Guérir de la violence sacrificielle
Guérir de la violence sacrificielle
Homélie pour le 4° Dimanche de Carême / Année A
15/03/26
Cf. également :
Les faits sont têtus !
Rousseur et cécité : la divine embauche !
Témoin, à la barre !
Faut-il shabbatiser le Dimanche ?
La barre de fraction de la foi
Ne vous habituez pas à vivre dans le mensonge
La violence a besoin du mensonge
L’Évangile que nous venons d’entendre (Jn 9,1-41) commence par une question apparemment religieuse, presque pieuse : « Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? »
Cette question, nous la comprenons bien. Elle nous habite encore aujourd’hui.
Face à la souffrance, face au malheur innocent, nous cherchons spontanément une cause, et très souvent… un coupable.
Quelqu’un a bien dû faire quelque chose ! Quelqu’un doit bien être responsable !
C’est humain. Mais c’est précisément ce mécanisme que Jésus va démonter, pièce par pièce, tout au long de ce récit. Voyons comment.
« Qui a péché ? » : le mécanisme victimaire
La question des disciples est typiquement victimaire : face au malheur innocent, la communauté cherche qui accuser pour rétablir l’ordre symbolique.
L’aveugle-né est différent, marginal, silencieux au départ. Il est là. Il n’a encore rien dit. Il ne réclame rien. Mais déjà, on parle sur lui, à propos de lui, contre lui. Il est différent. Il est fragile. Il est marginal. Autrement dit : il est le candidat idéal pour porter la faute. Il a le profil-type du coupable qui doit devenir victime. La faute est même déplacée sur ses parents : le groupe élargit le cercle de la culpabilité pour être sûr d’englober la racine du mal.
René Girard a montré [1] que les sociétés humaines, lorsqu’elles sont confrontées à une crise ‑ maladie, désordre, peur -, cherchent instinctivement à canaliser leur angoisse en la concentrant sur une personne pour en faire un bouc émissaire.
Et voici que Jésus refuse d’entrer dans ce jeu : « Ni lui ni ses parents n’ont péché ».
Cette parole est révolutionnaire. Elle ne donne pas d’explication. Elle retire simplement la victime du banc des accusés. Jésus empêche que la souffrance de cet homme devienne le prétexte à une condamnation collective. Il court-circuite ainsi le mécanisme sacrificiel, en refusant d’accuser quiconque, en empêchant la constitution d’un coupable.
Le péché premier n’est pas la cécité, mais le besoin de désigner un responsable.
Jésus ne répond pas à la violence par une autre violence : il désigne la victime comme innocente.
Nos sociétés cherchent toujours des responsables (malades, pauvres, migrants, “déviants” etc.). L’Évangile révèle ce mécanisme meurtrier au lieu de le sacraliser. Il dévoile la racine religieuse de la violence, afin de la subvertir.
« Ainsi donc ils étaient divisés » : quand le réel menace l’ordre collectif
On pourrait penser que la guérison va tout arranger. Mais c’est exactement l’inverse qui se produit. L’homme voit désormais clair, et c’est la communauté qui est aveuglée. Il est rétabli dans son intégrité, et c’est le collectif qui entre en confusion.
Pourquoi ? Parce que tant qu’il était aveugle, tout allait bien. Tant que l’aveugle était aveugle, le système fonctionnait. Il avait sa place : celle de l’exclu toléré, du marginal utile à l’équilibre du système.
La guérison ne produit pas l’unanimité. Elle fracture la communauté : les pharisiens se divisent, les interrogatoires se multiplient, la tension monte. La guérison n’apaise pas le groupe, elle provoque une crise. Elle dérange l’ordre établi. Elle détruit l’équilibre qui était fondé sur l’exclusion. Elle oblige à se poser des questions dangereuses :
– Et si nous nous étions trompés ?
– Et s’il n’était pas coupable ?
– Et si notre regard était faux dès le début ?
Voilà une indication précieuse pour nous : une vraie guérison ne conforte pas l’ordre injuste, au contraire, elle le conteste en le dévoilant. La vérité n’apaise pas toujours immédiatement. Elle commence par défaire des équilibres injustes.
