse, assise près de toi

Accomplir, pas abolir

 

« Si tu veux, tu peux »

Ainsi parle Ben Sirac le Sage dans notre première lecture (Si 15,15-20) :

« Si tu le veux, tu peux observer les commandements, il dépend de ton choix de rester fidèle. Le Seigneur a mis devant toi l’eau et le feu : étends la main vers ce que tu préfères. La vie et la mort sont proposées aux hommes, l’une ou l’autre leur est donnée selon leur choix. Car la sagesse du Seigneur est grande, fort est son pouvoir, et il voit tout. Ses regards sont tournés vers ceux qui le craignent, il connaît toutes les actions des hommes. Il n’a commandé à personne d’être impie, il n’a donné à personne la permission de pécher. »

Pour les juifs, la Torah est le fondement de la responsabilité individuelle. Celui qui ne connaît pas les commandements ne peut pas pécher devant Dieu (encore que la voix de sa conscience suffit à édicter des commandements naturels). C’est la révélation du Sinaï, le décalogue transmis par Moïse et enrichi tout au long de l’Ancien Testament au point de constituer un corpus de 613 commandements, c’est l’appel à observer ces lois qui fonde la possibilité pour chacun de se dépasser en tendant vers le bien plutôt que le mal clairement désigné, vers la vie plutôt que vers la mort.

S’il n’y a pas de loi morale, il n’y a pas de responsabilité éthique, et il n’y a pas non plus la possibilité pour l’homme de s’élever au-dessus de sa nature animale. La Torah a éduqué le peuple juif et l’a fait grandir en l’appelant à être plus, à faire mieux.

Afficher l'image d'origineLes chrétiens ont hérité de cette architecture devoir => vouloir => pouvoir. Jésus l’a  même radicalisée, en nous appelant à être « parfaits comme notre Père céleste est parfait » (Mt 5,48). Ainsi, dans ce célèbre chapitre 5 de Matthieu, Jésus est comme le nouveau Moïse sur la nouvelle montagne près du lac de Tibériade donnant la loi nouvelle au peuple : « vous avez appris qu’il a été dit… Eh bien ! Moi je vous dis… »

Cette loi nouvelle découle de l’habitation de l’Esprit en nous, qui nous fait adopter les mœurs de Dieu, c’est-à-dire sa manière à lui d’aimer, de pardonner, de se donner. Par exemple : « aimez vos ennemis » semble impossible humainement. Mais justement, l’impératif ouvre en nous une possibilité insoupçonnée d’aimer comme Dieu aime, en ne rendant pas le mal pour le mal, la haine pour la haine, la violence pour la violence, mais en priant pour que son ennemi se détourne du mal. La loi nouvelle du Christ accomplit la Torah, et – parce qu’elle vient de l’avenir, de notre union totale à Dieu en Dieu – elle suscite en nous une liberté extraordinaire en même temps qu’une responsabilité infinie. L’Esprit habitant en nous nous fait vouloir ce que Dieu veut, et la vieille maxime de la Sagesse nous encourage alors : « si tu veux, tu peux ». Pardonner à nos ennemis, devenir fidèles alors que l’autre est infidèle, chasser la colère et l’insulte, se réconcilier avant qu’il ne soit trop tard, ne pas convoiter, garantir un oui intègre (cf. Mt 5) : toutes les prescriptions de Jésus sur le Mont des Béatitudes ont une fonction pédagogique : nous éduquer à la manière divine d’aimer.

 

Emmanuel Kant : tu dois, donc tu peux

Cet héritage judéo-chrétien a fortement marqué la philosophie occidentale. Emmanuel Kant est l’exemple formel le plus abouti de ce lien loi => liberté => responsabilité. Il formule l’autre célèbre maxime : « tu dois, donc tu peux », qui fait de l’éthique le fondement du développement humain.