Le Christ ne restaure pas la paix par le sacrifice, mais par la vérité.
Ne nous étonnons pas, même si les conséquences sont douloureuses : toute libération authentique dérange les systèmes établis. L’Église doit choisir entre paix factice et vérité évangélique.
« Tu es tout entier plongé dans le péché depuis ta naissance » : quand le groupe fabrique un coupable
Alors le système se défend.
On interroge l’homme. On soupçonne ses parents. On cherche à reconstruire un récit où Jésus serait pécheur, et où l’homme guéri serait menteur ou ingrat.
Pourquoi tant d’insistance ?
Parce que le groupe ne supporte pas que la victime soit innocente. Car si elle est innocente, alors le système est injuste.
Lorsque l’unanimité se fissure, la violence cherche à rétablir la cohésion en s’unissant contre un ennemi, contre un coupable. Dans les sociétés traditionnelles, cela allait jusqu’aux sacrifices humains, dans des orgies d’éviscération et de décapitation au sommet des pyramides aztèques, incas ou mayas, ou sur les bûchers des sorcières en Europe… Les albinos sont accusés d’apporter le malheur dans les sociétés africaines, et on accusait les juifs d’être la cause de la Grande Peste d’Occident (XIV° siècle) !
Le groupe tente de déplacer la culpabilité du système vers l’individu, du collectif vers la victime.
Ici on ne tue pas, mais on disqualifie, on intimide, on fait taire. Les parents ont peur. Ils se taisent. Ils choisissent la sécurité plutôt que la vérité.
Et l’homme, lui, devient de plus en plus libre.
Aujourd’hui encore, quand le témoignage menace l’ordre établi, les puissants ou la foule cherchent à disqualifier le témoin.
Méfiez-vous si on vous présente une vérité qui ne serait pas subversive !
Ce mécanisme est toujours actif : les lanceurs d’alerte sont menacés, les prophètes sont bâillonnés, les témoins sont pointés du doigt comme des gêneurs qui dérangent.
« Ils le jetèrent dehors » : l’exclusion-sacrifice
C’est le point culminant du mécanisme victimaire. Ne pouvant plus le faire taire, ne pouvant plus l’incriminer, on exclut l’aveugle guéri : « Ils le jetèrent dehors ». Cette exclusion signifie pour l’exclu un bannissement, une perte dramatique de tout statut social, une rupture de tout lien vital.
Ce geste remplace ici le sacrifice ancien. Autrefois, on immolait une victime pour rétablir la paix. Ou bien on chassait le bouc émissaire pour qu’il périsse au désert.
Ici, on l’expulse. Le mécanisme est le même : rétablir l’ordre en supprimant celui qui dérange. La violence est symbolique, mais réelle. Le groupe retrouve momentanément sa cohésion contre un seul.
Et c’est là que l’Évangile révèle quelque chose de radicalement nouveau : l’exclusion est une violence religieuse, une insulte au Dieu de Jésus-Christ, qui se tient toujours du côté de l’exclu.
Qui sont aujourd’hui ceux que l’on « jette dehors » ?
Où se tiennent les chrétiens par rapport à eux ?
Sommes-nous prêts à être nous aussi « jetés dehors », comme le Christ assimilé aux maudits de son temps sur le gibet de la croix, hors la ville ?
« Jésus vint le trouver » : la révélation anti-sacrificielle
Jésus apprend qu’on a jeté l’homme dehors. Et il ne se félicite pas du miracle accompli.
Il ne cherche pas à se justifier. Il va le retrouver.
Dans les mythes anciens, les dieux sont du côté de la foule.
Dans l’Évangile, Dieu est du côté de l’exclu.
Jésus ne protège pas l’institution. Il ne bénit pas l’unanimité violente.
Il se tient avec celui qui a tout perdu. Et c’est seulement là, dans cette relation dépouillée, que la révélation ultime peut avoir lieu : « Crois-tu au Fils de l’homme ? »
La foi naît hors du système, hors de la violence collective, hors du besoin de victimes.
Jésus révèle son identité : « le Fils de l’homme », à la victime de la violence du groupe.
La vérité ne se trouve donc pas dans l’unanimité, mais dans la relation avec la victime.
La foi chrétienne est un déplacement radical : de la foule vers l’exclu, de la violence vers la compassion, de l’aveuglement collectif à la révélation en personne. Le lieu théologique n’est pas le centre, mais la périphérie. « Dieu habite les marges », comme aimait le répéter le pape François…
« Votre péché demeure » : la vraie cécité
Jésus conclut par une parole terrible : « Si vous étiez aveugles, vous n’auriez pas de péché.
Mais puisque vous dites : “Nous voyons”, votre péché demeure ».
Les pharisiens « voient » la Loi, mais ne voient pas l’innocence de la victime. C’est la violence qui est aveugle !
La vraie cécité n’est pas de ne pas voir clair avec ses yeux. La vraie cécité, c’est de justifier la violence, de croire que l’exclusion est normale, de penser que quelqu’un doit bien payer pour que l’ordre tienne.
Le plus grand aveuglement est de croire la violence justifiée.
Le péché n’est pas l’ignorance, mais la participation (consciente ou inconsciente) à un système violent.
La révélation chrétienne n’accuse pas, elle dévoile les mécanismes injustes qui conduisent à l’exclusion.
Être chrétien, c’est apprendre à reconnaître nos violences collectives, à les dénoncer, à les renverser par la compassion et la relation d’amour.
Dans cet Évangile, Jésus ne guérit pas seulement un homme. Il tente de guérir une communauté de son besoin de victimes.
La vraie guérison : sortir de la logique sacrificielle
La guérison ultime n’est pas celle des yeux, mais de la violence mimétique où chacun imite son voisin pour jeter la pierre, hurler à la crucifixion, déclarer coupable, ou exclure un coupable idéal, afin – croit-on – de conjurer le malheur innocent…
En guérissant cet aveugle, Jésus nous fait passer de la foule au visage, du soupçon à la relation, de l’accusation à la compassion, de la Loi violente à la Loi de l’amour. Il guérit le regard qui cherchait un coupable.
Le sacrifice n’est pas le moyen de retrouver la paix. Lutter contre le malheur innocent ne peut se faire aux dépens de victimes désignées comme telles par les tenants de l’ordre établi.
La question décisive n’est donc pas : « Qui a péché ? »
Mais : Qui sommes-nous tentés d’exclure pour nous rassurer ?
Et surtout : Où allons-nous nous tenir par rapport aux victimes de ce siècle ?
Avec la foule qui accuse, ou avec l’homme que Jésus rejoint après l’exclusion ?
Car le Christ se laisse toujours reconnaître non pas là où la violence est justifiée, mais là où une victime est relevée, regardée, rétablie dans son innocence et réintégrée dans la communion.
Toute ressemblance avec des faits et des personnages existants ou ayant existé ne serait pas purement fortuite, et ne pourrait être le fruit d’une pure coïncidence…
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[1]. Cf. René Girard, Le bouc émissaire, Grasset, 1982.
LECTURES DE LA MESSE
1ère lecture : Dieu choisit David comme roi de son peuple (1S 16, 1b.6-7.10-13a)
Lecture du premier livre de Samuel
Le Seigneur dit à Samuel : « J’ai rejeté Saül. Il ne règnera plus sur Isaraël. Je t’envoie chez Jessé de Bethléem, car j’ai découvert un roi parmi ses fils. Prends une corne que tu rempliras d’huile, et pars ! »
En arrivant, Samuel aperçut Éliab, un des fils de Jessé, et il se dit : « Sûrement, c’est celui que le Seigneur a en vue pour lui donner l’onction ! »
Mais le Seigneur dit à Samuel : « Ne considère pas son apparence ni sa haute taille, car je l’ai écarté. Dieu ne regarde pas comme les hommes, car les hommes regardent l’apparence, mais le Seigneur regarde le cœur. »
Jessé présenta ainsi à Samuel ses sept fils, et Samuel lui dit : « Le Seigneur n’a choisi aucun de ceux-là. N’as-tu pas d’autres garçons ? »
Jessé répondit : « Il reste encore le plus jeune, il est en train de garder le troupeau. »
Alors Samuel dit à Jessé : « Envoie-le chercher : nous ne nous mettrons pas à table tant qu’il ne sera pas arrivé. »
Jessé l’envoya chercher : le garçon était roux, il avait de beaux yeux, il était beau.