« Supposons que quelqu’un affirme, en parlant de son penchant au plaisir, qu’il lui est tout à fait impossible d’y résister quand se présente l’objet aimé et l’occasion : si, devant la maison où il rencontre cette occasion, une potence était dressée pour l’y attacher aussitôt qu’il aurait satisfait sa passion, ne triompherait-il pas alors de son penchant ? On ne doit pas chercher longtemps ce qu’il répondrait. Mais demandez-lui si, dans le cas où son prince lui ordonnerait en le menaçant d’une mort immédiate, de porter un faux témoignage contre un honnête homme qu’il voudrait perdre sous un prétexte plausible, il tiendrait comme possible de vaincre son amour pour la vie, si grand qu’il puisse être. Il n’osera peut-être pas assurer qu’il le ferait ou qu’il ne le ferait pas, mais il accordera sans hésiter que cela lui est possible.

Il juge donc qu’il peut faire une chose, parce qu’il a conscience qu’il doit la faire et il reconnaît ainsi en lui la liberté qui, sans la loi morale, lui serait restée inconnue. »

Emmanuel KANT, Critique de la raison pratique, 1788, Trad. Picavet, page 30

L’intérêt de l’analyse kantienne est de montrer que c’est paradoxalement l’expérience qu’on appelle morale, l’expérience du devoir qui est révélatrice de la liberté humaine. C’est parce que j’éprouve l’obligation morale que je me découvre capable de me rendre indépendant des inclinations naturelles pour m’autodéterminer rationnellement. Le « tu dois » me révèle le « tu peux » quand bien même je suis peu disposé à mettre en œuvre cette liberté.

Découvrant en soi la loi morale universelle et transcendante, chacun a alors la possibilité de répondre à cette vocation humaine en devenant un être plus moral, capable d’orienter librement ses actes vers le bien et d’en répondre. Kant ne nie pas les difficultés à obéir à cette voix de la conscience, que ce soit à cause de l’éducation familiale, des déterminismes sociaux, des conditionnements économiques etc. Mais pour lui, la caractéristique humaine est de pouvoir choisir librement, dès lors que le devoir moral est clairement énoncé.

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Jean-Jacques Rousseau : tu peux, donc tu dois

La position kantienne est largement contestée par d’autres philosophes. Nietzsche va remplacer le devoir moral par la vitalité du surhomme qui doit advenir. Freud  montera la prétendue liberté humaine largement manipulée par l’inconscient. Marx affirmera que les rapports socio-économiques, rapports de forces et non d’éthique, conditionne les lois morales largement manipulées par les dominants (la bourgeoisie).

Celui qui a inversé la locomotive kantienne (devoir => pouvoir) est sans doute Jean-Jacques Rousseau. Précurseur des Lumières, voulant s’émanciper de toute tutelle morale, chantre de l’idée de Progrès qui allait engendrer la modernité, Rousseau ouvre la voie à l’exploration des possibles sous le seul critère de la conquête de la nature : puisque c’est possible, il faut l’expérimenter.

Tout commence avec la notion de perfectibilité chez Rousseau. Par rapport aux anciennes normes d’origine religieuse, l’homme a le devoir de s’accomplir au maximum. Le bonheur n’est plus seulement une promesse, une quête ou un don comme par surcroît. Il tend à devenir un droit. On vérifie là l’aboutissement extrême du processus de sécularisation qui ne concerne pas seulement la société et les modes de vie, mais l’exercice même de la conscience. On observe un parallélisme indéniable entre la fin du théologico-politique et la fin du théologico-éthique. Il y a comme un renversement du principe kantien : « tu dois, donc tu peux » qui deviens « tu peux, donc tu dois ». L’homme n’a pas seulement droit à la santé ; il a droit à un mieux-être, en un mot au bonheur. S’il y a de nouvelles possibilités techniques dans l’ordre biologique, dans l’ordre de la performance physique et de la jouissance, alors cela devient un droit.

Henri-Jérôme Gagey, Le bonheur, deuxième cycle de théologie biblique et systématique, Institut Catholique de Paris

Afficher l'image d'origineLe philosophe Jean-Marie Guyau, à la fin du XIX° siècle a prolongé la réflexion de Rousseau : « Tu peux, donc tu dois ». Dès lors qu’on a les moyens d’exprimer, par exemple de réduire la souffrance en médecine, c’est un devoir que de s’y employer.

Tu peux, donc tu dois. C’est finalement cette revendication d’autonomie qui a prévalu et commande encore bien des repères moraux. Tu peux changer de genre, donc tu dois assumer ton désir de changer de sexe. Tu peux aller avorter légalement, sans risque ni frais, dont tu dois le faire si tu penses que cela est mieux pour toi. Nous pouvons imaginer un homme transgénique, voire transhumaniste, donc nous devons explorer cette voie avec force prothèses, implants, organes et cerveau de substitution… La liste est vertigineuse : le néolibéralisme, en plaçant les potentialités scientifiques et techniques avant le devoir moral, va autoriser toutes les expérimentations sur le corps humain, la vie, la drogue, la mort etc. uniquement parce qu’il interdit d’interdire a priori (selon ce malheureux slogan de Mai 68).

C’est la puissance qui est devenue la norme du devoir et non le contraire. Mais est-ce parce qu’on a le pouvoir de commettre un acte qu’on a le devoir de le faire ?

La mentalité moderne a donc inversé la maxime kantienne : d’abord l’efficacité, l’efficience, la transformation du monde, puis la question de savoir pour-quoi, pour quel but. Dans la mentalité moderne, on est dans le règne du « tu peux, donc tu dois » ; ce que la technique nous permet de réaliser, sera de fait tenté par quelqu’un, aussi absurde et inutile que cela puisse paraître : on peut fusionner des gènes de poule et de lapin, donc on fait une « lapoule » ; on peut cloner des humains, donc on le fait ; etc.

 

Résister à l’utilitarisme

Afficher l'image d'origineEntre Kant et Rousseau, le match semble plié… Voire ! Car le retour du religieux, musulman ou chrétien, vient contester cette soi-disant primauté de l’expérience sur la décision, de la faisabilité sur l’éthique. Ce n’est pas parce que c’est faisable qu’il faut tenter de le faire. Sinon nous verrons resurgir des Mengele, des esclavagistes nouveaux, des tyrans numériques plus puissants que les anciens…

Il y a des interdits fondateurs et structurants de l’identité humaine. Le seul arbre de la Genèse qui devait échapper à l’humanité n’était pas l’arbre de la vie, mais l’arbre de la connaissance du bien et du mal. L’art de la distinction entre le bien et le mal ne relève pas du choix humain. Si l’homme s’arroge le droit de définir ce qui est bien, que ce soit au vote majoritaire ou par l’autorité du prince, il subordonnera vite la définition du bien à son intérêt, à ce qu’il peut effectuer, à l’usage qu’il peut en faire. La Torah juive, le sermon sur la montagne de Jésus, et le Coran à sa manière proclament tous les trois que l’homme n’est pas la source du bien et ne peut le manipuler à sa guise.

L’impératif éthique précède l’action droite : « tu dois, donc tu peux ». Sinon, l’utilitarisme triomphera : « tu peux, donc tu dois ».

Soyons vigilants sur ce lien loi – éthique sous peine d’annuler la parole du Christ : « on vous a dit… Eh bien ! Moi je vous dis… ».

 

 

1ère lecture : « Il n’a commandé à personne d’être impie » (Si 15, 15-20) Lecture du livre de Ben Sira le Sage

Si tu le veux, tu peux observer les commandements, il dépend de ton choix de rester fidèle. Le Seigneur a mis devant toi l’eau et le feu : étends la main vers ce que tu préfères. La vie et la mort sont proposées aux hommes, l’une ou l’autre leur est donnée selon leur choix. Car la sagesse du Seigneur est grande, fort est son pouvoir, et il voit tout. Ses regards sont tournés vers ceux qui le craignent, il connaît toutes les actions des hommes. Il n’a commandé à personne d’être impie, il n’a donné à personne la permission de pécher.

Psaume : Ps 118 (119), 1-2, 4-5, 17-18, 33-34
R/ Heureux ceux qui marchent suivant la loi du Seigneur !  (cf. Ps 118, 1)

Heureux les hommes intègres dans leurs voies qui marchent suivant la loi du Seigneur ! 
Heureux ceux qui gardent ses exigences, ils le cherchent de tout cœur !

Toi, tu promulgues des préceptes à observer entièrement. 
Puissent mes voies s’affermir à observer tes commandements !