Le Seigneur dit alors : « C’est lui ! donne-lui l’onction. »
Samuel prit la corne pleine d’huile, et lui donna l’onction au milieu de ses frères. L’esprit du Seigneur s’empara de David à partir de ce jour-là.
Psaume : Ps 22, 1-2ab, 2c-3, 4, 5, 6
R/ Le Seigneur est mon berger : rien ne saurait me manquer.
Le Seigneur est mon berger :
je ne manque de rien.
Sur des prés d’herbe fraîche,
il me fait reposer.
Il me mène vers les eaux tranquilles
et me fait revivre ;
il me conduit par le juste chemin
pour l’honneur de son nom.
Si je traverse les ravins de la mort,
je ne crains aucun mal,
car tu es avec moi :
ton bâton me guide et me rassure.
Tu prépares la table pour moi
devant mes ennemis ;
tu répands le parfum sur ma tête,
ma coupe est débordante.
Grâce et bonheur m’accompagnent
tous les jours de ma vie ;
j’habiterai la maison du Seigneur
pour la durée de mes jours.
2ème lecture : Vivre dans la lumière (Ep 5, 8-14)
Lecture de la lettre de saint Paul Apôtres aux Éphésiens
Frères,
autrefois, vous étiez ténèbres ; maintenant, dans le Seigneur, vous êtes devenus lumière ; vivez comme des fils de la lumière ? or la lumière produit tout ce qui est bonté, justice et vérité ? et sachez reconnaître ce qui est capable de plaire au Seigneur.
Ne prenez aucune part aux activités des ténèbres, elles ne produisent rien de bon ; démasquez-les plutôt.
Ce que ces gens-là font en cachette, on a honte d’en parler.
Mais quand ces choses-là sont démasquées, leur réalité apparaît grâce à la lumière, et tout ce qui apparaît ainsi devient lumière. C’est pourquoi l’on chante :
Réveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d’entre les morts, et le Christ t’illuminera.
Évangile : L’aveugle-né (Jn 9, 1-41 [Lecture brève : 9, 1.6-9.13-17.34-38])
Acclamation : Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus.
Lumière du monde, Jésus Christ, celui qui marche à ta suite aura la lumière de la vie.
Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus. (cf. Jn 8, 12)
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
En sortant du Temple, Jésus vit sur son passage un homme qui était aveugle de naissance. Ses disciples l’interrogèrent : « Rabbi, pourquoi cet homme est-il né aveugle ? Est-ce lui qui a péché, ou bien ses parents ? »Jésus répondit : « Ni lui, ni ses parents. Mais l’action de Dieu devait se manifester en lui. Il nous faut réaliser l’action de celui qui m’a envoyé, pendant qu’il fait encore jour ; déjà la nuit approche, et personne ne pourra plus agir. Tant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. »
Cela dit, il cracha sur le sol et, avec la salive, il fit de la boue qu’il appliqua sur les yeux de l’aveugle, et il lui dit : « Va te laver à la piscine de Siloé » (ce nom signifie : Envoyé). L’aveugle y alla donc, et il se lava ; quand il revint, il voyait. Ses voisins, et ceux qui étaient habitués à le rencontrer ? car il était mendiant ? dirent alors : « N’est-ce pas celui qui se tenait là pour mendier ? » Les uns disaient : « C’est lui. » Les autres disaient : « Pas du tout, c’est quelqu’un qui lui ressemble. » Mais lui affirmait : « C’est bien moi. » Et on lui demandait : « Alors, comment tes yeux se sont-ils ouverts ? » Il répondit : « L’homme qu’on appelle Jésus a fait de la boue, il m’en a frotté les yeux et il m’a dit : ‘Va te laver à la piscine de Siloé.’ J’y suis donc allé et je me suis lavé ; alors, j’ai vu. » Ils lui dirent : « Et lui, où est-il ? » Il répondit : « Je ne sais pas. » On amène aux pharisiens cet homme qui avait été aveugle. Or, c’était un jour de sabbat que Jésus avait fait de la boue et lui avait ouvert les yeux. À leur tour, les pharisiens lui demandèrent : « Comment se fait-il que tu voies ? » Il leur répondit : « Il m’a mis de la boue sur les yeux, je me suis lavé, et maintenant je vois. » Certains pharisiens disaient : « Celui-là ne vient pas de Dieu, puisqu’il n’observe pas le repos du sabbat. » D’autres répliquaient : « Comment un homme pécheur pourrait-il accomplir des signes pareils ? » Ainsi donc ils étaient divisés.