Sois bon pour ton serviteur, et je vivrai, j’observerai ta parole. 
Ouvre mes yeux, que je contemple les merveilles de ta loi.

Enseigne-moi, Seigneur, le chemin de tes ordres ; à les garder, j’aurai ma récompense. 
Montre-moi comment garder ta loi, que je l’observe de tout cœur.

2ème lecture : « La sagesse que Dieu avait prévue dès avant les siècles pour nous donner la gloire » (1 Co 2, 6-10)
Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens

Frères, c’est bien de sagesse que nous parlons devant ceux qui sont adultes dans la foi, mais ce n’est pas la sagesse de ce monde, la sagesse de ceux qui dirigent ce monde et qui vont à leur destruction. Au contraire, ce dont nous parlons, c’est de la sagesse du mystère de Dieu, sagesse tenue cachée, établie par lui dès avant les siècles, pour nous donner la gloire. Aucun de ceux qui dirigent ce monde ne l’a connue, car, s’ils l’avaient connue, ils n’auraient jamais crucifié le Seigneur de gloire. Mais ce que nous proclamons, c’est, comme dit l’Écriture : ce que l’œil n’a pas vu,ce que l’oreille n’a pas entendu,ce qui n’est pas venu à l’esprit de l’homme,ce que Dieu a préparé pour ceux dont il est aimé. Et c’est à nous que Dieu, par l’Esprit, en a fait la révélation. Car l’Esprit scrute le fond de toutes choses, même les profondeurs de Dieu.

Evangile : « Il a été dit aux Anciens. Eh bien ! moi, je vous dis » (Mt 5, 17-37
Acclamation : Alléluia. Alléluia.Tu es béni, Père, Seigneur du ciel et de la terre, tu as révélé aux tout-petits les mystères du Royaume !
Alléluia. (cf. Mt 11, 25)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir. Amen, je vous le dis : Avant que le ciel et la terre disparaissent, pas un seul iota, pas un seul trait ne disparaîtra de la Loi jusqu’à ce que tout se réalise. Donc, celui qui rejettera un seul de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire ainsi, sera déclaré le plus petit dans le royaume des Cieux. Mais celui qui les observera et les enseignera, celui-là sera déclaré grand dans le royaume des Cieux. Je vous le dis en effet : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux.

 Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre, et si quelqu’un commet un meurtre, il devra passer en jugement. Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement. Si quelqu’un insulte son frère, il devra passer devant le tribunal. Si quelqu’un le traite de fou, il sera passible de la géhenne de feu. Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande, là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande. Mets-toi vite d’accord avec ton adversaire pendant que tu es en chemin avec lui, pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge, le juge au garde, et qu’on ne te jette en prison. Amen, je te le dis : tu n’en sortiras pas avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou.

 Vous avez appris qu’il a été dit : Tu ne commettras pas d’adultère. Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui regarde une femme avec convoitise a déjà commis l’adultère avec elle dans son cœur. Si ton œil droit entraîne ta chute, arrache-le et jette-le loin de toi, car mieux vaut pour toi perdre un de tes membres que d’avoir ton corps tout entier jeté dans la géhenne. Et si ta main droite entraîne ta chute, coupe-la et jette-la loin de toi, car mieux vaut pour toi perdre un de tes membres que d’avoir ton corps tout entier qui s’en aille dans la géhenne. Il a été dit également : Si quelqu’un renvoie sa femme,qu’il lui donne un acte de répudiation. Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui renvoie sa femme, sauf en cas d’union illégitime, la pousse à l’adultère ; et si quelqu’un épouse une femme renvoyée, il est adultère.

 Vous avez encore appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne manqueras pas à tes serments,mais tu t’acquitteras de tes serments envers le Seigneur. Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas jurer du tout, ni par le ciel, car c’est le trône de Dieu, ni par la terre, car elle est son marchepied, ni par Jérusalem, car elle est la Ville du grand Roi. Et ne jure pas non plus sur ta tête, parce que tu ne peux pas rendre un seul de tes cheveux blanc ou noir. Que votre parole soit ‘oui’, si c’est ‘oui’, ‘non’, si c’est ‘non’. Ce qui est en plus vient du Mauvais. » Patrick BRAUD

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