Alors ils s’adressent de nouveau à l’aveugle : « Et toi, que dis-tu de lui, puisqu’il t’a ouvert les yeux ? » Il dit : « C’est un prophète. » Les Juifs ne voulaient pas croire que cet homme, qui maintenant voyait, avait été aveugle. C’est pourquoi ils convoquèrent ses parents et leur demandèrent : « Cet homme est bien votre fils, et vous dites qu’il est né aveugle ? Comment se fait-il qu’il voie maintenant ? » Les parents répondirent : « Nous savons que c’est bien notre fils, et qu’il est né aveugle. Mais comment peut-il voir à présent, nous ne le savons pas ; et qui lui a ouvert les yeux, nous ne le savons pas non plus. Interrogez-le, il est assez grand pour s’expliquer. » Ses parents parlaient ainsi parce qu’ils avaient peur des Juifs. En effet, les Juifs s’étaient déjà mis d’accord pour exclure de la synagogue tous ceux qui déclareraient que Jésus est le Messie. Voilà pourquoi les parents avaient dit : « Il est assez grand, interrogez-le ! »
Pour la seconde fois, les pharisiens convoquèrent l’homme qui avait été aveugle, et ils lui dirent : « Rends gloire à Dieu ! Nous savons, nous, que cet homme est un pécheur. » Il répondit : « Est-ce un pécheur ? Je n’en sais rien ; mais il y a une chose que je sais : j’étais aveugle, et maintenant je vois. » Ils lui dirent alors : « Comment a-t-il fait pour t’ouvrir les yeux ? » Il leur répondit : « Je vous l’ai déjà dit, et vous n’avez pas écouté. Pourquoi voulez-vous m’entendre encore une fois ? Serait-ce que vous aussi vous voulez devenir ses disciples ? » Ils se mirent à l’injurier : « C’est toi qui es son disciple ; nous, c’est de Moïse que nous sommes les disciples. Moïse, nous savons que Dieu lui a parlé ; quant à celui-là, nous ne savons pas d’où il est. » L’homme leur répondit : « Voilà bien ce qui est étonnant ! Vous ne savez pas d’où il est, et pourtant il m’a ouvert les yeux. Comme chacun sait, Dieu n’exauce pas les pécheurs, mais si quelqu’un l’honore et fait sa volonté, il l’exauce. Jamais encore on n’avait entendu dire qu’un homme ait ouvert les yeux à un aveugle de naissance. Si cet homme-là ne venait pas de Dieu, il ne pourrait rien faire. » Ils répliquèrent : « Tu es tout entier plongé dans le péché depuis ta naissance, et tu nous fais la leçon ? » Et ils le jetèrent dehors.
Jésus apprit qu’ils l’avaient expulsé. Alors il vint le trouver et lui dit : « Crois-tu au Fils de l’homme ? » Il répondit : « Et qui est-il, Seigneur, pour que je croie en lui ? » Jésus lui dit : « Tu le vois, et c’est lui qui te parle. » Il dit : « Je crois, Seigneur ! », et il se prosterna devant lui. Jésus dit alors : « Je suis venu en ce monde pour une remise en question : pour que ceux qui ne voient pas puissent voir, et que ceux qui voient deviennent aveugles. » Des pharisiens qui se trouvaient avec lui entendirent ces paroles et lui dirent : « Serions-nous des aveugles, nous aussi ? » Jésus leur répondit : « Si vous étiez des aveugles, vous n’auriez pas de péché ; mais du moment que vous dites : ‘Nous voyons !’ votre péché demeure. » Patrick Braud
Patrick BRAUD



































